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Art-Histoire-Littérature

Otto Freundlich 1878-1943

30 Novembre 2014 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Otto Freundlich 1878-1943

Considéré comme l’un des précurseurs de la peinture non figurative et de l’abstraction, Otto Freundlich ( 1878 - 1943 ) nourrissait une grande admiration pour Vincent Van Gogh et Cézanne. Il développera plusieurs techniques : peintures, dessins, sculptures, mosaïques, gravures, tapisseries, vitraux. Toute sa vie, en théoricien de l’art, il ne cessera de traduire une “conscience de l’univers”.

1909-12 à Paris au Bateau Lavoir, séjours en Allemagne, participe a des expositions en Allemagne.

1903-1904 – Après son baccalauréat, il se consacre à Berlin à des études d’histoire de l’art, de philosophie et de littérature.

1904 – D’abord à Munich pour suivre des études de dentiste, il renonce définitivement à satisfaire aux exigences familiales à la fin de l’année pour se consacrer à l’art. C’est le début de sa correspondance avec l’écrivain, éditeur et compositeur Herwarth Walden et avec le cercle de ce dernier, l’association Verein für Kunst. Il s’intéresse à la composition musicale et lit Théorie des sensations du son comme fondement physiologique pour la théorie de la musique (1863) d’Hermann von Helmholtz.

1905 – Entre juin et août, il traverse les Alpes à pied pour se rendre à Florence où il demeure au moins jusqu’en novembre.

1906 – En janvier, il rentre à Munich puis retourne à Florence en octobre où il séjourne jusqu’en janvier 1907. Il y réalisera la sculpture Männliche Maske. . Il étudie l’histoire de l’art à Munich, puis à Florence en Italie avant d’exécuter ses premières oeuvres, proches du Jugendstil, en 1907

1907-1908 – Freundlich retourne à Berlin pour y étudier dans les écoles d’art privées.

1908 – Début mars, il séjourne une première fois à Paris où il loue un atelier au Bateau-Lavoir. Picasso est son voisin d’atelier. Engagé très tôt dans des mouvements artistiques d’avant-garde, il occupera un atelier du Bateau-Lavoir à Paris dès 1908, fera la connaissance notamment de Pablo Picasso Il se lie avec ce dernier, avec Braque, Apollinaire et les cercles de Montmartre. Il séjourne régulièrement à Paris à partir de1908, et y fait la connaissance d'Apollinaire, de Braque, Picasso, Gargallo, Juan Gris et André Salmon et décide de s'installer dans l'un des ateliers du Bateau-Lavoir .Puis, en juillet, il retourne à Munich avec l’idée de fonder une école d’art et publie des articles.

1909 – En mai, il fait son deuxième séjour à Paris à Montparnasse et à Montmartre. Il revient en juin à Munich et à Berlin. À Paris, la galerie de Clovis Sagot lui organise une exposition. En juillet-août, il est à Hambourg. Enfin, il séjourne pour la première fois dans une colonie d’artistes à Fleury-en-Bière dans la forêt de Fontainebleau.

1910 – En janvier 1910, Freundlich est à Berlin où il s’installe un atelier et où il devient membre de la Berliner Secession et de sa revue. À l’automne, il est de retour à Paris où il demeure principalement jusqu’au printemps 1914.

1911 – À l’occasion de sa participation à la Neue Sezession (Berlin), Freundlich fait la connaissance de Karl Schmidt-Rottluff et se lie d’amitié avec l’historien Wilhelm Niemeyer avec lequel il correspond jusqu’en 1930. Il noue des contacts avec l’historienne d’art de Hambourg, Rosa Schapire, et le collectionneur Josef Feinhals de Cologne qui, comme Niemeyer, compte parmi ses premiers collectionneurs. Il réalise à cette époque ses premières œuvres non figuratives. Le peintre et écrivain Hans Richter écrit : « Il a été le tout premier peintre et sculpteur abstrait allemand qui réalisait, déjà avant 1912, année où je l’ai rencontré, ce qui n’était pas figuratif avec des proportions démesurées ou au contraire en feuillets minutieusement calligraphiés… ». À Fleury-en-Bière, il se lie avec le couple d’artistes néerlandais Otto et Adya van Rees. Cette dernière réalise des tapisseries à partir de compositions de Freundlich. Il s’intéresse surtout alors aux techniques de la mosaïque et du vitrail et réalise dès 1911, ses premières peintures non figuratives qui ouvrent la voie à une expression artistique fondée sur la figuration géométrie jusqu'à la composition abstraite élaborée à partir de variations de couleurs.

1912 – L’été, il participe avec des sculptures et une peinture à l’exposition la Sonderbundausstellung que Niemeyer a contribué à réunir à Cologne. Il montre sa grande composition abstraite1 à Amsterdam dans le cadre d’une exposition organisée par Conrad Kikkert. Ce dernier vient de réunir autour de lui, à Paris, un groupe d’artistes Freundlich, Piet Mondrian, Petrus Alma, Otto van Rees et Jan F. van Deene. Durant l’été, il fait la connaissance de Brancusi, Modigliani et Amadeo de Souza Cardoso. En novembre, il commence à travailler à sa sculpture Der neue Mensch2 qui sera reçue en donation en 1930 par le Museum für Kunst und Gewerbe de Hambourg de la collectionneuse Olga Solmitz.

1913Guillaume Apollinaire écrit pour la revue Der Sturm en février, son article « La peinture moderne » dans lequel il cite Freundlich parmi les « peintres allemands les plus intéressants ». En mars, il s’installe dans le quartier de Montparnasse. Deux tapisseries réalisées par Adya van Rees à partir de ses compositions sont exposées dans le cadre du premier Salon d’automne de Berlin (Erster Deutscher Herbstsalon) qui se tient à la galerie Der Sturm d’Herwarth Walden.

1914 – De mars à juillet, il séjourne dans l’atelier de restauration de la tour nord de la cathédrale de Chartres. Cette expérience sera essentielle pour la naissance de son esthétique. Il écrira à Schmidt-Rottluff : « J’ai été pendant cinq mois prisonnier du monde à Chartres et j’en suis ressorti marqué à toujours… ».

Il travaille à la restauration des vitraux de la Cathédrale de Chartres en 1914, et aime à aller très régulièrement à Auvers-sur-Oise durant les années 1930 sur les traces de Vincent Van Gogh pour lequel il nourrit une grande admiration. Sa compagne Jeanne Kosnick-Kloss sera d'ailleurs enterrée face à la tombe des frères Van Gogh.

Tandis qu’à son ami Souza Cardoso, à qui il adresse plusieurs cartes postales, il évoque le principe créatif fondamental, à ses yeux, de « déconstruction ». Début août, au début de la guerre, il rentre en Allemagne.

1914-1918 – Il passe la guerre dans les services de santé, publie de nombreux articles, se lie d’amitié avec Raoul Hausmann et Hannah Höch et les cercles dadaïstes de Berlin. Il change souvent d’adresse. Il peint, dessine et réalise ses premières gravures. Il s’intéresse à l’art du vitrail et à l’art monumental. En 1916, il épouse la pianiste Dore Leeser avec qui il aura un fils, Berthold qui décédera en février 1922). Il participe avec des gravures et des textes à la revue Die Aktion. Il fait partie du comité artistique consultatif du Arbeitsrat für Kunst et participe à la fondation du Novembergruppe. En février 1918, il divorce.

1919 – Il fait paraître dans Die Aktion et Der Einzige une publicité pour son école d’art à Berlin. Fait un bref séjour à Paris (Juillet). La mosaïque Die Geburt des Menschen4, commande de Josef Feinhals, est exposée à la galerie Fritz Gurlitt de Berlin et à l’exposition de novembre du Kölner Kunstverein. Il organise avec Max Ernst et Johannes Baargeld la première exposition dadaïste de Cologne et participe aux revues dadaïstes ou expressionnistes Bulletin D, Der Ventilator, Die Erde, Das Tribunal, Der Storm. Il réalise les dessins Die Zeichen qui seront publiés en album à Cologne l’année suivante.

Après la révolution de 1918 en Allemagne, Freundlich s'engage politiquement comme membre du Novembergruppe et il organise en 1919 avec Max Ernst, la première exposition Dadaïste en Allemagne, à Cologne.

1920 – Walter Gropius tente sans succès de lui obtenir un poste de professeur au Bauhaus en 1920. Avec Otto Dix, Raoul Hausmann, Hannah Höch et d’autres, il critique l’évolution du Novembergruppe.

1921-1922 – De janvier 1921 à fin 1922, il réside principalement à Berlin. Il participe à la Grosse Berliner Kunstausstellung dans la section Novembergruppe. Il réalise une sculpture pour le caveau de son collectionneur et mécène berlinois, Julius Wissinger.

1922 – Freundlich adhère à Berlin au groupe d’artistes anarchistes Kommune (Raoul Hausmann, Hedwig Hausmann, Tristan Rémy, Ludwig Hilbersheimer, Margaret et Stanislas Kubicki) avec qui il participe à l’Internationaler Kongress fortschrittlicher Künstler à Düsseldorf puis à l’Internationale Ausstellung revolutionärer Künstler organisée par l’Arbeiter-Kunst-Ausstellung à Berlin.

1923 – En juin, il se marie une seconde fois. Il assiste, à Berlin, à un cycle de conférences scientifiques.

1924 – Il rend visite au conservateur du Museum für Kunst und Gewerbe de Hambourg. En août, il retourne brièvement à Paris et participe au Salon des Indépendants. Il réalise un grand vitrail qui sera exposé à Berlin en septembre de la même année.

1925 – En février ou mars, il est de retour à Paris où il s’installe 7 rue Belloni puis rue Bonaparte. Il assiste à la Sorbonne aux conférences de l’architecte viennois Adolf Loos. En juin, il rend visite au créateur de films abstraits Viking Eggeling quelques semaines avant la disparition de ce dernier.

1926 – Max Sauerlandt, directeur du Museum für Kunst und Gewerbe de Hambourg s’engage à lui acheter le vitrail fabriqué pour le collectionneur Johannes Bredt de Münster. Il fait la connaissance de Hedwig Muschg qui le soutiendra jusqu’à sa mort. En décembre, il se rend à Chartres, en compagnie des frères Bram (1895-1981) et Geer van Velde.

1927 – En avril et en juillet, il se rend à Berlin. Freundlich réalise Fragments de figure à l’ensemble des plans, (Ill.p.22) œuvre qui préfigure partiellement la syntaxe de ses œuvres des années 1930.

1928-1929 – En mai 1928, il commence sa sculpture monumentale, Ascension, qu’il termine l’été 1929 et montre à l’exposition Abstrakte Kunst und Surrealismus au Kunsthaus de Zurich (pp.32 et 33).

1930 – Il publie dans A bis Z son essai, hommage à Wilhelm Niemeyer. Il participe à l’exposition Cercle et Carré, Galerie 23 (Paris). Sa sculpture Der neue Mensch entre par donation dans les collections du Museum für Kunst und Gewerbe de Hambourg. L’été, il séjourne pendant plusieurs mois à Auvers avec le couple van Doesburg et y réalise notamment une grande composition aujourd’hui dans la collection du musée de Pontoise (p.62). Il s’adresse à Paul Klee avec l’espoir d’obtenir un poste au Bauhaus, probablement sur les conseils de Jeanne Kosnick-Kloss qui devient, à cette époque, sa compagne. Il écrit un texte à l’occasion des 40 ans de la disparition de Van Gogh (Uli Bohnen, p. 165-166).

1931 – Il devient membre du Salon des Indépendants et membre du comité directeur d’Abstraction-Création. Deuxième exposition personnelle à la galerie Becker und Newman à Cologne. Il écrit notamment un texte pour les 50 ans de Picasso (Ibid. p. 178 et s.).

1932-1934 – Il séjourne à Clamart et participe à de nombreuses expositions à Düsseldorf, Cologne et Paris.

1933 – Réalise sa deuxième sculpture monumentale et peint la composition Mon ciel est rouge aujourd’hui dans les collections du musée national d’Art moderne de Paris (p.70). Avec Jeanne Kosnick-Kloss, il devient membre de l’Association des Ecrivains et Artistes révolutionnaires (AEAR) proche du parti communiste, probablement à l’invitation de son ami Tristan Rémy. Le 11 avril, le Bauhaus est fermé par les nazis.

1934 – Abstraction-Création organise une exposition spéciale pour lui et Hans Erni, mais Freundlich quitte cette association en novembre. Il participe aux Salon des Indépendants. Il tente d’obtenir la nationalité française avec le soutien notamment de Georges Braque mais ne peut réunir la somme nécessaire.

1935 – Freundlich participe au Salon de l’Art mural et au Salon des Indépendants. Il réalise la grande gouache Hommage aux peuples de couleur aujourd’hui dans les collections du musée national d’Art moderne de Paris (p.75).

1936 – Il fonde son académie privée Le Mur et écrit Sculptures-Montagnes qui préfigure son dernier grand projet de sculpture architecturale, Le Phare des sept arts (p.20). Il échange des œuvres avec Kurt Schwitters.

1937 – Sa sculpture Der neue Mensch, acquise en 1930 par le musée de Hambourg, est reproduite par les nazis sur la couverture du catalogue de l’exposition itinérante Entartete « Kunst » (p.114). Quatorze œuvres de Freundlich sont saisies dans des musées allemands et détruites. Considéré comme l'un des précurseurs de l'art abstrait, Otto Freundlich voit sa sculpture " l' homme nouveau " de 1912, présentée en première page de couverture du catalogue réalisé par les nazis pour leur exposition itinérante en Allemagne de 1937 sur "l'art dégénéré", et ses oeuvres, qui étaient conservées jusqu'alors dans différentes collections, soumises à la vindicte national-socialiste sont systématiquement détruites. Le régime nazi en Allemagne a détruit systématiquement ses oeuvres conservées dans les collections allemandes d'avant-guerre, à la suite de l’exposition " Entartete Kunst " ("art dégénéré"). Freundlich participe à de très nombreuses expositions : Konstruktivisten à Bâle, Xe Salon des artistes indépendants à Bordeaux, Unity of Artists à Chicago, Democracy and Cultural Development à Londres, au Congrès international de l’art indépendant à l’Exposition internationale de Paris… Le photographe Willy Maywald organise dans son studio à Paris une exposition d’œuvres de Jeanne Kosnick-Kloss et Otto Freundlich (p.116). Il fait la connaissance de Gaston Chaissac qu’il va encourager à peindre. En 1936, Otto Freundlich rencontre Gaston Chaissac et lui conseille de se consacrer à la peinture. Voyant l'une de ses oeuvres, il déclare "Un maître nous est né". Chaissac reconnaitra toujours ensuite l'importance énorme qu'aura eu Otto Freundlich et sa compagne Jeanine Kosnick-Kloss dans sa vocation artistique, par les encouragements qui auront été les leurs durant cette période.

1938 – Il réalise la mosaïque Hommage aux peuples de couleur sous la forme d’un triptyque (p.74). Willem Sandberg, futur directeur du Stedelijk Museum d’Amsterdam, qui prépare une exposition dédiée à l’art abstrait, lui rend visite. Pour son soixantième anniversaire, la galerie Jeanne Bucher-Myrbor organise une exposition de ses œuvres et de nombreux artistes signent un appel pour le soutenir, parmi lesquels : J. Adler, H. Arp, G. Braque, J. Cassou, A. Derain, R. et S. Delaunay, A. Gleizes, W. Gropius, F. Léger, Max Jacob, W. Kandinsky, J. Lipchitz, P. Picasso, S. Tauber-Arp, Max Ernst… Son hommage aux peuples de couleur rentrera à la suite d’une souscription dans les collections du musée national d’Art moderne de Paris (p.75).

1939 – Il participe à la première exposition des Réalités Nouvelles à la galerie Charpentier (Paris). La galerie René Breteau lui consacre une exposition individuelle. À partir de septembre, avec le début de la guerre, il est interné comme sujet allemand et transféré de camp en camp. Hedwig Muschg lui propose d’émigrer en Suisse mais il préfère rester en France.

1940 – Lorsqu'éclate la guerre, Otto Freundlich est arrêté par les autorités françaises. Il est interné puis est libéré grâce aux démarches et à l'action de Pablo Picasso. Il parvient à rester en France jusqu'en 1940, où il se réfugie à Saint-Paul-de-Fenouillet dans les Pyrénées-Orientales grâce à son ami et sculpteur René Iché. Relâché en février, il rentre à Paris mais est de nouveau interné vers la mi-mai. Libéré le 20 juin, il se réfugie avec Jeanne Kosnick-Kloss à Saint-Paul-de-Fenouillet dans les Pyrénées-Orientales. Il commence la rédaction d’Ideen und Bilder (pp.39/61) sur lequel il travaillera jusqu’en 1942. Les tentatives pour permettre à Freundlich de quitter la France pour les États-Unis échouent.

1941 – Il écrit une biographie et refait de mémoire des œuvres anciennes perdues ou détruites.

1942 – Il est caché par une famille de paysans à Saint-Martin-de-Fenouillet.

1943 – Dénoncé et arrêté le 23 février 1943, Parce qu'Otto Freundlich était juif, il se fera dénoncer par un Français, fait prisonnier et sera déporté et assassiné, à l’âge de 65 ans. il passe du camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques au camp de regroupement de Drancy. Déporté le 4 mars, il disparaît, à son arrivée le 9 mars en Pologne, au camp d’extermination de Sobibor (Lublin-Maïdanek). Mais dénoncé et arrêté le 23 février 1943, il est déporté vers le Camp de concentration de Lublin-Maidanek en Pologne. Il y est exécuté.

Kosnick-Kloss (Hannah)Jeanne 1892-1966

1919 Chanteuse lyrique épouse du pianiste Kosnick, se produit avec lui à l’école du Bauhaus, elle y rencontre Kandinsky, Klee, Gropius, Feininger.

1925 st Jean cap Ferrat1928 commence à peindre rencontre Otto Freundlich dont elle devient la compagne.

1931 Abstraction Création, Salon « 1940 »

1935-37 salon d’art mural

Otto Freundlich 1878-1943
Otto Freundlich 1878-1943
Otto Freundlich 1878-1943
Otto Freundlich 1878-1943
Otto Freundlich 1878-1943
Otto Freundlich 1878-1943
Otto Freundlich 1878-1943
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Otto Freundlich 1878-1943

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