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Art-Histoire-Littérature

Claude Monet, peintre de l’insaisissable.

29 Décembre 2014 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Claude Monet, peintre de l’insaisissable.
Claude Monet, peintre de l’insaisissable.
Claude Monet, peintre de l’insaisissable.
Claude Monet, peintre de l’insaisissable.
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Claude Monet, peintre de l’insaisissable.
Claude Monet, peintre de l’insaisissable.

Paris est la capitale mondiale de l’art au XIXème siècle. Des artistes du monde entier viennent étudier à Paris. Mais depuis le milieu du XIXème siècle un certain nombre d’artistes s’élèvent contre les conventions trop conservatrices qui dominent la peinture.

Des peintres comme Millet, et Courbet vont commencer par remettre en question les sujets, et font le choix d’une peinture « réaliste ». Puis Manet, et ses amis que l’on appellera impressionnistes découvre en sortant leur chevalet dans la nature, que la perception des couleurs et de la lumière et différente que dans l’atelier.

Ces artistes ne vont plus appliquer l’idée toute faite que dans la nature chaque objet possède sa forme et sa couleur propre, mais que la couleur dépend de la lumière et de l’action des couleurs entre elles. Edouard Manet commencera par forcer les contrastes tout en se plaçant dans la tradition. Il cherche à rendre sous son pinceau, l’action de la lumière sur les corps et les objets : à la lumière du soleil les reliefs s’estompent et les ombres se durcissent. Les peintres vont également vouloir capter le mouvement, Manet et Degas dessinent et peignent des courses de chevaux.

Parmi cette génération d’artistes d’avant garde une personnalité se détache : Claude Monnet.

Ce dernier cherche à restituer les effets changeant de lumières, et peint exclusivement sur le motif. La grande nouveauté de cette peinture est que les peintres se confrontent à une expérience visuelle concrète. Ils abandonnent tout un savoir, une approche conceptuelle et se placent « l’œil neuf » dans le paysage. Cherchant à restituer sur la toile de la façon la plus immédiate leur expérience visuelle.

L’impressionnisme met en avant le caractère spontané et immédiat de la sensation visuelle. L’atelier du peintre impressionniste est le paysage. Il doit alors développer de nouvelle technique de peinture pour restituer sa vision : changer sa palette, changer l’approche et la construction de la toile, où le dessin linéaire ne peut rendre la vision, trouver une nouvelle manière de peindre les ombres qui dans la nature ne sont pas noire.

Cette recherche technique aura comme effet principal de renouveler l’approche de la couleur.

La conquête de la couleur fut un des enjeux fondamentaux de la peinture moderne et contemporaine, la couleur se libère petit à petit pour devenir « sujet pur » de la peinture. S’échappant de la forme elle devient un moyen pictural à part entière.

Durant des siècles la couleur était soumise au dessin, ce dernier permet d’atteindre le concept ou l’idée. La couleur quand à elle était cantonner aux effets matière et au rendu d’une sensualité, la couleur est insaisissable car changeante et mouvante. Depuis l’antiquité la couleur est considérée comme dangereuse, tentatrice détournant l’esprit de l’idée.

La peinture impressionniste va utiliser la couleur dans sa dimension « immatérielle » en utilisant la couleur pour recréer de la lumière.

Au XIXème siècle la couleur est étudiée de manière scientifique : Eugène Chevreul, constate que la perception d’une couleur est intensifiée par la présence de sa complémentaire, et la science interroge la perception de la couleur. Cette approche scientifique, et donc expérimentale est parallèle à la recherche des peintres impressionnistes eux aussi interrogeant leur perception et expérimentant sur leur toile.

Les impressionnistes qui essayent de restituer la lumière sur leurs toiles vont limiter les mélanges sur la palette et s’attacher vouloir restituer leur perception de la lumière sur la toile.

L’impressionnisme est un courant qui rassemble une génération d’artistes qui connurent les nombreux soubresauts de l’histoire du XIXème siècle.

1848, le coup d’état, le second empire, la guerre franco prussienne, La commune. Dans contexte politique très agité, certains sont plus ou moins engagés politiquement (comme Pissarro), ceci fait que le jugement porté sur leur peinture ne sera pas que esthétique, mais aussi moral et politique.

De plus si on ne suit pas les préceptes de l’académie on est un ennemi de l’ordre établi. Ce nouveau style artistique apparaît comme une menace pour la société.

Cependant ces artistes ne sont pas des artistes bohèmes, au contraire ils sont chargés de famille et travail durement, tout les jours sur le motif ou dans leur atelier, subissant les critiques et ayant soif de reconnaissance.

C’est aussi une génération, qui a vue un bouleversement rapide de la ville, et des améliorations des conditions de vie, les prémices d’une vie moderne, la ville, et la vie quotidienne devient un des sujets des peintres impressionnistes.

Une effervescence intellectuelle gagne les cafés parisiens, ces derniers sont des lieux de rencontres et d’échanges entre les milieux artistiques, peinture, littérature. Le café Guerbois deviendra le rendez vous des impressionnistes.

La révolution industrielle et les mutations économiques et sociales sous Napoléons III favorisent l’émergence d’une nouvelle classe sociale, « nouveaux riches », qui investiront dans des collections de tableaux modernes.

Parallèlement on voit l’essor à Paris des marchands de tableaux, qui vont devenir des intermédiaires entre les artistes et les collectionneurs, et qui permettent aux artistes d’avant garde d’avoir une visibilité malgré leurs refus systématique au Salon. Les peintres impressionnistes furent particulièrement soutenus par Paul Durand-Ruel, les frères Bernheim, Petit et Ambroise Vollard. Le marché de l’art se développe, les images (lithographie) sont plus largement diffusées, ce qui permet à un plus large public l’accès à l’art.

Les impressionnistes seront les premiers à constituer un groupe, organisant des expositions.

Les impressionnistes sont des artistes de leur temps, leur œuvre est largement influencée par les nombreux progrès scientifiques fait au cours du XIXème siècle, physique de la couleur, chimie des pigments (pureté et stabilité des pigments synthétiques). Les pigments sont à l’origine organique, végétale ou minérale (aujourd’hui chimique) ces pigments sont associés à un liant, eau, huile ou essence afin de permettre au pigment d’adhérer sur le support et s’y fixer. Pendant longtemps les couleurs étaient préparée, broyées) par l’artiste où ses aides. Puis par le marchand de couleur. Les artistes dépendent alors des couleurs proposées par les marchands de couleurs. Au XIXème siècle commencent à apparaitre les pigments artificiels (développement de la chimie allemande). Puis les couleurs toute préparées en tube. Cette évolution technique des conditions de travail du peintre va permettre à ce dernier une plus grande liberté, et s’affranchir de l’atelier.

Le papier est de meilleur qualité et moins cher, vitesse de la machine à vapeur (découverte du sud, accessibilité des plages de Normandie, le paysage est a une heure de train). Développement de l’appareil photographique : la lumière « marque » une plaque photosensible. (1859 sections photo au Salon, 1862 photographies reconnues comme un art.) permettra une plus grande autonomie à la peinture, le peintre n’ayant plus d’obligation documentaire. Et lui révélant le rôle de la lumière.

Le lien entre photographie et impressionnisme est fort : la première expo impressionniste a lieu dans le anciens locaux de Félix Nadar, et le photographe Muybridge (décomposition du mouvement) travail avec le peintre Meissonnier. Degas et un photographe passionné. La photographie aura aussi une influence déterminante dans la composition.

L’idéal du peintre impressionniste et de capter l’instant présent.

Tous ces progrès scientifiques engendrent un bouleversement dans la perception du monde qui nous entoure qui ne paraît plus immuable, mais toujours changeant, ce que les impressionnistes vont essayer de traduire dans leur peinture.

L’impressionnisme s’inscrit dans une histoire et une tradition, faisant partie d’une sorte de filiation. Les précurseurs et références des impressionnistes sont : Manet, Courbet, Delacroix, Corot, et les maitres de l’école de Barbizon (Narcisse Virgile Diaz, Théodore Rousseau, Eugène Boudin).

Si les peintres impressionnistes privilégient le paysage et la perception immédiate, ils vont également se nourrir de nombreuses références artistiques, ils regardent régulièrement les chefs d’œuvre de l’histoire dans les collections européennes.

Les grandes villes développent leurs musées, le Louvre est notablement enrichis d’oeuvres espagnoles, et de Rubens et ouvre entièrement rénové en 1851, et les artistes ont plus facilement accès aux collections ont leur permet d’y réaliser des copies.

Les impressionnistes découvrent aussi à Londres, Constable et Turner qui seront deux autres références importantes.

S’ouvre à Paris en 1856 une boutique : « la porte Chinoise » Madame Soye à vécut 6 ans au Japon et fait découvrir l’art japonais à travers les estampes de Hokusai. De nombreux jeunes artistes seront influencer par cet art de l’estampes aux grands a plats de couleurs caractéristiques

  1. Enfance & adolescence

Né à Paris le 14 novembre 1840 Oscar-Claude Monnet, de Claude-Adolphe Monet et Louise- Justine Aubrée. Il a un frère ainé, Léon-Pascal. Ses parents s’installent au Havre vers 1845, pour y rejoindre la demi sœur d’Adolphe Monet et travailler dans la maison de commerce de son beau frère Lecadre. Sa mère meurt, lorsqu’il est âgé de 16ans.

Monet ne parle jamais de son enfance. Il grandit au Havre est semble plus tourné vers la mer, que vers la famille. Le Havre est encore à cette époque un port très actif, un lieu exotique. Des baleiniers, des transatlantiques, des navires venant des Antilles. Il fait des études assez médiocres au collège du Havre, mais est reconnu pour avoir un certain talent en dessin, il est cependant peu estimé de ses professeurs.

Monet se fait d’abord connaître au Havre pour ses talents de dessinateur et en particulier de caricaturiste. Il vend ses caricatures 20 francs pièce. Il est alors « à la mode » au Havre. Ce genre est cependant considéré comme vulgaire, la plus part de ces dessins ont aujourd’hui disparut. Ces caricatures sont tout à fait dans le genre de l’époque et rappel Daumier, ou Nadar.

Monet fait de nombreux dessins et accumule un petit pécule qu’il utilisera pour s’installer à Paris.

  1. La découverte du paysage

C’est vers 1858, que Claude Monet semble rencontrer Eugène Boudin. « C’est vous le premier qui m’a appris a voir et a comprendre »Monet lettre à Boudin.

Au Havre un magasin de papeterie, couleur et encadrement était tenue par Eugène Boudin, grâce à sa rencontre avec Millet, Boudin devient peintre. 1851 Boudin, reçoit une bourse de la municipalité du Havre pour étudier les beaux arts à Paris pendant 3 ans.

C’est le papetier Gravier, successeur de Boudin, qui insiste pour que le jeune dessinateur de caricatures à la mode fasse la rencontre avec le peintre.

Boudin l’encourage à faire des paysages. Boudin à alors 35 ans il est timide et manque d’assurance, il est difficile de l’imaginer en position de magister.

Monet part alors avec Boudin sur le paysage, et ce dernier lui transmet cette passion qu’il a lui même reçut de Millet. Avant de le rencontrer il le considérait comme un monsieur ridicule qui peint des vaches sous une ombrelle. Et quand Monet accepte de faire une sortie sur le paysage avec Boudin, cette séance de peinture en plein air sera une révélation pour Monet, il se sent pris alors d’une fièvre pour le paysage, assis sur l’herbe sous le soleil dans le paysage.

  1. Paris : des débuts avortés (1859-1861)

1859, Monet part à Paris, de ces premières années à Paris on sait très peu de chose. On sait qu’il visite le Salon, et y admire les paysages de Constant Troyon 1810-186 et Charles –François Daubigny 1817-1878. Il y admire également Corot, Delacroix, mis est moins convaincu par Diaz.

Les premières œuvres connues de Monet sont des natures mortes. Il continuera à faire des natures mortes tout au long de sa vie, mais plus rarement se consacrant au paysage. La nature morte un sujet d’étude privilégier par les jeunes artiste, c’est un genre qui ne nécessite pas de payer un modèle, et permet des savantes compositions et des possibilités de démonstration de savoir faire dans le rendu des matières et des lumières. Lors qu’il demande une bourse d’étude à la municipalité du havre il présente une de ses nature Morte. Et quand il se présente au peintre Troyon c’est encore une nature morte qu’il montre.

Au Salon de 1859, Monet avait justement admiré "un bien beau tableau" de Troyon, "un chien qui a dans la gueule une perdrix... c'est magnifique ; on sent le poil" écrit-il à Boudin (lettre du 3 juin 1859). Les premières natures mortes de Monet montre déjà une aisance dans le dessin et dans la touche du pinceau. On peut voir dans les natures mortes de Monet l’influence de Chardin, et de Troyon.

Boudin lui avait donné une lettre de recommandation pour le peintre A. Gautier, et Monet en profite pour rendre visite à Troyon. Se dernier lui conseil de faire du dessin académique, de faire des copies au Louvre et de faire des études sur le paysage.

Lors de des ses premières années parisiennes, Monet déménage beaucoup, et fréquente les lieux de rencontre des jeunes artistes, cafés, brasseries. Il y croise Courbet (qu’il ne fréquentera que plus tard), ou encore Alphonse Daudet.

Il fréquente dans un premier temps l’atelier Suisse, le moins cher pour y faire du modèle vivant, et ayant une réputation, une liberté de travail, il n’y a pas de correcteur. Le père suisse, tient l’atelier dans l’ile de la cité, il y rencontre Camille Pissarro. Ce dernier n’est plus un débutant, il a trente ans passé, ils s’entendent et se corrigent mutuellement.

Il mène une vie faite de pauvreté, de rêve, et de travail. D’après Zola, il faut 125 francs par mois pour « survivre » en tant que jeune artiste à Paris. Cependant ses économies fondent rapidement, et il se retrouve sans le sou, et doit reprendre le chemin du Havre.

Le 29 avril 1861, au Havre Claude Monet s’engage dans l’armée française. Il signe pour sept ans de service. A cette époque la conscription se fait par tirage au sort, et on peut « s’acheter » un remplaçant pour deux mille cinq cent francs.

Monet est mis au pied du mur par son père et sa tante, soit il choisi un métier sérieux et on le remplace soit il part. Il est tiré au sort et devançant l’appel il peut choisir son unité : 1er régiment des chasseurs d’Afrique.

De ce séjour, pas de dessins, mais « du plomb dans la cervelle », il revient au bout de 18 mois avec la fièvre typhoïde.

On sait très peu de ce séjour, il sembla avoir réaliser des aquarelles, il n’en ramène pas un goût pour l’orientalisme, au contraire il semble s’en détourner. Mais plus que tout un désir plus fort encore de peindre. De retour au Havre il est chez sa tante, cette dernière décide de l’aider et demande au peintre Armand Gautier quelle connait de la conseillée. Armand Gautier est un peintre proche des réalistes et de Courbet.

En 1862, Monet est libéré de son engagement militaire et retourne à Paris

  1. Etre exposé au Salon

Il fréquente alors l’atelier de Charles Gleyre où il rencontre : Renoir, Sisley, Bazille.

Charles Gleyre est un peintre académique qui reprend l’atelier de David et de Gros. Modeste bienveillant et timide, adepte des lumières blanches et des noirs d’ivoire. Monet se sentira rapidement oppressé par l’académisme de Gleyre et quitte rapidement son atelier. Si il ne fait partie d’aucune école ou d’aucun atelier il est conseillé par Toulmouche et Gautier amis de sa tante. Il prend une carte de copiste au Louvre, Renoir, Bazille, Manet, Fantin-Latour, Degas, les sœurs Morisot fréquente le Louvre et y exécutent des copies. C’est un lieu de travail mais aussi de rencontre. Mais Monet ne semble pas avoir fréquenter aussi assidument les salles du Louvre.

1863 Peint à Fontainebleau.

Il préfère partir en forêt de fontainebleau au printemps 1863 avec Bazille. Ils suivent le chemin des peintres de Barbizon. Mais ne voulant reprendre des motifs déjà trop connu ils cherchent de nouveaux paysages et s’installent à Marlotte.

La forêt et le passage entre atelier et plein air, de nombreuses toiles sont des ébauches, ou grattées et détruites, Monet ne cherche pas les points de vue, les paysages romantiques au contraire des paysages simples, cf. Boudin. Fontainebleau est la Mecque des paysagistes, Le choix de Monet de se rendre a fontainebleau démontre une volonté de se placée dans une certaine filiation : celles des peintres dit de Barbizon.

Corot, Millet, et Rousseau sont les paysagistes que la jeune bande admire mais ils sont inabordables ! Différence entre les deux générations, essentiellement la touche fine et précieuse pour les anciens large et expressive pour les modernes.

Printemps 1863 : Les refusés. Lors de la préparation du Salon, le jury effectue 3000 rejets sur 5000 envois, les protestations des peintres sont sans précédents, Napoléon III fait ouvrir le palais de l’industrie et décide de faire une exposition des refusés pour laisser le public juger par lui même. Dilemme faut il choisir de figurer parmi les refusés ou attendre le prochain salon ?

Pendant ce temps Monet partis pour 15 jours à Fontainebleau y reste deux mois… et abandonne l’atelier Gleyre. En fait ce n’est pas une volonté délibérée, mais son travail sur place l’amène à repousser continuellement son retour sur Paris. Il semble ne pas regagner l’atelier

Printemps 1864, Bazille et Monet peignent à Honfleur, réside auberge st Siméon. Bazille prépare ses examens de médecine. Honfleur est lieu déjà découvert par les peintres de paysage, et héberge une colonie d’artistes.

Mais au cours du séjour il est rejoint par Boudin, qui est accompagné de Jongkind. Johan Bartold Jongkind, né à Lattrop, aux Pays-Bas, le 3 juin 1819 et mort à Saint-Egrève, en France, le 9 février 1891, est un peintre, aquarelliste et graveur néerlandais, considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme. Rencontré en Normandie en 1862. Ce dernier va « renforcer » la vocation de Monet : Jongkind lui révèle les reflets changeants dans l’eau, le passage d’un nuage de fumée, un « imprévu exact ». Ainsi que des couleurs fraiches et légères pour rendre les effets atmosphériques imprévus.

1865, retour à Fontainebleau, peint le déjeuner sur l’herbe. 460 x 600. Le premier grand format de Monet.

La toile est inachevée, elle connaît des déménagements successifs, conçue à Chailly, elle est poursuivie à Paris, Puis Ville d’Avray. Abandonnée, entreposée chez Pissarro à Louveciennes pendants les évènements de 1870. Laissée en gage à son propriétaire d’Argenteuil pour loyer impayé. La toile est rachetée grâce à Durand-Ruel, et Monet découpe des morceaux trop abimés, et l’accroche à Giverny.

Cette année 1865, est L’année où Monet expose pour la première fois au salon, des paysages, ses toiles sont remarquée, il est enfin reconnu comme peintre de paysage. Mais au lieu d’être présent au salon, il est au même moment dans la forêt de fontainebleau pour peindre une grande composition avec figures !

C’est au Salon de 1865 que Monet découvre l’œuvre de Manet. Ce qui le conforte dans cette entreprise de faire en grand format, une grande composition, qui marquerait les esprits. Monet à 25 ans il est ambitieux, il a soif de reconnaissance, il expose pour la première fois au Salon, ce qui est un réel tremplin ; mais au lieu d’être au Salon et de rencontrer d’éventuel acheteurs, il est à Fontainebleau travaillant sur cette grande « machine » ambitieuse qu’est le déjeuner sur l’herbe. Cette contradiction illustre la position qu’adoptera Monet la plus part du temps, il se place systématiquement dans une tension, un dilemme. Il semble se nourrir de cette tension dans sa peinture, qui est toujours une lutte, une urgence, une impossibilité qu’il essaye chaque jour de rendre possible. Cette grande toile l’accapare entièrement, c’est un « gouffre financier » car il ne fait rien d’autre, il a de plus un besoin impérieux de son ami Bazille, pour poser pour les figures masculines. Mais ce dernier préfère profiter des loisirs de Paris et donne peu de temps à son ami. Monet est dans une forte tension créatrice, les nerfs à fleur de peau.

Cet hiver là il partage avec Bazille un atelier rue Furstemberg.

1866, La femme à la robe verte (Camille), peint pour le Salon. Acheter par Houssaye, qui le soutient quelques temps. Première apparition de Camille. Ce tableau présenté au salon connaît un certain succès. Entre autre remarqué par Zola, qui en fera l’éloge.

Il abandonne le déjeuner sur l’herbe.

  1. Une vie « retirée ».

1866 Femmes au jardin, jardin de la petite maison chemin des Closeaux à Sèvres (limite entre sèvre et ville d’Avray, sur les coteaux où de trouve la foret de Fausse Repose), près de la station Ville d’Avray (à partir de St Lazare). Monet s’y installe avec Camille, c’est son premier jardin.

Il y peint sont deuxième grand tableau en plein air. C’est un tableau grandeur nature, qui devait être peint exclusivement dans le jardin, ayant conçu une tranchée pour peindre la partie supérieure mais qui sera terminée à Honfleur. Monet, reçoit dans son jardin Courbet.

Là s’affronte deux points de vue autour de l’idée de réalisme. Monet attend le soleil pour peindre, Courbet lui conseil de travailler le paysage en attendant. Mais Monet ne peint pas un paysage, mais un effet de lumière sur un paysage.

C’est sur les coteaux de Sèvres que Monet invente le « jardin atelier ». Par la suite, il construira différents dispositifs, bateaux, cabanes, pour transformer l’extérieur en atelier.

Ce tableau sera admiré par Zola.

S’installer à Ville d’Avray, c’est le choix d’une vie retirée et modeste pour Monet.

1867, Femmes au jardin est refusé au Salon. Camille qui tombe enceinte, Monet a de gros problèmes financiers. Son ami Bazille cherche à intercédé au près du père de Monet, qui refuse tout soutient à son fils dont il rejette le choix de carrière et considère comme un bohème débauché. Bazille achète femme au jardin pour 2500 Fr., c’est son moyen de venir en aide à son ami.

Camille sera présente dans de nombreux tableaux de Monet, mais aussi de Renoir. Camille a des toilettes élégantes et raffinée, alors que Monet n’a pas d’argent

8 aout 1867, Naissance de Jean Armand Claude Monet. Camille Léonie Doncieux, parents négociants, à 19 ans l’été de Femmes au jardin. On sait très peu de choses de Camille, peut être a–t-elle des liens avec le milieu du théâtre.

C’est à partir de cette époque que Monet rythme sa vie d’une alternance de campagnes de peinture en province (Normandie, Bretagne, cote d’azur) et des périodes plus proche de Paris (bords de la seine).

1868, Monet peint la mer, à Etretat. Moment de grandes difficultés et de découragement. Il y passe l’hiver avec Camille et Jean. Sa tante et son père se refusent à l’aider. Il vit des 50 Fr mensuels que lui verse Bazille pour les femmes au jardin.

C’est cet hiver là qu’il peint la pie.

Monet se concentre de plus en en plus sur le effets lumineux du paysage, et en particulier les effets de neige et de givre qui retiennent son attention. Les effets de neige permettent de développer dans des tons délicats et subtils l’idée des ombres colorées qui caractérisent l’approche impressionniste du paysage. Monet peint a l’extérieur par tous les temps et toutes températures, il fera de nombreux tableaux de paysages d’hiver.

1869, Monet est de retour à Paris, il habite chez Bazille. Monet est à nouveau refusé au Salon, on lui reproche entre autre de ne pas être assez parisien.

Il s’installe à Bougival. Il n’a même plus de crédit chez ses fournisseurs, et ne peut plus peindre. Mais il est voisin de Pissarro, et de Renoir, Monet dépend entièrement des 50 Fr que lui verse Bazille de façon peu régulière, les problèmes financiers s’accumulent et l’amitié avec Bazille se relâche, Bazille pas assez peu scrupuleux dans ses envois d’argent. Monet pense épouser Camille.

Grande importance de l’amitié de Bazille pour Monet, qui sera un soutient moral et financier, mort prématurées de Bazille en 1870 (guerre franco Prussienne).

Après la mort de Bazille Monet trouve un autre soutient dans Gustave Caillebotte. Lorsqu’il meurt en 1994 Caillebotte legs sa collection à l’état, au bout de trois ans l’état accepte 38 des 65 tableaux,

Monet est un pessimiste angoissé, et voit tout en catastrophe. Il fait quelques natures mortes qu’il place pour se faire un peu d’argent. Il se débat dans des problèmes financiers qui lui laissent moins de temps et d’énergie pour peindre, quand il parvient à acheter du matériel à crédit.

Eté 1869, La grenouillère : café flottant, lieu de plaisir et de bruit, qui attire Monet. Les canotiers, les nageurs, Renoir et Monet observent les promeneurs. Mais ils n’ont ni toile ni couleurs pour peindre. Dès qu’il parvient à se procurer du matériel à crédit, Monet s’installe dans un canot pour peindre son tableau. C’est sa première expérience d’atelier flottant. Il réitèrera à plusieurs reprise ce système, qui lui permet une position privilégier par rapport au paysage, il n’y a plus de distance entre le peintre et le paysage ; il est sur l’eau dans les reflets de la lumière.

Les difficultés financière s’accumulent, Monet dit avoir fait une boulette s’être jeté à l’eau. « Heureusement rien n’est résulté de mal ».

Cette année là il se lie d’amitié avec un groupe de jeunes républicains, dont Gustave Manet fait parti.

Hiver 1870, Louveciennes sous la neige.

Juin 1870, il épouse Camille. La grenouillère est refusée par le Salon.

  1. Exil-1870

1870 part en exil à Londres.

Fin juillet la France déclare la guerre à la Prusse, dans cette période de trouble, sa tante meurt, il va dans un premier temps à Trouville, Paris est menacé par l’avancée des troupes allemandes. Il est avec Camille et leur fils Jean, Il peint L'Hôtel des roches noires. Cette toile est un bon exemple de ces vue de la côte Normande où de situent alors les stations balnéaires prisées par la grande bourgeoisie. On retrouve une esthétique proche d’Eugène Boudin, où l’on voit les élégantes sur le front de mer. Cette ambiance n’est pas sans rappeler l’atmosphère d’a l’ombre des jeunes filles en fleur, de Marcel Proust.

Il faut aussi faire remarque la particularité du tableau de Monet, où le paysage a une composition verticale très forte, qui est mit en tension par la présence du drapeau agité par le vent.

Monet s’embarque pour l’Angleterre début septembre. Avant tout il peint, et puis si il a le temps il visite les collections anglaises, il découvre Turner, et sera largement influencé par ce dernier (même si il s’en défend). Il y visite de nombreux musées et s'intéresse particulièrement à la technique des peintres britanniques Constable et Turner, à leur traitement singulier de la lumière qui peut occulter le contour des formes

Monet ne se souvient de cette période que de la misère et le refus de sa peinture par la société anglaise. Mais dans son exil il rencontre un autre exilé : Paul Durand Ruel, et Daubigny qu’il admire depuis longtemps.

A cette époque Paul Durand Ruel, marchand de tableau à dans son fond essentiellement des tableaux de l’école de Barbizon, Daubigny se porte garant au près de Durand-Ruel du talent du jeune Monet. Durand Ruel organise quelques expositions dans sa galerie Londonienne.

Monet peint Hyde Park, Green Park, La tamise et le parlement.

Mais a cette époque la mode est au préraphaélite et Rossetti est l’artiste en vu, une esthétique bien éloignée de Monet et Pissarro.

Achat deux paysage dont la plage de Trouville, par Durand-Ruel, ce qui permet a Monet de financer son retour en France.

Paris est en pleine révolution, on fusille, et on brule. Degas, Manet, Renoir, Berthe Morisot sont à Paris et regardent impuissant. Mais Monet ne rentre pas directement à Paris, mais part pour la Hollande.

Printemps été 1871, Voyage en Hollande, ce voyage en hollande se fait certainement suite aux description des paysages hollandais fait par Jongkind. Manet et Daubigny qui ont visité le pays et vantent ses paysages auprès de Monet. C’est en Hollande que Monet découvre les estampes japonaises, alors utilisées comme papier d’emballage. Il commence alors une collection d’estampes japonaises.

Monet évite délibérément de retourner à Paris et sa banlieue détruit par la Commune. Il quitte la hollande à l’automne, y retourne en 1886.

Mort de son père Adolphe Monet.

  1. Argenteuil –entre la Seine et le ciel.

De 1872 à 1878, Monet s’installe à Argenteuil. Il y peindra ses bords de Seine les plus importants. C’est une banlieue « sauvage » où se confronte chemin de fer et tombeaux mérovingiens, il y conçoit son bateau atelier, il y peint : pont de chemin de fer a Argenteuil, les bateaux rouges, les coquelicots, Monet choisi ses paysage, l’idéalise, élargie la seine, gomme les bâtiments industriels.

Les tableaux peints à Argenteuil montrent l’influence de la peinture de Turner qu’il a admiré à Londres.

Ses compositions prennent en comptes les effets de lumières changeant sur les eaux de la Seine.

Cependant la composition du tableau est structurée par des lignes fortes, comme les mâts des bateaux.

Durand Ruel devenu son marchand de tableau parvient à trouver quelques amateurs avant-gardistes pour ces paysages, cependant le plus large public a une réaction très violente devant cette peinture

Le bateau atelier ; Monet se fait construire un bateau atelier, inspiré de Daubigny, qui avait fait une série d’eaux fortes d’un voyage en bateau, une barque à cabine le Botin. Le Bateau atelier de Monet est plus petit mais aussi bien aménagé. Avec son bateau atelier il est dehors et dedans à la fois, ce n’est pas un bateau pour naviguer mais pour être dans le paysage.

L’été 1874, bateau- atelier à Argenteuil. Peint par Manet.

"Je veux faire de l'insaisissable. C'est épouvantable cette lumière qui se sauve en emportant la couleur". C. Monet

A cette époque Monet commence à vendre quelques tableaux, a des marchands, comme Durand–Ruel, ou Latouche, à quelques collectionneurs, Le chanteur Faure, Hoschedé, le docteur Bellio, et des amis, Manet, Caillebotte et pour régler ses fournisseurs, il paye en tableaux. Mais ses ventes d’une année ne sont suffisantes que pour régler la moitié de ses factures, il vit à crédit.

A Argenteuil il sème des fleurs, et fait un jardin, non pas un jardin bien ordonné, mais foisonnant de fleurs, il les peints, jardins ou bouquet de fleurs.

Un coin d’appartement

Monet construit ses tableaux par la couleur, par couche successives de touches, qui a force forment les éléments du tableau. Ces touches de couleurs modèle et sculpte la lumière.

Entre 72 et 73 Durand –Ruel achète de nombreux tableaux à Monet (il lui achète 53 tableaux en deux ans)

  1. 15 avril au 15 mai 1874 :1ère exposition impressionniste.

L’exposition de 1874 : Un groupe d’artistes voyants leurs œuvres systématiquement

Refusé par le jury du Salon, décident d’exposer par eux même. Pour cela ils fondent dans un premier temps une société anonyme des artistes peintres sculpteurs et graveurs. Manet n’en fera pas partie, même si il donne sa bénédiction à la démarche, pour lui le lieu de « bataille » reste le Salon.

Il faut tout de suite remarquer que les animateurs de ces sociétés n’ont pas les mêmes points de vue esthétiques. Cependant ils se retrouvent sur certains critères :

-la peinture de plein air (sauf Degas)

-L’idée que la lumière est le véritable sujet du tableau.

-L’espace du tableau peint d’une multitude de petites touches.

Si on se limite à ces trois critères les seuls impressionnistes sont, C. Monet, A. Sisley, C. Pissarro, et B. Morisot.

Ces artistes décident de s’exposer eux même, puisque le salon les refuse. Cette exposition de 1874 marque un tournant décisif, Elle aura lieu de 15 avril au 15 mai, rassemble environ 30 exposants, bien que les articles de journaux ne citent que 5 ou 6 noms : Cézanne, Pissarro, Berthe Morisot, Degas, Sisley, Monet.

Les Coquelicots : Il présentée lors de la première exposition du groupe impressionniste. La toile est aujourd'hui des plus célèbres. Monet dilue les contours et construit une rythmique colorée à partir de l'évocation des coquelicots, par des taches dont le format démesuré, au premier plan, montre la primauté accordée à l'impression visuelle. Ainsi un premier pas vers l'abstraction est-il franchi. Dans ce paysage, les deux couples mère et enfant du premier et du deuxième plan ne sont qu'un prétexte à la mise en place d'une oblique qui structure le tableau. Deux zones distinctes du point de vue de la gamme des couleurs sont ainsi définies, l'une dominée par le rouge, l'autre par un vert bleuté.

Au début de l’exposition on peut voir quelques sympathisants, l’exposition n’attirent pas grand monde, nous sommes bien loin du salon, et des ces enjeux mondains. Certains journalistes, comme Catulle Mendès soutiennent cette coopérative d’artistes. Cependant il va y avoir scandale !

C’est un article d’Eugène Leroy dans le journal « charivari » qui lance la polémique ! Aujourd’hui cet article nous paraitrai lourd, en effet l’article raconte la visite de l’exposition par un vieux peintre paysagiste, qui perd la raison a la vue de ces tableaux.et fait une réelle réaction allergique :

Cardon : « Salissez de blanc et de noir les 3 /4 d’une toile, frottez le reste de jaune, piquez au hasard des tâche rouge et bleues vous aurez une « impression » de printemps devant la quelle les adeptes tomberont en extase. »

Les journaux parlent de « théories extravagantes », de « négations de règles les plus élémentaires » de « gâchis insensé », « jeu grotesque, sans précédent heureusement dans l’histoire de l’art ».

C’est ce printemps là que nait le terme impressionniste, plaisanterie de journaliste, qui ne sachant comment qualifier ces jeunes artistes, leur donneras plusieurs noms : impressionnistes, impressionnalistes, intransigeants, révolté, pleinairistes, japonais.

Suite a cette premières exposition, Monet, Sisley, Renoir, Berthe Morisot organisent une vente à l’hôtel Drouot, A nouveaux ils subissent les invectives, et violence encore jamais vues dans une vente de tableaux, Durand-Ruel le marchand de tableau, qui rencontre ce groupe de jeunes peintre à Londres en 1870, et qui les soutient depuis, assiste à la débâcle désolé. Les peintres se voient contraint de racheter leurs propres tableaux… L’exposition suivante de 1876, sera accueillie par Durand-Ruel dans ses locaux de la rue Pelletiers. Une troisième exposition aura lieu en 1877, toujours Rue pelletier. Il y aura Huit expositions du group Impressionniste.

Albert Wolff : « Cinq ou six aliénés dont une femme, un groupe de malheureux atteint par la folie des ambitions. Ces soi-disant artistes s’intitulent, les intransigeants, les impressionnistes. »

Ce sera lors de leur troisième exposition, dans un appartement de la rue Pelletiers, que Monet expose sa série des gares st Lazare. Il réalisera 12 vues de la gare, il explore le sujet, en choisissant des points de vue différents, les effets atmosphériques sont amplifiés par les fumées et vapeurs des trains.

« Je me dis qu'il ne serait pas banal d'étudier à différentes heures du jour le même motif et de noter les effets de lumière qui modifiaient d'une façon si sensible, d'heure en heure, l'apparence et les colorations de l'édifice. » Extrait de L'Impressionnisme et son époque.

Cependant on ne peut pas vraiment qualifier cet ensemble de série, les toiles sont peintes selon de points de vue assez différents. Cependant 8 seront exposées en même temps.

En effet ces années là Monet peint Paris, avec La gare st Lazare, Monet est dans son sujet, pour être pris pars son sujet il doit avoir le sentiment que celui ci l’absorbe. Gare st Lazare il est au milieu de la foule, dans le vacarme des machines à vapeur qu’il peint. Dans la fumée. On constate que c’est souvent dans des moments de crise intense, financière et affective que Monet fait ses plus beaux tableaux. C’est aussi un choix délibéré de prendre un sujet moderne, comme l’ont déjà fait Manet, Degas, et Caillebotte.

Il vient d’emménager quartier de la nouvelle Athènes.

Roger Balle, inspecteur des beaux arts : « Il faut les avoir vue pour imaginer ce qu’elles sont, elles provoquent le rire et sont cependant lamentable, Elles dénotent la plus profonde ignorance du dessin, de la composition du coloris. »

« Audaces insensées et ridicules »

« Couleurs qui crient à vous crever les yeux »

On va même les traiter de « communards », » d’anarchistes », leurs tableaux sont comparés à « d’impudente raclures de palettes ».

Cependant quelques voix s’élèvent, et commencent à prendre leur défense :

Sylvestre « Gaité, clarté, fête printanière », et quelques amateurs commente a apprécier leur travail.

Que leur reproche-t-on ?

-On leur reproche de montrer leur peinture sans passer par le sacro-saint salon, et de prendre la liberté de s’exposer soi-même. Sans passer par le filtre d’un jury. Cependant cette idée est soutenue par certains intellectuels, comme Zola, ou Alexis.

Ce qui choque c’est cette liberté dans le choix des couleurs, des sujets et de la touche, alors que la société suite aux troubles de la Commune souhaite un retour à l’ordre, ordre qui est dérangé, remis en question par cette nouvelle peinture, qui se pose en réaction contre la peinture académique défendue par le Salon.

C’est à la même époque, que Monet, souhaitant ne plus être étiqueté « peintre paysagiste » exécute (1875 La japonaise, avec ce tableau il veut faire sensation et veut sortir de l’étiquette « peintre de paysage ». Tableau qu’il reniera plus tard. Une fantaisie, essaye de renouer avec le succès de la femme en vert. A la fois considéré comme un tour de force et indécent et grossier.

  1. Camille et Alice

Cette période entre 1874 et 1884, est une des plus chaotique dans la vie de Monet. Toujours accablé par les dettes, sa situation personnelle se complique.

Ernest Hoschedé, collectionneur, dont le père fait fortune dans le négoce des tissus de luxe, marié a Alice Raingo fille de la grande bourgeoisie belge, ils ont cinq enfants. C’est en 1874, que Hoschedé devient collectionneur, c’est aussi les débuts de sa ruine.

Ernest Hoschedé achète de nombreux tableaux de Monet à Durand Ruel, dont Impression soleil levant.

Aout 1875, Alice note dans son journal que son mari est ruiné. Mais en aout 1876, il semble avoir redresser la barre, et recapitaliser sa société.

Rencontre avec le docteur Choquet, un des collectionneurs des impressionnistes, ce dernier est plus proche de Renoir

été 1876 Commande des panneaux décoratifs pour le château de Montgeron par Ernest Hoschedé. Etang à Montgeron, Coin de jardin à Montgeron, (les rosiers), Les dindons, La chasse. C’est cet été là que Monet Alice se rencontre et tombent amoureux. Tout les opposent !

Mais Ernest Hoschedé il fait faillite en 1877, et doit fuir en Belgique.

1878 les deux familles louent une maison à Vétheuil. Certainement une idée de Ernest Hoschedé. Monet vend moins de tableaux, il n’y a pas de rentrée d’argent et Camille qui vient de donner naissance à Michel est gravement malade, Alice Hoschedé est là avec ses six enfants, Ernest Hoschedé toujours en voyage cherche à arranger ses affaires. La maison est simple et petite.

Monet travail, dehors « Mon atelier, Mais je n’ai jamais eu d’atelier moi, je ne comprend pas qu’on s’enferme dans une chambre, pour dessiner oui, pour peindre non. »

Camille sur son lit de mort, septembre 1879 mort de Camille, elle avait trente trois ans.

Tableau qu’il ne vendra jamais, face à la mort, Monet pour reflexe de peindre, et rechercher des accords de couleurs. (Tableau frontal, sans profondeur, // cathédrales.)Voir texte Clémenceau

L’hiver 1879 est particulièrement froids il gèle dès novembre et en décembre -17°c. Monet

C’est hiver là il est sans le sous, dans la maison de Vétheuil, avec ses deux fils, Alice et ses 6 enfants. Ernest Hoschedé est en « voyage ». Remonté brutale des température, et la débâcle, avec crue de la seine charriant la glace, dégâts très importants. Monet peint ce paysage dévasté. Débâcle, temps gris.

Hoschedé est à Paris et essaye de placer les toiles de Monet, et d’arranger ses affaires, Monet est a Vétheuil peint, et gère le manque d’argent chronique.

Après avoir participé aux cinq premières expositions impressionnistes puis se désolidarise du groupe.

En effet comme Renoir, Sisley et Cézanne , Monet en manque d’argent et de reconnaissance fini par penser que le salon est le seul salut possible et essaye a nouveau de se faire accepter.

Le salon est Le moyen pour avoir une plus large clientèle, sorte de « passeport » obligé. C’est aussi le meilleur moyen pour être considéré par le groupe impressionniste comme une « déserteur ».

Sur les trois tableaux présenté un seul est accepté : Lavacourt. Le tableau mal placé et très simple passe inaperçu.

1881, jardin de Monet a Vétheuil.

Les Monet-Hoschedé déménage pour Poissy.

1882, hiver, Les falaises, Monet part sur les bords de la manche pour varier ses motifs, il pose son chevalet à Pourville. // Préparatifs pour la 7ème expo des indépendants. Monet peint les falaises de Varengeville, vue de la cabane des douaniers,

Monet est un travailleur, Et malgré les difficultés financière et sa situation familiale complexe, il continue ses campagnes de peinture dans le paysage.

Eté 1883, il s’installe villa Juliette à Pourville avec Alice et les enfants, mais l’été pluvieux l’empêche de finir ses paysages et les problèmes d’argent s’accumulent. Il vit a crédit, avec de l’argent avancé par Durand Ruel sur des tableaux qu’il n’arrive pas à achever. Et Monet ne parvient à se concentrer et se plonger dans le travail quand Alice et les enfants sont présents. Visites de Renoir, Durand Ruel, Maupassant.

Dès ces années là on trouve sous la plume des critiques un certain agacement vis a vis de l’impressionnisme, on reproche a cette peinture d’être une peinture du réel, manquant d’idéalisation, de poésie. On parle de « journalisme visuel ». Le « charme, la légèreté la fraicheur » qui dont des qualité que l’on donne à l’impressionnisme, sont pour les critiques des qualités désirable mais aussi périssable comme le souligne Pierre Schneider.

Automne 1882, crue de la seine, villa st louis de Poissy inondée.

Durand Ruel achète une cinquantaine de toile de Pourville et Varengeville.

1883 Falaise d’Etretat.

Durand Ruel prépare une exposition Monet. Mais il chercher un nouveau point de vue, car il est dans l’ombre de Courbet, qui a lui aussi peint Etretat, il trouve un chemin escarpé qui descend de la falaise sur la plage, et c’est là qu’il entre dans le paysage.

Moments d’angoisse, Exposition Durand- Ruel, et Possible rupture avec Alice.

L’exposition chez Durand-Ruel est un échec, aucune critique favorable, peu de vente.

  1. Giverny

1884, s’installe a Giverny : Monet, à 43 ans et envie de se poser, de s’installer quelque part et être chez lui. Il y réalise sont jardin.

Lors d’une excursion du coté de Vernon à la recherche d’une maison, il découvre par hasard, Giverny. Il installe toute la famille, au même moment meurt Manet. Mais les débuts y sont difficiles, Monet n’y trouve pas tout de suite ses marques et ses paysages, la famille est vue d’un mauvais œil par les habitants, Monet a du mal à se mettre au travail.

Cet hiver là il part vers le sud avec Renoir à la rechercher de motifs, ils découvrent Bordighera : émerveillé par la profusion des couleurs et la lumière. Monet s’y installe seul, pour peindre. Monet peint plusieurs toiles en même temps, 4 puis 8, puis 12.

Vue de Bordighera, vallée de Sasso effets bleus, valle Buona. Jardin Moreno (jardin féérique dans le quel Monet a sentiment de « s’enfouir ».

Manet enterré le 3 Mai.

Figures en plein air : Paysage avec figures à Giverny (J-P, Germaine, Michel, Suzanne et Jean), Promenade temps gris (Blanche, Germaine, Suzanne).

La mort de Manet, conduit Monet à reprendre les thèmes peints aux cotés de Manet dix ans plus tôt : figures dans le paysage.

Les meules, champs d’iris jaune, champ de coquelicots,

Mais Monet a besoins de ses moments d’exaltation et fait des séjours dans des paysages.

Caractère cyclothymique, il n’est pas satisfait de sa peinture, se dit « bien malheureux, et continue à se noyer dans les problèmes financiers. Les carnets et notes de Monet, montre une comptabilité aléatoire, et un propension à vivre à crédit, avec des rentrées d’argents très irrégulières.

En effet Durand Ruel, alors qu’il est proche de la banqueroute continue a acheter des toiles a Monet, et aux autre impressionnistes, Mais un autre marchand s’intéresse à Monet : Petit, Monet est partagé entre sa fidélité à Durand Ruel, et son besoin d’argent. En fait se dernier se prépare a un voyage aux états unis avec un important stock de tableau qu’il espère y vendre. A ce moment Monet, décide de ne plus donner l’exclusivité a Durand-Ruel

1885 à Etretat, peint les falaises. Aiguille de la falaise d’aval. Vagues à la Manneporte. Pris par ma marée montante il est projeté sur les rochers, son matériel emporté par la mer.

1886, belle Ile, automne face à face avec l’océan. (Rencontre avec John Russel, Gustave Geffroy, qui deviendra son biographe, et de Mirbeau qui deviendra un de ses amis le plus proche).

Monet peint sous la pluie, dans la vent, calé dans les rochers face aux embruns. Dans le vacarme des oiseaux et du ressac. Il passe plusieurs mois à Belle Ile, luttant avec les météores. Pyramide de Port-coton, Mer sauvage, on voit dans tableaux de Belle l’ile l’influence des estampes japonaises, Hiroshige.

"Je suis dans un pays superbe de sauvagerie, un amoncellement de rochers terrible et une mer invraisemblable de couleurs ; enfin je suis très emballé quoique ayant bien du mal, car j'étais habitué à peindre la Manche et j'avais forcément ma routine, mais l'Océan, c'est tout autre chose" (lettre de Monet à Gustave Caillebotte).

Belle-Ile, la plus grande des îles bretonnes, est restée peu visitée par les artistes et les écrivains du XIXe siècle. Monet, qui cherche à se confronter à des paysages différents, à d'autres atmosphères y réside du 12 septembre au 25 novembre 1886. Il se montre d'abord décontenancé par une nature peu facile à apprivoiser, le temps sans cesse changeant, les difficultés d'accès aux sites qui l'intéressent. Mais les falaises à pic, les surplombs vertigineux n'effraient pas l'artiste, qui plante son chevalet au bord du vide et se tient obstinément devant les motifs qu'il a choisis.

1887// Figures en plein air, production plus confidentielle plus « familiale » : La barque bleue, jeunes filles en barque. La promeneuse, sous les peupliers,

La situation avec Alice est toujours complexe, installés à Giverny, une séparation est toujours évoquée. De plus Monet voit le groupe des impressionnistes se délité, et la huitième exposition impressionniste marque surtout l’avènement des néo impressionnistes.

Au cours de ces années 80, Monet produit plus lors des voyages que lorsqu’il est a Giverny, il est habité par un tension fiévreuse qui se relâche à son retour par de périodes de mauvaise humeur et d’apathie. La situation de la famille est toujours bancale et les jeunes fille Hoschedé qui on l’âge de se mariée sont ostracisées par la bonne société. Bien que les plus jeunes aient des souvenirs joyeux de leur enfance à Giverny, une tension est présente et menace l’équilibre fragile de la famille. Sans parler de la relation complexe entre Alice et Monet, faite de jalousie, d’exaltation amoureuse, de menace de ruptures et de remords.

En 1885 une « colonie » de jeunes peintres américains et canadiens s’installe du coté de Giverny, cette bande de jeunes américains va fréquenter les Monet Hoschedé et se joindre a eux lors de promenades et parties de pêche. Mais rapidement envahi celui ci va rompre avec ces jeunes peintres qui semblent lui « voler ses motifs ».

1888 voyage dans le sud, Antibes, Juan les Pins, rencontre avec Maupassant. Ils se sont déjà rencontrés. Ce long séjour à Antibes est marqué par son désir de parvenir à peindre la lumière rosée du paysage. Mais comme a chaque fois, Monet est arrêté dans son élan par les aléas climatiques, vent, pluie brouillard, viennent l’empêche de finir une série de toile commencée.

1889 exposition universelle à Paris, cette années là, Monnet, est « installé », grâce a ces quelques marchands : Durand Ruel, Petit, Théo Van Gogh, et collectionneur il parvient a couvrir ses dépenses, il est reconnu par un certain nombre de critique et côtoie une société d’artistes, anciens du groupe impressionniste, Rodin et écrivains, Maupassant, Mirbeau, Geoffroy. Mais il est toujours habité par sa passion dévorante de la peinture. A L’occasion de l’exposition universelle deux grandes expositions de peinture sont organisée : la centennale et la décennale, 14 toiles de Manet y seront exposés.

Séjour dans la Creuse, à Fresselines. Monet est séduit par se paysage de vallée escarpées qui s’imbriques l’une dans l’autre, au paysage austère. Il en fera une série de toile « lugubre ».ravin de la Creuse ciel gris ; les Eaux-Semblantes, Creuse effet de soleil ; Creuse soleil d’après midi ;

Encore une fois cette campagne de paysage est contrariée par les intempéries, et les soucis d’organisation de l’exposition Rodin/Monet. Cette campagne en Creuse est un véritable cauchemar, impuissance du peintre à capter le paysage, impossibilités de saisir le paysage. A nouveau il est tiraillé entre Alice qui le réclame à Giverny, et ses paysage de la Creuse qui ne parvient pas achever, alors que le printemps transforme le paysage chaque jours. C’est aussi une période de crise pour Monet, après la Creuse et ces tourment, il ne parvient plus a peindre commence et gratte pendant des mois.

Amitié Monet /Rodin, admiration réciproque, échange d’œuvre, préparation d’une grande exposition Rodin/Monet, pour l’été 1889, chez Petit. Mais après de nombreux reports et des négociations difficiles avec Petit. Monet vit l’exposition comme un échec, en effet Rodin est venu placer ses sculptures sans concertation avec le peintre, et « gâche » l’ensemble, occultant les tableaux par ses sculptures. La presse parle peu de ses tableaux et beaucoup de Rodin, c’est pourtant une des rares rétrospective de Monet, et pour la première fois montre des séries, st Lazare, La creuse.

Cependant cette exposition bien qu’apparemment un échec marque un tournant dans l’appréciation des œuvres de Monet.

  1. Olympia

Printemps 1889, Monet commence une campagne de souscription pour acheter l’Olympia de Manet et l’offrir au Louvre.

Si l’idée vient du groupe d’ami qu’il forme avec Sargent et d’autres peintres, il prendra seul en charge les nombreuses démarches pour rassembler les souscriptions. Faire le lien avec la famille Manet, Défendre son projet devant les commissions d’état. Monet répète dans de nombreuses lettres que racheter ce tableau est à la fois un hommage au peintre Manet, mais aussi une aide financière pour sa veuve. Monet craint que le tableau ne soit acheté par les américains et parte aux US.

Monet, est dès le départ convaincu que la chose se fera rapidement, et que les vingt mille francs seront facilement rassemblés. Mais rapidement les première désillusions : Zola refuse de participer à souscription, de nombreux souscripteurs désargentés ne peuvent donner que 25 ou trente francs. Si la souscription finie par rassembler l’argent nécessaire, les difficultés viennent du ministre des beaux arts Antonin Proust, réticent à accepter la toile au Louvre. Jugées encore trop scandaleuse. La souscription faite dans un premier temps de manière discrète et confidentielle, fini par être révélée par la presse, suite aux atermoiements de Antonin Proust.

Il y même une menace de duel entre Monet et Proust. La souscription est close et le tableau offert en donation à l’état mais l’Etat hésite et tergiverse sur la valeur de cette donation, sur la qualité même lu tableau, et comment l’exposer ? Après de nombreuses réunions entre état et donateurs, l’état s’engage à l’exposer au Luxembourg et le garder à Paris visible du public en attendant les dix ans après la mort du peintre pour l’envoyer au Louvre. L’Olympia sera exposer dans un petit salon du fond, au palais du Luxembourg jusqu’en 1907. Moment où le tableau a l’instance de Monet, rejoint les collections du Louvre.

Portrait de Suzanne aux soleils.

  1. L’invention de la série

Eté 1890, les meules, « quel été ! Ici nous sommes dans la désolation. J’espère que vous me remonterez le moral car je suis dans un découragement complet. Cette satanée peinture me torture, et je ne puis rien faire. Je ne fais que gratter et crever les toiles. Je sais bien qu’étant rester longtemps sans rien faire il fallait m’attendre a cela, mais c’est que ce que je fais est en dessous de tout. » Lettre de Claude Monet à Berthe Morisot.

Quand le soleil revient enfin fin aout, Monet peint une série de champs d’avoine, il multiplie les toiles pour pouvoir peindre les différents éclairages de la journée. Il se tourne par dépit à nouveau vers le paysage ne pouvant peindre ses figures faute de modèles. (Les filles Hoschedé sont malades cet été là).

Le clos Morin, où s’entasse les meules en attendant le battage d’automne et d’hiver. Il est passé des années durant devant ce champ aux meules, mais cet été là, elles deviennent un motif pour l’œil du peintre.

La Meule, Meules fin de l’été effet du matin, Meules fin de l’été effet du soir.

Les années précédentes les meules apparaissent dans les toiles du peintre, mais accompagnées de figures et inscrite dans un paysage, ici elles s’élèvent comme sujet du tableau. Les toiles se multiplient pour suivre les effets de lumières changeant, Monet dit le faire par « honnêteté ».

« Quand j'ai commencé, j'étais comme les autres ; je croyais qu'il suffisait de deux toiles, une pour « temps gris », une pour « soleil ». Je peignais alors des meules qui m'avaient frappé et qui faisaient un groupe magnifique, à deux pas d'ici ; un jour, je vois que mon éclairage a changé : je dis à ma belle-fille [Blanche Hoschedé] : « Allez donc à la maison, si vous voulez bien, et apportez-moi une autre toile ». Elle me l'apporte, mais peu après, c'est encore différent : une autre! Encore une autre! Et je ne travaillais à chacune que quand j'avais mon effet, voilà tout. Ce n'est pas très difficile à comprendre. »

. Monet ne dit pas autre chose quand il corrige le hollandais Willem Gertrud Cornelis Bijvanck, venu assister à l’exposition Durand-Ruel, et resté admiratif devant une toile en particulier, « une meule en pleine gloire [où] un soleil d’après-midi brûlait la paille de ses rayons pourpre et or et les brindilles allumées flamboyaient d’un éclat éblouissant » :

« Et le résultat ? Voyez ce tableau-là, au milieu des autres, qui dès le premier abord a attiré votre attention, celui-là seul est parfaitement réussi, — peut-être parce que le paysage donnait alors tout ce qu’il était capable de donner. Et les autres ? — Il y en a quelques-uns vraiment qui ne sont pas mal ; mais ils n’acquièrent toute leur valeur que par la comparaison et la succession de leur série entière. »

Ce même été il achète Giverny alors mis en vente par ses propriétaires, ne voulant renoncer à ce paysage, et « une pareille installation ».

Janvier 1891, mort de Ernest Hoschedé.

Série des Peupliers. Cette série faite a partir d’un sujet d’une grande austérité : une suite de peuplier est basé sur les effets de la lumière dans les peuplier, effet qui disait Monet ne durait que sept minutes, au bout des quelles il devait changer de toile ! La rapidité de l’effet que Monet cherche a capter, ne permet pas la réflexion et la mise a distance de la toile, il travail dans l’urgence, confiant de sa maitrise de l’effet rechercher ; il met en place des contraintes physique qui l’oblige a ne pas prendre de recul : bateau atelier, bord de falaise, ces contraintes, d’espace et de temps, sont pour Monet des moyens de se libérer, et de parvenir a plus grande justesse de l’expression dans la spontanéité du geste.

Il est frappant de noter que Monet se place dans le paysage dans un espace étroit et clos, pour mieux se perdre dans le paysage. Et toujours en lutte avec les éléments qui « gâche » ses séances de peinture. La particularité des peupliers et que l’on voit apparaître le tableau sans motif central, où se met en place discrète ce qu’il adviendra avec les nymphéas : le recouvrement de toile, précurseur du « all-over ».

Monet à le désir de réaliser dans les locaux de Durand-Ruel une exposition des Meules, mettre en scène la spécificité de la série. Et cette exposition des Meules, et la première exposition de Monet qui rencontre un véritable succès ! Mais ce succès est ainsi teinté d’incompréhension en effet si les critiques sont bonnes, on remarque que les critiques sont devant un « objet » de peinture qui les déroute, et essaye de le faire entrer dans une catégorie connue alors que cela leur échappe. Bien qu’il y ait un sujet : une meule, ce qui déconcerte et que le meule disparaît dans le peinture, et qu’il ne s’agisse plus ici que de peinture. Ce qu’admirera et déconcertera tout autant le jeune Kandinsky en 1896 lors d’une exposition en Russie de meules de Monet.

« Soudain pour la première fois je voyais un tableau, Ce fut le catalogue qui m’apprit qu’il s’agissait d’une meule. J’étais incapable de la reconnaitre. Et ne pas la reconnaitre me fut pénible. »

Monet travail par touche de couleurs et laisse le spectateur recomposer les formes, le spectateur doit participer et « lire » le paysage.

Rouen février 1892 : La Cathédrale.

La série des cathédrales, 28 toiles et l’aboutissement de deux ans de travail. Cela fait déjà plusieurs années que Monet projette de peindre une cathédrale, ses visites régulières a son frère qui habite a Rouen l’amène a lever les yeux sur la cathédrale, il fait plusieurs croquis, il tourne autour de son sujet, et finalement découvre par hasard un appartement dont les fenêtres ouvrent sur la façade, un face à face est alors possible ; même si il du changer de fenêtre au court de ses deux années, c’est toujours ce face a face qui est privilégier. Il entame a lors une série de toile, où la lumière joue sur les reliefs de la façade.

Monet ce place dans un contexte tout a fait différent, il est ville confronté à une architecture, loin des paysages qu’il affectionne. Mais à nouveau ce nouveau projet se réalise dans les angoisses, intempérie, maladie, Suzanne demandée en mariage.

Les toiles seront de nombreuses fois retouchées et transformées. Et surtout son retour a Rouen pour Continuer sa série des cathédrales. Nouvelle campagne faite d’exaltation et de désespoir comme toutes les autres.

Monet a besoin de temps et de concentration pour ressentir et transcrire les délicats effets de lumière sur son sujet, mais implacablement le soleil monte dans le ciel, laissant le peintre devant un effet toujours changeant et donc insaisissable ; c’est dans ce paradoxe qu’il faut comprendre la tension et le désespoir du peintre. Il a le sentiment que la tache qu’il se donne et « au dessus de ses forces ».

Cette série lui a demandé tellement d’efforts de remise en question que lorsqu’il l’achève il a des réticences à s’en défaire, et demande alors des prix exorbitants a ses marchands.

« Plate bande de surface où poussait la peinture qui lui était nécessaire » Malevitch. La révolution dans l’œuvre de Monet apparaît pleinement dans ces cathédrales, le sujet se fond avec la planéité de la toile.

1895, est exposées la série des cathédrales dans son ensemble. L’exposition va frappés les visiteurs et les critiques, la plus part sont déranger par la disparition de l’objet cathédrale avec tout ce qu’elle symbolise au profit de la lumière, qui est restituées dans toutes ses infinies variations, lorsque les tableau sont vus avec du recule, et lorsque l’on s’approche de la toile, la matière et les empâtements dérangent.

Si il admiré par ses pairs, Pissarro, Degas, Cézanne, Renoir, la jeune génération, des peintres néo impressionnistes doute. C’est aussi le moment où George Clémenceau célèbre son travail pour la première fois, si ils se connaissent de loi depuis de nombreuses années l’exposition des cathédrales marque le début de leur grande amitié. Clémenceau écrit un article sur les cathédrales : « Révolution de cathédrales ».

Gustave Geoffroy, critique d’art et ami de Monet, est certainement celui qui permit le rapprochement des deux hommes. C’est surtout à partir de 1908 que ses visites seront plus régulières, et que se met en place une importante correspondance. Clémenceau est vrai soutient moral pour Monet.

1892 Theodore Earl Butler épouse Suzanne. Tout cela contrarie Monet, qui veut être à la fois ici et ailleurs. Le Mariage de Suzanne, va conduire Monet à vouloir officialiser sa place dans la famille et quelques jours avant le mariage de Suzanne il épouse Alice en toute discrétion. Par se mariage la position de Monet dans la famille et enfin officialisée, et il peut ainsi tel un père conduire la noce de sa belle fille.

L’année 1893 est marquée par l’agrandissement de la propriété et le creusement d’un bassin.

  1. Fév. Mars 1895 Voyage en Norvège :

Mont Kolsaas en Norvège,

« Le motif est une chose insignifiante et ce que je veux reproduire c’est ce qu’il y a entre le motif et moi »Monet.

Cet hiver 1895, Monet perd une grande amie : Berthe Morisot. Et la donation Caillebotte vient d’être refusée par le conseil d’état.

Le voyage de Monet en Norvège est peu connu, mais a cette époque l’élite des intellectuels d’avant garde en France s’intéresse tout particulièrement à la Norvège, a près la découverte des pièces de théâtre de Ibsen.

Mais aussi suite aux expéditions polaires. Mais Monet qui décide d’aller en Norvège en hiver voit un paysage noyé sous la neige qui le laisse dans un premier temps déçu, mais il découvre la glace, le froid, les forets sous la neige et se grise de ses paysages féériques, et promenade en traineau qu’il le comble. Son beau fils Jacques Hoschedé y réside depuis quelques mois et sera son guide.

De plus un grand nombre d’admirateurs attendent avec impatience Monet et l’accapare. Finalement Monet trouve enfin son Motif à Sandviken près de Christiana, où un petit village »japonais » le séduit, de plus il a une sorte de pension pour artiste, où il est chaleureusement accueilli. Mais Monet désespère de pouvoir peindre sur les motifs qu’il a remarqué, et au final accompagné se son beau fils Jacques il taille un chemin dans la neige pour pouvoir atteindre le motif souhaité. Mais Monet sait qu’il ne pourra pas revenir en Norvège alors il peint avec fièvre et rapidité, simplifiant sa manière, mais il y a aussi la neige qui varie change tellement rapidement de couleur selon les humeurs du ciel.

Sans parler du dégel qui arrive début Mars et qui transforme radicalement le paysage jours après jours.

Ce voyage en Norvège Monet n’en rapporte que des ébauches, des pochades, exalté par la beauté du paysage déçu de n’avoir pas pu ou pas su les peindre a temps.

A son retour Monet est accaparé par l’exposition posthume de Berthe Morisot, Monet est toujours près a donner de lui même et de son temps pour ses amis, Manet, Cézanne, Sisley, Pissarro, tous on toujours pu compter sur lui. Monet va organiser l’accrochage des œuvres de Berthe Morisot, avec Degas, Renoir et Mallarmé.

Mais aussi par la préparation de l’exposition des cathédrales.

  1. Un jardin atelier : Giverny

Depuis son installation a Giverny Monet n’a de cesse de développer le jardin, il veut des fleurs pour pouvoir peindre, et petit a petit a les fleurs vont envahir le jardin, il aime les rosiers grimpants, la capucines les trémières les soleils, toute fleurs qui recouvre ou s’élance dans l’air et qui fait se perdre le promeneurs. Un jardin où le peindre est immergé au milieu des fleurs, qui forment écran autour de lui.

Un des amis proche de Monet l’écrivain Mirbeau est lui aussi jardinier, et va le mieux décrire le jardin de Monet.

Mais le jardin est en perpétuelle évolution, selon les saisons. Il y a les jardins et les ateliers placés dans le jardin et bien sur la maison.

Et le projet à partir de 1890 de faire un bassin, projet qui rencontre de nombreuses difficultés que Monet parvient a réaliser, bassin entouré d’iris, et où se développent les nymphéas enjambé a un rétrécissement du bassin par un pont japonais couvert de glycine ; Monet va ici créer son motif. Premiers tableaux du bassin fait vers 1894 mais surtout à partir de 1899.

Série : pont japonais, cette série apparaît une des plus sombre dans l’œuvre de Monet, une des plus violente.

1897 Jean Monet épouse Blanche Hoschedé. Ils ont grandis côte a côte et décident de se marier à plus de trente ans. Au Même moment Suzanne est très malade suite à son deuxième accouchement et pendant trois longues années elle décline malgré tous les soins. Marthe sa soeur prend en charge les enfants. Suzanne meurt en 1899. Au même moment meurt son vieil ami Sisley qui lui demande de s’occuper de des enfants. Les Monet-Hoschedé sont accablés par les chagrins. Cette douloureuse période est celle des ponts japonais leur aspect lugubre s’explique alors comme un reflet de l’état spirituel de Monet, dans le deuil et l’accablement, car Alice très affecté par la mort de sa fille.

La fin des années 1890, est aussi le moment où une jeune génération de peintre, issus des académies conservatrices comme Matisse, Manguin, Marquet, découvrent l’impressionnisme dans les galeries de marchand de tableau, comme Durand Ruel, Ou encore Vollard. Et aussi grâce a des « passeurs » comme Camille Pissarro, que Matisse rencontre a plusieurs reprise. Ce dernier lui conseillera le voyage à Londres pour aller vois les tableaux de Turner.

1900 seconde série des ponts japonais.

1918-22 retour du motif du pont après une longue éclipse. Mais son regard plonge vers le bassin, surface miroir qui devient la toile.

1900 voyage à Londres : trois campagnes de peinture au cours des quelles il réalise près de 100 toiles. Qui seront exposées en 1904 chez Durand-Ruel.

Campagnes de peinture Londoniennes qui sont comme les autres marquées par le doute et l’angoisse, par la rage devant de effets de lumière fuyant, par la maladie et la tristesse d’être séparé de ceux qu’on aime et l’exaltation de la peinture.

Monet se rappel de son premier voyage à Londres en 1870, moment d’exil et de pauvreté. il fera de nombreux séjours en Angleterre, certains plus marquant comme celui de 1887, où il est introduit dans le milieu des peintres londoniens grâce a ses amis Whistler et Sargent , et enfin ce séjour de 1899-1900 voyage pour échappé a la chape de tristesse qui a envahie Giverny.

Après la mort de Suzanne, Butler décide de faire en voyage dans sa famille en Amérique avec les enfants et Marthe qui est leur « deuxième » maman.

Ce qui était un séjour familial devient une campagne de peinture !

Le Savoy devient son atelier, il peint la Tamise. Et ce Londres enfumé et embrumé, particulièrement l’hiver, où la ville est la plus part du temps dans un brouillard dense créer par la conjonctions des fumées industrielles et domestiques et de l’humidité de l’air dû à la Tamise.

Mais il peint aussi de l’hôpital st Thomas qui se trouve en face du parlement.

Monet attend l’émergence du soleil à travers le brouillard londonien. Cependant avec le printemps qui s’annonce les effets sont si changeant qu’ils ne se reproduisent pas et Monet au lieu de d’espérer a attendre le retour de ses effets éphémère multiplie les toiles et brosse rapidement chaque changement de lumière sur la Tamise.

Les toiles réalisées a Londres montrent bien comment Monet va peu à peu simplifier sa palette, depuis de nombreuses années déjà il n’utilise plus de noir, à Londres il n’utilise plus que six couleurs : blanc d’argent, jaune cadmium, vermillon, garance foncé, bleu de cobalt, vert émeraude.

Lors de sont voyage de 1901 à Londres, Monet attend ses toiles qui ont pris du retard et il fait des pastels, ce qui n’était jusqu’alors qu’un passe temps devient une technique qui lui semble être le moyen de rendre cette atmosphère Londonienne qui le fascine tant, il fera ainsi une trentaine.

L’impossibilité d’achever une toile dans ces conditions d’effets toujours changeant, force Monet a accepter comme étape nécessaire et décisive ce qui jusque là était pour lui anecdotique : le passage par l’atelier.

En effet L’atelier, c’est le moment où il sort les toiles d’une campagne est le moment où hors du paysage de l’effet changeant, il peut se concentrer sur une toile et enfin en fixer un effet définitif. C’est aussi le moment où il fait une première présentation de son travail aux amis les plus proches, Alice, Mirbeau …

Ce dernier séjours à Londres se termine dans une crise, entre la maladie, Monet et cloué au lit, et les lettre d ‘Alice faite de reproches et de désespoir.et une centaines de toiles qui pour Monet ne sont que simples ébauches.

Retour aux Nymphéas :

De retour à Giverny il retravaille ses toiles qu’il souhaite rapidement exposer.

Les dix dernières années de la vie de Monet son marquées par la crainte de la cécité, la cataracte plonge le paysage dans un « brouillard », et les crises de rhumatisme. Monet est de plus en plus insatisfait de son travail, il n’y voit que des ébauches. De plus des rumeurs commencent à dire que Monet ne peint pas d’après nature, mais en atelier. Alice ne se remet toujours pas de la mort de Suzanne et de plus les autres enfants leurs causes bien des soucis, Jacques réclame de l’argent, Germaine depuis son mariage a des crises de neurasthénie, les autres se marient et quittent Giverny.

Durand-Ruel émet des doutes sur les dernières toile et Monet ne parvient pas ce mettre a peintre piétine d’impatience quand le temps est mauvais, et quand le soleil paraît ne prend pas le pinceau. Et dans des crises de rage crève ses toiles.

Monet dans ces années 1905-1907 malgré ces crises peint des paysages d’eau, cet a dire le bassin aux nymphéas.

  1. Le dernier voyage : Venise 1908 :

Monet s’occupe de la succession de Pissarro qui vient de mourir et souhaite défendre au mieux les intérêts de ses héritiers.

Il décide de partir à Venise avec son épouse, il y passe 10 semaines, ce sera son dernier voyage. Il réside chez Mrs Hunter au Palazzo Barbaro. Ils ne doivent au départ rester que 2 semaines, mais le séjour comme d’habitude se prolonge, Monet comme d’habitude est séduit par le motif, mais déclare se dernier « impossible » , Monet peint sous l’œil attentif d’Alice est annonce avant même de commencer qu’il lui faudra un autre séjour pour espérer terminer quelque chose ; il est dès le départ inquiet de se confronté à un motif déjà tellement peint et dessiner par de nombreux artistes, mais la réalité dépasse les images qu’il a pu voir de Venise, mais il doute et dit « ne sent plus de force pour se confronter a tel paysage ».

Presque toujours en gondole, il retrouve l’atmosphère du bateau atelier sur la Seine, et le corps a corps avec le mauvais temps. Il commence plusieurs toiles, mais il ne considèrera jamais ce travail fait à Venise.

Cependant les toiles sont encore inachevées à son retour et déjà acheter par les Bernheim. Monet ne retournera jamais à Venise, en 1909 Alice est Malade, elle meurt au printemps 1911.

Monet est a ce moment, loin des chamboulements artistiques que connaissent les premières années du XXème siècle, Fauvisme, cubisme, premiers écrits futuristes, tous cela, n’est que bruit et ne le concerne pas.

Cependant il reçoit des visites : Matisse, Bonnard, Vuillard.

Régulièrement frappé de crise de profond découragement où il délaisse les pinceaux. Accablé par la maladie d’Alice, il ne peint pas pendant presque deux ans. Monet est entouré de sa famille et de ses amis, mais il reste inconsolable. Puis pour continuer à penser à Alice il Commence à retravailler les toiles de Venise, pour finalement n’avoir le sentiment que d’un immense gâchis et détruire plusieurs toiles. L’exposition des toiles de Venise chez Bernheim se fait en mai 1912, c’est à la fois un succès et un échec, les vieux amis encensent, mais des nouvelles fois se font entendre qui critique ces toiles, y voyant l’impressionnisme à l’agonie. Monnet quand a lui est persuadé que ces toiles de Venise sont très mauvaises.

Monnet n’a pas peint depuis plus de deux ans, et lorsqu’il reprend les pinceaux c’est en novice dit-il, avec l’espoir de pouvoir progresser.

Entre 1908 et 1914 c’est une des plus longue crises que connaît Monet, au cours de la quel il ne peint pas, accablé par la mort d’Alice, par le jardin et le bassin dévasté par la crue de la seine en 1910, le bassin devra être nettoyé et le berges redessinée et replanté après la catastrophe.

Sa vue baisse, et en 1912 il est aveugle de l’œil droit, une opération de la cataracte est nécessaire, mais Monet redoute cette opération qui si elle peu lui rendre la vue, peut aussi lui « changer » la vue. Mais il est aussi inquiet pour son fils Jean, très malade, qui meurt en 1914.

Blanche va alors retourner s’installer auprès de Monnet, et sera jusqu'à la fin son assistante, son « ange bleu ».

  1. Un grand projet décoratif : un testament artistique ;

Le grand projet décoratif : Les nymphéas, aboutissements de tous les tableaux précédents. Depuis toujours dans le paysage, par la dimension de ses dernières toile c’est nous spectateur qu’il fait entrer dans la peinture.

Depuis qu’Alice est morte il a le sentiment d’être fini, de plus ses problèmes de vue deviennent de plus en plus préoccupants, il sera finalement opéré de la cataracte. Mais il ouvre a nouveau son carnet, et dessine, griffonne les arabesques des nymphéas. Le ciel et l’eau son ici réunis, et se confondent sur la surface du tableau. Bien a qu’a cette époque, il reçoive beaucoup de peintres et d’amateurs, l’attention toute entière accaparée par la guerre fait qu’on ne sait que très peu de chose sur cette dernière grande campagne de peinture : les grand panneaux décoratifs.

Ce projet avait été esquisser dès 1898, mais abandonné. La dernière partie de la vie de Monet a pour but d’achever ce grand projet. Pour cela il fait construire un grand atelier, qui lui permet de mener à bien son dernier grand projet.

1914, Monet reste à Giverny, c’est la guerre Jean-Pierre, Michel, son petit fils Jim Butler et Albert (mari de Germaine) partent au combat. Monet voit ses vieux amis mourir, et la guerre apporter son cortège d’horreurs, et biens que toujours en pleine tension entre son désir de peindre et son sentiment d’impossibilité a peindre, il avance petit a petit dans son grand projet, douze toiles longues de deux mètres et haute de d’un mètre vingt, le spectateur en entouré d’eau de ciel de nénuphars, et de lumière.

« Dans cet infini, l’eau et le ciel n’ont ni commencement ni fin. nous semblons assister a une des premières heurs de la naissance du monde. C’est mystérieux poétique, délicieusement irréel, la sensation est étrange ; c’est un malaise et un plaisir de se voir entouré d’eau de tout cotés sans en être touché. »René Gimpel.

Depuis 1897, les tableaux faits du bassin de nymphéas montre une dilatation de l’espace, il n’y a plus ni sol ni ciel, car tout est contenu dans la surface réfléchissante du bassin ; depuis longtemps Monet travail ce motif, et le construit comme une série, et les exposent a plusieurs reprise en prenant soin de ne pas disperser les tableaux.

Monet semble être dans un éternel commencement, repoussant l’achèvement des tableau, en commençant toujours plus d’ébauches.

1918, jour de l’armistice, Monet écrit a Clémenceau, et propose d’offrir ses grands panneaux à l’état, « sa manière de prendre part à la victoire ».

De nombreux visiteurs voient les panneaux en court d’exécution, ils sont tous époustouflés par la force de ces grands panneaux.

Monet fera faire un système de châssis a roulettes pour pouvoir les déplacer dans le grand atelier a éclairage zénithal. Qui lui permet de voir les panneaux a la suite des autre. Il est alors porté par la force de ses panneau et y travail sans relâche. En 1920 on compte plus de 170 mètre de toile peinte,

La donation : après plusieurs projets avorté, c’est en 1921 qu’est décidé l’aménagement deux salles en sous sol de l’Orangerie des tuileries pour y disposer les panneaux. Mais Monet ne veut donner les toiles qu’après sa mort, et pendant ce temps sa vue baisse, et Clémenceau qui le voit retravailler ses panneaux s’inquiète qu’il ne gâche tout ! Monet discute incessamment l’agencement des panneaux. Monet subit plusieurs opérations sa vue ne s’améliore pas et passe par des période où il voit tout jaune, ou tout bleu. C’est en 1925 qu’il voit une nette amélioration de sa vue.

Monet meurt en 1926, d’une tumeur aux poumons.

« Je n’ai que le mérite d’avoir peint directement devant la nature, cherchant à rendre mes impressions devant les effets les plus fugitifs. »Monet

L’œuvre de Claude Monet a aujourd’hui une place incontournable dans l’histoire de l’art. C’est une figure qui sera une référence pour de nombreuses générations de peintres. Sa lutte solitaire avec la peinture au cœur des éléments hostile reste une image forte.

Mais il faut aussi souligner la place de son œuvre et de sa démarche qui permettra aux générations suivante de faire une vraie révolution.

En ce qui Concerne Matisse, ce dernier se sent impressionniste, Kandinsky dira de lui « il a l’impressionnisme dans le sang », ce sera pour Matisse à partir des années 1896-1898 la première réelle confrontation aux difficultés de la peinture, et de l’engagement totale qu’elle exige.

Matisse reconnaît appartenir à cette génération où tout doit sortir de la sensation. Le sujet de prédilection d’expression de cette sensation sera le paysage.

Le développement du paysage au XIXème siècle sera selon les frères Goncourt, « la victoire de l’art Moderne, Le bonheur de la peinture ».

Matisse qui vient de l’école des beaux arts, y a trouvé une autorité, celle de la peinture « stable », élaborée grâce à la mémoire. Avec l’impressionnisme, le peintre sort de l’atelier, se place dans le paysage et est confronter au changement perpétuel, à la sensation du temps qui passe. Les paysages impressionnistes sont souvent aquatiques, Fleuves, Mer, qui est l’élément le plus changeant du paysage, variant selon la lumière et le temps, laissant voir le passage des nuages, instable et fluide, l’eau est la métaphore du temps. Si Monet entame des séries, c’est qu’il souhaite isoler des instants de monde en changement perpétuel, est confronté aux limites de l’impression.

Avec un sentiment de perte permanent. Ce sentiment créer la rupture entre La Nature et l’homme. C’est adire confronte l’homme a son impossibilité a saisir la « vraie » Nature. C’est ce sentiment qui conduira certains artistes comme Mondrian, Kandinsky, Malevitch qui passe tous par l’impressionnisme , a aller cherche la « vrai » Nature dans ses fondements scientifiques, et s’inspirer de ceux ci pour « représenter » la Nature. Une nature abstraite.

Face a ce paradoxe d’autres peintres, Gauguin, Cézanne et Matisse, passe de l’impression a la sensation.

L’impressionnisme cherche à rendre la variation de la lumière – du soleil- dans le paysage. Les post impressionniste, comprennent que le soleil, ne peut se peindre que grâce à la couleur pure. Le problème qui se pose aux peintre est celui de la couleur, qui si elle restitue le ton local, est objective, si non devient décorative et donc subjective. Ceci le conduit à libérer la couleur de son obligation descriptive, et utiliser la couleur c’est à dire le soleil, pour son énergie et dons pour sa capacité à donner un sentiment. Ce processus sera le cheminement que suivra Matisse dans sa conquête de la couleur.

Il ira a « à la reconquête de l’éblouissement inaugural », car il cherche a surmonter l’impressionnisme sans en perdre les apports. Cherchant a restituer une impression intérieur.

Bibliographie :

  • Histoire de l‘art, E.H Gombrich, Gallimard 1997
  • Histoire de L’art moderne de l’impressionnisme à nos jours, article impressionnisme Bernard Denvir, Flammarion1989.
  • Histoire matérielle et immatérielle de l’art Moderne. Florence de Mèredieu. Bordas culture, 1994.
  • Monet, une vie ans le paysage, Marianne Alphant, Bibliothèque Hazan 2010
  • Claude Monet, Les nymphéas Georges Clémenceau, édition Bartillat 2010
  • Matisse Pierre Schneider 2002 Flammarion Paris

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Caroline 02/04/2015 22:40

Biographie très documentée et vivante. Pourriez-vous trouver un correcteur pour l'orthographe/ traduction ?