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Art-Histoire-Littérature

Fernand Léger, un peintre de son temps.

11 Décembre 2014 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

La rencontre entre Fernand Léger et Tériade remonte aux années vingt, quand ce dernier était critique d’art pour la revue l’Intransigeant aux cotés de Maurice Raynal. C’est en 1928 que Tériade publie aux Cahier d’art un long article où il souligne la grande liberté et la force plastique des oeuvres de Fernand Léger. Célébrant tout particulièrement ses natures mortes d’une grande modernité qu’il intitule « objets dans l’espace ».

Ce qui passionne Tériade dans l’oeuvre de Fernand Léger c’est : « la certitude de se trouver devant une œuvre nouvelle, « moderne » et qui semble exalter les puissances et qualités vitales de notre époque. » Ce sera dans les années cinquante que leur amitié se concrétisera dans la réalisation de deux livres illustrés.

Grâce à la donation Alice Tériade, les collections du Musée Matisse se sont enrichies de quatre toiles de Fernand Léger, permettant d’évoquer différentes périodes de l’œuvre de l’artiste et deux livres foisonnant : Cirque et La ville.

Cette conférence retracera la vie de l’artiste, à partir de ses premières toiles aux tonalités impressionnistes. Sa participation au mouvement cubiste. La mise en place de sa « théorie des contrastes ». Sa fascination pour la vie moderne, et son désir de s’y inscrire par la réalisation de grandes décorations. Fernand Léger affirme sa volonté de faire une peinture qui restitue le monde nouveau qui prend forme sous ses yeux.

  1. 1881-1910 les premiers pas d’un jeune peintre :

C’est à Argentant, dans l’Orne, que nait Fernand Léger, dans une famille d’éleveurs de bovins. Fils unique, il est dès l’âge de trois ans orphelin de père. Sa mère semble d’un caractère plutôt effacée, elle est très pieuse.

« Si mon père avait vécu quelques années de plus, j’aurais été comme lui un marchand de bœuf. C’est sur. J’était costaud, j’aimais aller dans les herbages voir les bœufs. C’est étonnant la vie des grands éleveurs… J’ai passé toute mon enfance en Normandie, cela m’a donné des bases solides, rudes. » Entretient avec D. Vallier Intérieur de l’art.

Fernand Léger reconnait qu’il était un mauvais élève, et que ses intérêts ce portaient uniquement sur le dessin et le gymnastique ! Ce qui explique pourquoi après être passer par le collège d’argentant sa mère décide de l’envoyer en pension privé. Contre l’avis de sa famille il commence un apprentissage en architecture, travaillant d’abord chez un architecte à Argentant puis chez un autre architecte à Caen pendant deux ans.

Ce serait en 1900 que le jeune homme, contre la volonté de sa famille part pour Paris. Il montre alors une volonté farouche de faire de la peinture, il s’inscrit à l’académie Julian, tente le concours d’entrée à l’école des beaux arts et y échoue. Il fréquentera néanmoins l’école en auditeur libre. Il va également passer dans l’atelier du peintre orientaliste Léon Gérôme.

« …Quand vous avez passé six mois à l’école des Beaux arts vous savez faire un portrait, tous les élèves savent faire un portrait de leur grand mère cela ne prouve pas qu’ils aient du géni. » fonction de la peinture F. Léger.

Afin de subvenir à ses besoins, il fait des petits travaux de retouche pour un photographe ou encore des dessins pour un architecte.

Au cours de ses premières années parisiennes Léger peint des portraits ou des paysages, avec une palette et une touche très inspirée des impressionnistes. Pour Fernand Léger l’impressionnisme est le premier mouvement a libéré formes et couleurs de l’obligation de l’imitation.

  • Portrait de l’oncle, le jardin de ma mère. Paysage Corse (où il fait deux séjours, 1907-1908, suite à un soupçon de tuberculose)

« J’ai commencé par faire des toiles dans le genre impressionnistes, tout de suite après j’ai eu une réaction contre l’impressionnisme … et j’ai eu cette réaction par ce que j’ai senti que l ‘époque des impressionnistes avait été naturellement mélodieuse alors que la mienne ne l’était plus »

On remarque que Fernand Léger va rapidement être conscient de vivre une époque très particulière qui se distingue radicalement de celle des générations antérieures. Il sera attentif à en déterminer les nouvelles caractéristiques. Cette période « post-impressionniste » est peu connue car Fernand Léger détruira le majeur parti des toiles peintes à cette époque. Bien que certains paysages corses aient été exposés au Salon D’automne.

Cette année 1907 est marquée par l’exposition rétrospective de Cézanne au Salon d’automne que Fernand Leger découvre, et suivant son exemple travail sur les volumes.

Il va pendant quelque temps habiter la Ruche. Ce foyer d’artistes qui se situe à Montparnasse est un peu le pendant du Bateau Lavoir de Montmartre. La Ruche est un pavillon construit lors de l’exposition universelle de 1900, qui est remonté à Vaugirard en 1902 grâce au peintre Boucher. Cette rotonde de trois étages à l’armature de poutrelles métalliques permettant de larges ouvertures, a été reconvertie en ateliers d’artistes qui existent encore aujourd’hui. Ces ateliers pouvant rassembler jusqu'à 140 artistes, le lieu est de ce fait un foyer artistique et intellectuel fécond. Dans les années 1908 des artistes aussi variés que Fernand Léger, Henri Laurens, Marc Chagall, Soutine, Archipenko y vivent et y travaillent.

  1. Fernand Léger Cubiste 1910-1914:

Fernand Leger visite assidument les galeries d’art moderne, une en particulier attire son attention : celle de Daniel Henri Kahnweiler. Ce jeune intellectuel allemand va fonder la galerie qui deviendra la vitrine des peintres cubistes, c’est ainsi qu’inspiré par les paysages de Braque, que Léger rejoint le mouvement Cubiste.

  • La couseuse 1910 portrait de sa mère

Fernand Léger cherche à appliquer la leçon de Cézanne, qui nous dit que la nature n’est que cubes cônes et cylindres, mais il y ajoute une recherche sur le mouvement. La première œuvre importante ainsi élaborée, est le tableau :

  • Nus dans la forêt qu’il expose en 1911 au salon des indépendants.

Fernand Léger a trente ans et travail de long mois à la composition de son tableau, où les corps sont intégrés dans le paysage. Ce tableau remarquer par la critique, et par Apollinaire « Léger a encore l’accent le moins humain de cette salle. Son art est difficile, il crée si on ose le dire la peinture cylindrique et n’a point évité de donner à sa composition une sauvage apparence de pneumatique entassés. N’importe ! La discipline qu’il s’est imposé mettra de l’ordre dans ses idées et l’on aperçoit déjà la nouveauté de son talent et de sa palette. » Louis Vauxcelles donne a ce tableau la qualificatif de « tubiste ».

Fernand Léger s’explique quelques années plus tard, et décrit le besoin de construction qui se fait alors ressentir après la dissolution de la forme dans la lumière des impressionnistes et néo impressionnistes, et parle du long travail de composition de ce tableau, où il recherche à la fois un dépouillement, une certaine austérité, ce qu’il obtient par le choix de sa palettes, et la géométrisations des formes.

« En somme, j’ai réagi contre l’impressionnisme, non pour son excès de couleur, mais pour son manque de forme constructive » lettre à D.H Kahnweiler 1919

Mais il cherche aussi une peinture plus conceptuelle, et va appliquer à la forme, ce que les divisionnistes ont appliquer à la couleur : la fragmentation. Léger parle alors d’un divisionnisme « dynamique »pour lui cette approche nouvelle de la forme est le meilleur moyen d’évoquer la vie moderne.

Dès les toiles suivantes en effet Léger réintroduit la couleur, en à plats, en contrastes avec des formes en volumes construites et modeler par la lumières dans des tonalités neutres. La noce 1910-1911

  • La femme en Bleu 1912 (exposée au salon d’automne et à la section d’or)
  • La noce

« J’ai senti que je m’étais libéré de Cézanne, et que en même temps j’étais allé très loin de la mélodie impressionnistes ».

Cependant les toiles de cette période sont peu lisible, la forme et le fond se confondent et les objets peu reconnaissables, ceci nous permet de comprendre comment Léger va continuer ses recherches formelles mais avec des compositions de plus en plus abstraites.

Ces années sont marquées par son amitié avec Delaunay, tous deux recherchent alors dans leur peinture à traduire un sentiment dynamique et ce par la couleur. Leurs recherches les conduisent au Louvre qu’ils visitent avec Le douanier Rousseau. Il va également nouer des amitiés du coté de Puteaux, où il rencontre régulièrement les frères Duchamp-Villon, André Mare, Albert Gleizes, Jean Metzinger, tous membre de la société normande de Peinture.

A Montparnasse on voit naitre des revues comme le Mercure de France ou Vers et Prose, où seront publiés plusieurs articles sur le cubisme. F.L. côtoie ainsi de nombreux intellectuels, et va commencer lui aussi à théoriser ses recherches. C’est dans ce milieu intellectuel qu’il rencontre Jeanne Lohy qui deviendra son épouse.

C’est à partir de cette époque que Fernand Léger commence à écrire des conférences, ou des articles où il argumente ses choix esthétiques. Si Léger met en place des théories, c’est avant tout pour donne une légitimité intellectuelle a son travail, et donner des clés intellectuelles pour permettre aux spectateurs de mieux comprendre cette démarche. Ses premières conférences seront données à l’académie Wassilief. Où il commencera également une carrière d’enseignant.

En 1913 il déménage pour un nouvel atelier Rue Notre Dame des champs, qu’il occupera toute sa vie. Et signe un contrat avec le marchand de tableau D.H. Khanweiler, le peintre vit enfin pour la première fois de son art. Alors engager dans le mouvement cubiste il détruira de nombreuses œuvres antérieurs, post impressionnistes. Il expose régulièrement au salon des indépendants, et enverra une série d’étude à New York pour l’exposition de l’armory show.

F.L. prend ainsi sa place au sein des cubistes, bien que cette position lui soit contestée.

Pour lui ces forts contrastes entre à plats de couleurs et formes construites permet de donner un effet dynamique à ses compositions. On remarque que la forme et fond se confondent de plus en plus, et on voit pas à pas s’élaborer ce qu’il appellera sa « théorie des contrastes de formes et de couleurs ».

« J’oppose des courbes à des droites, des surfaces plates à des formes modelées, des tons locaux purs a des gris nuancés… »

  • Série des contrastes de formes.

Fernand léger va explorer à travers plusieurs toiles, sur différents sujets, ce nouveau langage qu’il a ainsi mis au point. Les formes sont cernées de noir, la couleur est utilisée de manière franche et isolée, sur une toile non préparée à tonalité grise, en « zébrures » renforçant les rythmes plastiques. Les volumes simples sont rendus grâce à des effets d’ombre et de lumière. Le sujet et petit à petit abandonner, pour aboutir à des compositions abstraites. L’historien d’art Clément Greenberg, soulignera que Fernand Léger par ses recherches conduit le cubisme analytique à sa conclusion logique l’abstraction totale.

« Ca a moins de charme, mais c’est incomparablement plus fort » F.L.

C’est à la même époque dans les années 1912-1913, que Mondrian, ou Kupka feront leurs premières compositions abstraites. Cependant Léger reviendra rapidement au sujet et la figuration.

Cette périodes a plusieurs fois été mis en parallèle avec le futurisme de Marinetti, en effet Léger s’intéresse à la traduction du monde moderne dans sa peinture par la recherche d’effets dynamiques, et si il est fasciner par l’accélération que connaît la vie moderne, ses recherches formelles n’ont pas la dimension politique des futuristes, qui sont anarchistes.

Fernand Léger recherche dans ses contrastes de formes et de couleurs, à mettre en place des rapports formel, d’opposition de lignes, de surfaces et de couleurs afin de créer pour le spectateur cet effet dynamique qui pour lui est le plus proche possible des sentiments que font naître en lui la vision de la vie moderne. Les textes qu’il écrit reviennent plusieurs fois sur l’agression pour les sens que produit la multiplication des machines et des moteurs, ainsi que les couleurs criardes de la publicité. Néanmoins ce qui le rapproche des futuristes est une conscience aigue d’un sentiment de violence exacerbé qui sent autour de lui. C’est cette violence qui pour Léger justifie cette théorie de contraste qui pour lui exprime son époque.

« Le contraste a toujours fait peur aux gens paisibles et satisfait, qui adorent l’état de paix au mauvais sens du mot »

  • Femme en rouge et vert 1913
  • L’escalier 1914
  1. 1914-1918 Fernand Léger et la guerre

C’est en aout 1914 que Fernand Léger est mobilisé, il a 33 ans. D’abord comme sapeur, puis comme brancardier, il connaitra les tranchées de L’Argonne et de Verdun. Engager depuis plusieurs années dans une recherche esthétique il a le sentiment d’être arrêter en pleine course par la guerre, et se lamente de plus pouvoir peindre et du temps perdu.

Cependant cette expérience extrême marque profondément Fernand Leger, il est d’une part vivement touché par la chaude camaraderie des tranchées. Et bouleverser par la violence, le rythme accélérer que produisent les machines, les bombardements.

Si il ne peut pas peindre, il dessine, feuilles de carnet, morceaux de carte d’état Major, n’importe quel bout de papier lui permet de croquer rapidement des scènes de la vie quotidienne sur le front. Ses dessins montrent des éléments qu’il ré exploitera dans ses compositions d’après guerre : les machines.

1915 fronts de l’Argonne, lettre à Jeanne :

« Il n’y a pas plus cubiste qu’une guerre comme celle là qui te divise plus ou moins proprement un bonhomme en plusieurs morceaux et qui l’envoie aux quatre points cardinaux. »

« La guerre est une chose tout à fait grise et incolore… le champs de bataille un désert de terre brune uniforme »

«La guerre fut grise et camouflée : une lumière, une couleur, un ton était interdit sous peine de mort. Une vie de silence, une vie nocturne a tâtons, tout ce que l’œil pouvait enregistrer et percevoir devait se cacher et disparaître. Personne n’a vu la guerre, caché, dissimulé, à quatre pattes, couleur de terre, l’œil inutile ne voyait rien »

C’est lors d’une permission qu’il peint

  • Le soldat à la pipe 1916

Sévèrement gazé il passera la suite du conflit dans différents hôpitaux militaires, où il peint :

  • La partie de carte 1917 (cf. Cézanne)

Ces deux tableaux seront ses seules scènes de guerre.

Pendant ce temps à Paris, Son marchand D.H. Kahnweiler, de nationalité allemande doit s’exiler en suisse, et voit tous les tableaux de sa galerie mis sous séquestre, il ne peut plus honorer les contrats établis avec les peintres. Qui pour certains dépendent de lui pour se nourrir.

Blaise Cendrars : « C’est à la guerre que Fernand Léger a eu la révélation soudaine de la profondeur d’aujourd’hui… Les escadres d’aéroplanes, les convois de camions, Les bouches à feu en flûte de pan, les moteurs américains, les conserves anglaises, les soldats internationaux, les chimies allemandes, la culasse de 75 tout porte la marque d’un formidable unité »

  1. 1918-1920 Les éléments mécaniques, La ville.

« Avant guerre, pas de décision, lutte contre les influences, contre le goût, timidité, flottement. Trois années de guerre sans toucher un pinceau, mais contact avec la réalité la plus violente la plus crue. Aussitôt libéré je bénéficie de ses dures années j’atteint une décision. Je modèle de ton pur dans le gros volume, sans aucunes concessions, j’entends dépasser les arrangements de goût, les grisailles, les fonds en surfaces mortes. Mon ambition est d’arrivé au maximum de rendement pictural par tout les moyens plastiques contrastées. »

Lettre à Léonce Rosenberg 1919

La guerre est finie. Fernand Léger guéri, démobilisé reprend la peinture. Un nouveau marchand de tableau va le prendre sous contrat, Léonce Rosenberg. Sa galerie L’Effort Moderne, rassemble de nombreux peintres, dont Juan gris, Auguste Herbin. A cette époque il se sent isolé, mal aimé, incompris.

Le monde des machines et des ouvriers devient le nouveau sujet de Fernand Léger. C’est une nouvelle guerre que connaît alors le pays, une guerre économique. Développement des industries, des machines, production industrielle des objets. Omniprésence des panneaux publicitaires. Le paysage se transforme, pour laisser la place aux voitures, remorqueur, pylônes électriques. Pour F.L. « Une œuvre doit être significative dans son époque ». On peut dire que Fernand Léger est enthousiaste devant ce monde moderne, c’est un nature optimiste il le voit de façon positive, mais pas naïve. Son expérience de la guerre lui a aussi montré un l’autre aspect de la machine.

« Je n’ai nullement l’intention de prétendre qu’il n’y a que cela. L’élément mécanique est un moyen non un but. Je le considère simplement matière première plastique, comme les éléments d’un paysage, ou d’une nature morte » fonction de la peinture Fernand Léger

  • Les disques 1918 mettre en parallèle avec Delaunay
  • La ville 1918

paysage fragmenter, lettres typo, surfaces « rapides ».Ce tableau est conçu lors des promenades parisienne, exposé dans différents salon internationaux entre 1920 et 1935 il est acheter par le collectionneur américain, A.E. Gallatin, et offert au musée de Philadelphie, en même temps que l’ensemble de la collection

  • Le Remorqueur 1918
  • Le pont du remorqueur
  • Le cirque Médrano apparition du thème du cirque dans l’œuvre de léger, qui deviendra un thème récurrent.

Et c’est ce nouveau monde qu’il veut traduire dans sa peinture. Il doit donc trouver des moyens plastiques pour le faire. On constate qu’il travail ses fond en à plats de couleurs, les corps sont modelés mais en grisaille. Il met en place de nouveaux contrastes, reprend ses principes de contraste de formes et de couleurs d’avant guerre, mais avec des moyens plastiques, plus simple, plus épuré, plus direct. « Les tons purs, les bleus, les jeunes, s’échappent du tableau et vont s’inscrire dans les affiches, dans les vitrines, en bordure des routes, dans la signalisation, la couleur était devenue libre »

Il va, par la simplifications des formes et des couleurs, trouver le moyen de sortir du cubisme, sa démarche peut se comparer à celle des cubistes synthétiques à la même époque, qui travail aussi par simplification et fragments significatif de la forme, Mais ses œuvres différents par la couleur, et le dynamisme. Après ces années grises que furent les années de guerre Fernand Léger fait éclater les couleurs.

André Salmon : « Le plus prompt à souhaiter, à vouloir la renaissance de la couleur , le salut de la forme étant assurer, et l’un des plus heureux dans cette voie , fut a coup sur Fernand Léger » L’art vivant.

Il essaye de restituer dans sa peinture ses sensations de vitesse, lumières, couleurs.

« Maintenant, les chemins de fer, les autos, avec leur panache de fumée ou de poussière, prennent tout le dynamisme pour eux, le paysage devient second, décoratif. Les affiches sur les murs, les réclames lumineuses sont du même ordre d’idée » Fonction de la peinture Fernand Léger

Lors d’une visite au salon d’aéronautique du Bourget, en compagnie de Duchamp et Brancusi, ils sont fascinés par la beauté formelle des différentes pièces mécaniques, hélices, moteurs, piston. Duchamp : « si nous ne pouvons pas faire aussi bien nous sommes finis ».

Ils ont le sentiment d’une sorte de concurrence entre l’objet industriel et l’œuvre d’art. Ce qui conduit Léger a rechercher un fini. Les formes son également précises et dessinée avec netteté, il affirme la référence à l’objet industriel.

« Mon époque m’entoure d’éléments fabriqués si au point, si réalisés ! J’ai voulu faire aussi bien. Une magnifique hélice d’avion, un fragment mécanique, une belle pierre ramassée sur la plage. Pas question de copier cela, mais de faire aussi bien » F.L.

  • Le mécanicien 1918

Ce tableau par son sujet, fait parti d’un ensemble d’œuvre que peint à cette époque Fernand Léger. L’homme et la machine sont confrontés dans ses compositions. Le traitement du corps, donne à celui ci l’aspect d’une machine, le corps et la machine ne semble plus se distinguer que par la couleur. Le fond est composé d’aplats colorés formant une structure orthogonale, sur le quel se détache le corps du mécanicien, gris, le modeler donne du volume qui corps, qui apparaît comme le corps d’un robot.

Il est possible de voir dans ce sujet, comme le décrit Arnaud Pierre un parallèle entre l’artiste et l’ouvrier ou encore l’acrobate : les travailleurs de la précision.

« Un ouvrier n’oserait pas livrer une pièce autrement que nette, polie, brunie. Rien n’est éparpillé, tout fait bloc. Le peintre doit cherchera réaliser le tableau propre, possédant le fini. » Il recherche à créer un choc visuel. Il a le sentiment d’être en concurrence avec le monde moderne, où la moindre réclame devient spectacle.

« L’objet fabriqué est là, absolu, polychrome, net et précis, beau en soi ; et c’est la conscience la plus terrible que jamais artiste ait subi. Question de vie ou de mort, situation tragique, mais combien neuve ! » L’esthétique de la machine Fernand Léger 1924.

  1. Réinventer la peinture classique :

Mais très rapidement Fernand léger va s’éloigner de ces sujet « moderne » pour commencer à mettre en place de grandes compositions, aux sujets beaucoup plus classique, mais où il propose de les revisiter avec son style de « contrastes des formes et des couleurs » dont il se sent alors en pleine possession.

Il a alors une réputation d’artiste d’avant garde, et en dehors des toiles qu’il doit réaliser sous contrat avec Léonce Rosenberg, il conçoit de très grands format pour être présenter dans les Salons. Ces grands format « hors contrat » sont pour Léger le moyen de concevoir des manifestes, et ainsi affirmer ses partit pris esthétiques. Pour Léger ces grandes composition revendiquent le statut de chef d’œuvre à l’égale des chefs d’œuvres des compagnons du tout de France : pièce maitresse rassemblant les preuve du savoir faire technique et esthétique de l’artisan.

La figure humaine prend alors une place centrale, mais c’est une figure transformée en type : personnages aux corps massifs, qui ne sont plus désarticulés, où constitués tel des robots, mais qui ont tous le même visage, inexpressifs et impersonnels, qui pourrait être rapprochés des visages des mosaïques Byzantines. Fernand Léger ne fait pas de portraits, mais intègre la figure dans sa composition.

« Pour moi la figure humaine, le corps humain n’ont pas plus d’importance que des clés ou des vélos, C’est vrai. Ce sont pour moi des objets valables plastiquement et a disposer selon sont choix » Fonction de la peinture F Léger

« Je sais que cette conception très radicale de la figure-objet révolte pas mal de gens, mais je n’y puis rien » en effet cette manière de peindre les corps comme des objets choquera ses contemporains.

Lorsqu’il réalise ces grandes compositions, Il se place volontairement dans une tradition qu’il revendique, celle de la peinture de Ingres ou de David. Il veut fonder un « classicisme moderne » (Christopher Green.)

Pour lui le bain turc de Ingres montre précisément ce qu’est de la peinture, non pas une copie de la nature, mais une création formelle qui a pour but l’expression picturale. Mais Il distingue bien la peinture romantique de la peinture classique, il veut quant à lui faire une peinture classique où le sujet est intériorisé, et rendu par les moyens plastiques, avec une recherche d’ordre et de raison.

  • Le grand déjeuner 1921
  • La femme et l’enfant (cf. Le Nain)
  • La lecture 1924, Le personnage n’a pas de cheveux car L. a besoin d’un 0 dans sa compo a cet endroit.
  • la liseuse 1920.

Ces grandes compositions, sont l’aboutissement d’un travail très élaboré. De nombreux dessins préparatoires permettent de composer, ces enchevêtrements d’espaces, cadres, fenêtres, portes, ornés de motifs décoratifs ou d’aplats qui à la fois décomposent l’espace en plusieurs plans tout en ramenant ces différents éléments sur un seul plan. Les objets et figures s’intègrent dans cet espace avec précision permettant de relier les espaces ainsi fragmenter, pour composer un seul espace : celui du tableau.

« Avant tout état définitif, vous avez un dessin, une aquarelle, plusieurs états en différentes dimensions (tous complet en soi). Lorsque j’attaque l’état définitif, je suis complétement maître de mes moyens, je les domines » lettre à Rosenberg 1919.

« Toute création objective humaine est dépendante de lois géométriques absolues. Toute création plastique humaine est dans ce même rapport. Le rapport de volumes de lignes et des couleurs demande une orchestration et un ordre absolus. Toutes ces valeurs-là sont indiscutablement en puissances dispersées dans les objets modernes comme les aéroplanes, automobiles, machines agricoles. » Fernand Léger, lettre à Léonce Rosenberg.

Ces années 20, se caractérisent à Paris par un certain retour à l’ordre dans les beaux arts. Où une idée du classicisme et la référence à la peinture classique est dans l’air du temps. Mais un classicisme « moderne ». Où la composition serait non plus mue par la volonté expressive « dans le sens romantique » de l’artiste mais par une volonté de contrôle et de réflexion, où règne la raison : le dessin (voir conf conflit du dessin et de la couleur).

C’est à ce moment que Ozenfant et Le Corbusier (Charles Edouard Jeanneret) vont fonder la revue « l’esprit nouveau », ils admirent les peintures primitives, les fresques byzantines, et prône la naissance d’une peinture qui serait la matérialisation d’une idée.

Ils vont fonder le Purisme, ce courant artistique se veut moderne, et donc scientifique. Mais aussi classique, en réfutant la spontanéité et l’expressivité, au profit de la raison, et ce par la clarté de la conception. Les sujets sont le plus souvent des natures mortes. La forme est épuré, simplifié, pouvant même se réduire à un signe plastique et la réalisation et précise et nette. La modernité, n’est pas dans le sujet, amis dans la conception, et le choix des moyens plastiques mis en œuvre. « Il y a un esprit nouveau, c’est un esprit de construction, et de synthèse guidé par une conception claire » Le Corbusier 1920.

Fernand Léger réalise ses grandes compostions « classique », dans cet esprit puriste. Ses sujets sont des scènes familiales, un peu bourgeoises, inspirées par ses dimanches de Fontenay aux Rose où avec Jeanne ils reçoivent leurs amis dont le couple Raynal et leur jeune fils.

Il faut aussi souligner la volonté pédagogique qui animes Ozenfant qui fondera plusieurs écoles (en France et aux US) au cours de sa vie, et qui donnera ses premiers cours à l’académie moderne, Où Fernand Léger commence lui aussi sa carrière de professeur. On retrouve dans leurs recherches, et leur volonté de transmettre et théoriser ses dernières, la même dynamique qu’à l’école du Bauhaus, où enseigne Paul Klee, Kandinsky, Joseph Albers.

  1. 1920-1925 Livre, cinéma, ballet…: une peinture en mouvement.

Au lendemain de la guerre, Léger retrouve son ami le poète Blaise Cendrars, leur expérience commune du front les rapproche. Ils se retrouvent place Clichy, contemplent les échafaudages, les affiches et leurs typos, et partent déambuler dans la ville et refaire le monde.

« A la même époque j’ai connu Blaise Cendrars aussi, mais c’était complétement différent avec lui, on avait les mêmes antennes. Il est comme moi il ramasse tout dans la rue, on s’est enchevêtré avec lui sur la vie moderne, on a foncé… »

Ils se passionnent pour toute sorte de spectacles, vont au Music Hall, dans les fêtes populaires, c’est ensemble qu’ils vont régulièrement au cirque Médrano, où ils se lient d’amitié avec les frères Fratellini, (projet de costume).

Blaise Cendrars à déjà écrit plusieurs poèmes : Prose du Transsibérien en 1913, qui est illustré par Sonia Delaunay.

Puis, J’ai tué en 1918 où il parle de son expérience de la guerre, ce texte édité aux « Belles éditions » sera illustré par Fernand Léger.

Blaise Cendrars et Fernand Léger se passionnent alors pour le cinéma, passion qui remonte aux années d’avant guerre et qui rassemblait, Apollinaire, Pierre Reverdy, Riciotto Canudo, ou encore Léopold Survage. Ils écrivent leur passion dans des revues comme « les soirées de Paris ».

« J’ai éprouver devant tel film une émotion plus intense et au moins aussi pure que devant les œuvre d’art que j’ai préféré. » Pierre Reverdy, 1918.

Blaise Cendrars écrit alors un scénario « La fin du monde filmé part L’ange Notre Dame », ce scénario jamais réalisé, est édité aux édition La sirène, accompagné de 22 illustrations de Fernand Léger réalisées au pochoir. Grandes compositions colorées mêlant formes et caractères typographiques. Ils ont aussi un pour projet de réaliser un livre sur le cirque, mais ce dernier ne sera jamais réalisé, si ce n’est de nombreuses années plus tard en solo, par Léger aux éditions Tériade.

En 1919-1920 Abel Gance tourne La roue, Blaise Cendrars est son assistant, et Fernand Léger le conseiller technique. Léger est frappé de l’importance que prend la machine dans le film, et l’effet d’intensité et le dynamisme qui se dégage de ces images.

Fernand Léger commence alors a écrire un scénario de dessin animé : « Charlot cubiste ». Ce scénario ne sera jamais réalisé, mais Leger va avoir l’occasion de faire un film, grâce a sa rencontre avec un opérateur des studios d’Hollywood, Dudley Murphy.

Dès ses premiers films Dudley Murphy s’intéresse à la synchronisation entre la musique et l’image afin de créer des « Visual symphonies ». Décidé a étudier les procéder de synchronisation, il part pour l’Europe et rencontre à Paris le photographe américain Man Ray. Ils mettent ensemble un projet au point, ave la collaboration du musicien américain George Antheil (ils s’intéresse aux rythmes de machines et aux compositions pour piano mécaniques) et le poète Ezra Pound. Mais ils manquent de moyen financier et recherchent un producteur : ce sera Fernand Léger.

Si les premières images sont tournées avec Man ray, Le projet sera rapidement par Fernand Léger qui y ajoute sa note personnelle.

Les techniques cinématographique permettent de réaliser le rêve de F.L. mettre l’objet à l’honneur, lui donner le premier rôle, et jouant sur des effets, zoom, de hors champs, afin de donner du rythme.

C’est aussi le moyen de donner vie aux nombreuses impressions que lu inspire la ville depuis quelques années.

Le film repose sur deux idées clés : pas de scénario, Léger ne veut pas d’un film qui serait une illustration d’une œuvre littéraire. Une totale indépendance, garantie par le fait que Fernand Léger lui même finance le projet.

L’idée est de créer un film qui soit une véritable composition rythmique, les différentes séquences seront réunie grâce a un leitmotiv : l’opposition entre l’home et la machine. « L’objet dans la peinture moderne devrait devenir personnage principal et détrôner le sujet. Si donc le personnage, la figure, le corps humain devient objet, une liberté considérable est offerte à l’artiste moderne. A ce moment il lui est possible d’utiliser la loi des contrastes qui est la loi constructive dans toute son ampleur ».

Les notes de Fernand Leger, montrent que pour ce film son intérêt se portait tout particulièrement sur le miroitement, les surfaces métalliques, et réfléchissantes, ainsi que sur les formes géométriques. Le fil est un montage très rythmé, de plans successifs, gros plan, détails, fragments.

Pour léger le film n’a pas de sens sans son accompagnement musical et George Antheil prend du retard. Mais une fois cette dernière livrée, Léger sera ravie du résultat ! Et, lors de ses déplacements Fernand Léger en a toujours une copie afin de le présenter. Il existe aujourd’hui plusieurs versions du film, qui a été de nombreuses fois remonté par Fernand Leger, qui en fait une sorte de « work in progress ». La dernière version date de 1935.

Ce film fut un échec commercial, mais aujourd’hui il a une place particulière dans l’histoire du cinéma.

Au début des années 20 Léger va également s’investir dans la réalisation de costumes et de décors pour le Ballet.

Les Ballets Suédois sont nés grâce a un riche industriel, Rolph de Maré qui décide produire une troupe de ballet, concurrente des Ballets russes. Et aux chorégraphies modernes et inventives du danseur suédois Jean Börlin (1893-1930), ancien élève de Michel Fokine, (chorégraphe et danseur des Ballets russes). Les livrets sont écrits par Claudel, Cendras, Picabia, ou Cocteau, les musiques composées par Arthur Honegger, Erik Satie, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Ou encore Cole Porter qui composera le premier ballet Jazz de l’histoire (1923).

Fernand Léger ferra les costumes et décors de deux créations : Skating Rink et La création du Monde.

1922, Skating rink : Livret de Canudo, et Musique de Honegger. Le ballet représente une piste de patinage où s’amusent et se confrontent divers personnages. Où s’opposent les patineurs populaires, et les mondains, les hommes et les femmes. Les décors sont abstraits et vivement colorés. Fernand Léger conçoit les costumes de manière à intégrer les danseurs dans le décor. L’idée de faire se fusionner danseurs et décor. « Le spectacle : lumière, image mobile, objet spectacle »

Le ballet tournera en Allemagne où il aura un immense succès, renforçant les liens privilégiés qui unissait déjà Fernand Léger à l’Allemagne ( son marchand Khanweiler, l’a introduit auprès de galeristes allemand comme Fletcheim, qui diffuse l’art moderne français en Allemagne.

1923 Création du monde : livret de Blaise Cendrars, et musique de Darius Milhaud.

« Léger voulait interpréter l’art primitif nègre, et peindre sur le rideau et sur le décor des divinité africaines qui expriment la puissance des ténèbres »… » il aurait voulu utiliser des baudruches , représentant des fleurs, des arbres des animaux de toutes sortes que l’on aurait gonflé au gaz et qui au moment de la création ce serait envolé comme des ballons », Notes sans Musique Milhaud. Ce projet n’a pas été réalisé pour des raisons techniques.

Les costumes qui avaient été inspiré à Fernand Léger par les costumes animaliers des cérémonies, on y retrouve l’idée de décor mobile, car les danseurs étaient entièrement dissimulés dans les costumes, qui faisant parti intégrant du décor.

Fernand Leger refera à nouveau des décors et des costumes, pour l’exposition internationale des arts et techniques de 1937. Un grand spectacle populaire est organiser au Vélodrome d’hiver pour le quel Fernand Léger conçoit un grand décor animé, et des costumes pour 300 figurants. C spectacle qui a pour titre « naissance de la cité » correspond parfaitement aux aspirations politiques de Fernand Léger qui souhaite un art Pour tous et qui s’intègre a la société par le biais de grandes fêtes populaires. Ce spectacle avait une musique composée par Darius Milhaud et Arthur Honegger.

En effet en 1938 il donnera des conférences dans les comités des mines Lillois, toujours dans l’espoir que les « peuple » s’intéresse et soit éveiller par l’art.

  1. « Objets dans l’espaces » 1920-1930

« La peinture ancienne, c’est le sujet, L’art de nos jours, c’est l’objet »

  • Le siphon 1924 (// pub Campari)
  • Nature morte au verre 1924
  • Composition aux quatre chapeaux 1927
  • Composition à la feuille 1927

Fernand Léger qui était pendant la période 1922-1924 « hors contrat », signe à nouveau un contrat avec Léonce Rosenberg. Il devient alors le principal artiste de la Galerie L’Effort Moderne. Il expose toujours régulièrement des œuvres aux salons, comme le salons d’automne. A quarante ans on peu dire que c’est un artiste reconnu, qui à un atelier, des élèves, fait des conférences, et reçoit de nombreux collectionneurs. Donne des cours à l’académie moderne, de madame Hamelin (ces élèves qui viennent de toute l’Europe et des US, diffuseront l’esthétique Puriste). Cependant ces années voit la fin de son mariage avec Jeanne ils se séparent en 1927

Sa peinture prend alors un tournant particulier, car il va pendant quelques années se consacrer à la nature morte, mais une nature morte « moderne » qui qualifiera d’ « objets dans l’espaces ».Il conçoit des compositions utilisant des objets, comme élément formel, pour leur valeur plastique, gardant toujours comme ligne directrice son principe des contrastes de formes et de couleurs.

Si l’objet reste identifiable, il s’inscrit dans la composition dans un rapport formel aux autres objets. Il utilise les objets pour créer des jeux de contrastes. Cependant il va simplifier l’objet, le réduisant a sorte de signe, l’objet est peint de manière bidimensionnelle. Il est parfois tellement styliser qu’il peut être confondu avec des éléments architecturaux. De plus il réinvesti ses expériences récentes sur l’objet, misent place dans le film objet mécanique pour jouer sur la fragmentation et le grossissement de l’objet. On peut dire que l’objet devient presque abstrait.

La composition est une structure orthogonale sur la quelle il place ses objets recherchant des effets, et parmi ceux ci un effet décoratif.

« J’ai pris l’objet, j’ai fait sauter la table, j’ai mis cet objet dans l’air sans perspective et sans support. J’ai disperser mes objets dans l’espace et je les ai fait tenir entre eux tout en faisant rayonner un avant de la toile. Tout un jeu facile d’accord et de rythmes, fait de couleurs de fond, de surfaces, de lignes, conductrices, , de distances et d’oppositions, quelques fois des rencontres insolites » F.L.

Cette appropriation de l’objet, cette manière d’en faire un signe, et un éléments formel, ainsi que l’idée d’une rencontre insolite, fait aussi bien pensées aux recherches des artistes cubistes, et l’invention du cubisme synthétique, (artistes comme Juan gris exposé à la galerie l’effort Moderne), ainsi qu’au surréalisme, alors en pleine invention, rappelons que Man Ray est une des figures du groupe surréaliste.

Accords, échos, rythmes, sont les seules motivations pour choisir un emplacement plutôt qu’un autre dans la composition générale.

  • La Joconde à la clef .Cette composition est le résultat de longues années de recherches, au cours des quelles l’artiste ajuste, équilibre, cherche la variété des possibilités pour aboutir a sa composition finale.

De nombreuses études préparatoires, au crayon à la plume, à la gouache, pour enfin s’arrêter sur une solution, et par la mise au carreau la reporter sur la toile. C’est peinture construite.

Les objets posés sur une surface bidimensionnelle place le spectateur dans un espace plan, décoratif qui n’a plus rien à voir avec l’espace illusionniste de la peinture. L’œuvre de Fernand Léger n’est pas une peinture simple et spontanée.

De plus, la mise en places d’éléments qui fonctionne pour le spectateur avertit comme des citations montrent comment Fernand Léger veut proposer une solution originale a un problèmes posé dans la peinture a cette époque par des courants comme le cubisme synthétique. Mais fait aussi des clins d’œil à d’autres artistes en reprenant des éléments formels comme le ruban de Kandinsky. Ainsi qu’un vocabulaire de formes symboliques rappelant les recherches surréalistes (Duchamp et Picabia sont des amis de Léger), et la psychanalyse.

Clé : symbole du secret. Clé des champs, clé des rêves, et aussi symbole héraldique.

La Joconde : une icône, symbole de la grande peinture, mais qui devient objet de consommation.

« Un jour j’avais fait sur une toile un trousseau de clés. Je ne savais ce que j’allais mettre à coté. Il me fallait quelque chose d’absolument contraire aux clés. Alors quand j’eu fini de travailler, je suis sorti. J’avais a peine fait quelques pas, et qu’est ce que je vois dans une vitrine ? Une carte postale de la Joconde. J’ai compris tout de suite c’est elle qu’il me fallait. Qu’est ce qui aurait pu contraster plus avec les clés ? Comme ça j’ai mis sur ma toile la Joconde. Après j’ai ajouté aussi une boite de sardines, Cela fait un contraste aigu. C’est un tableau que je garde, je ne le vends pas. »

Les déambulations de Léger dans la ville, le confrontent aux réclames, vitrines, étalages, où les objets de consommations courantes sont des objets industriels, résultat d’une production de masse. Cette nouvelle manière de mettre en scènes les objets est pour Léger un « nouvel art populaire ».

« L’art de l’étalage actuel est un art très important… Il y a des expositions comme la foire de Paris, le salon du cuir, où des panoplies d’outils sont de véritables œuvres d’art. Tout cet effort décoratif actuel c’est le nouvel art populaire moderne » (Laszlo –Moholy Nagy fera le même genre de remarque à l’école du Bauhaus)

Pour F Léger, cette « esthétique de l’objet » est résolument Moderne.

A partir de 1929-1930 Les objets vont petit à petit se libérer de la structure géométrique du fond, pour de plus en plus « flotter » dans l’espace. Le fond orthogonal laisse la place à un fond unis. Cette série « objets dans l’espace » sera évoque dans long article du critique d’art Tériade, suite à une exposition de ces toiles à la galerie de Léonce Rosenberg. Cet article qui paraitrait dans le n°IV 1928 de la revue Cahiers d’art édité par Zervos.

« On peut considérer les dernières compositions de Léger comme le signe d’une libération complète du sujet, parce qu’elle n’obéissent dorénavant qu’à une volonté libre, celle du peintre, qui distribue les objets lyriques d’après l’ordre qu’elle invente. Par contre, elle ne se soumettent plus à la transcription d’une réalité objective…Il a retiré l’axe de ses tableaux, et le miracle eu lieu Les éléments qu’il contenait, le objets répandus, isolés, gardèrent leur place. Ils se défendirent, ils se fixèrent plus solidement, ils ’établirent : feuilles et fruits en branche, clés en trousse, camé, figure de carte, boule, étoile, coquilles naquirent spontanément dans les compositions de léger annonçant chez lui une grande époque lyrique qui vient parfaire l’œuvre de ce pur plasticien » Tériade.

Ce que Tériade apprécie particulièrement dans la peinture de Léger, c’est la construction, la composition rigoureuse, une recherche d’équilibre. Qui pour lui donne a ce tableau moderne, une dimension d’un grand classicisme.

  1. La redécouverte de la nature ou la moderne Arcadie 1930-1940

Ces années 1930, avec la crise financière qui frappe l’Europe et les états unis, confronte Léger a un ralentissement du marché de l’art, La galerie L’effort Moderne fait faillite, et il expose désormais pour le frère de Léonce Rosenberg, Paul, qui a une conception beaucoup plus pragmatique du métier de galeriste. Léger, qui continue d’exposer de grandes compositions aux salons vit de la vente de ses toiles, qu’il vend directement aux collectionneurs qui viennent le voir dans son atelier. Mais il connaît aussi une reconnaissance internationale de son œuvre, des expositions rétrospectives se succédant, aux US, en Suisse, en Allemagne au cours des années 30.

Il continue son enseignement à l’académie moderne, et a pour collègue, Ozenfant, ou Otton Friez. Il écrit également des articles ou répond à des interviews. Participe à l’exposition Cercle et Carré. Cette association éphémère d’artistes fondée par Torres Garcia a exposée à la galerie 23. Ce qui les rassemblent : la volonté d’opposer au surréalisme une peinture « construite ».

C’est également à cette époque qu’il rencontre Simone Herman, avec laquelle il aura une liaison, et une correspondance fournie, de plus de deux cent lettres, qui est aujourd’hui une source importante pour les historiens d’art.

Léger à cinquante ans et va profiter de l’occasion d’une exposition de dessin à New York, pour faire le voyage. C’est aussi le moyen pour lui de rencontrer de nouveaux collectionneurs. Il y retrouve aussi de vieilles connaissances, comme Marcel Duchamp. Il fera au cours des années 30 plusieurs voyages aux US, avant sont exil de 1940-1945.

A cette époque Léger va retourner régulièrement en Normandie, dans sa ferme de Lisores, ou encore faire de grande promenade en forêt de Fontainebleau en compagnie de Simone, et ramasse, tel un enfant, des silex, et des bâtons, des noix et des feuilles de houx. Ces objets « naturels », ou encore des objets usagés vont venir prendre place dans ses compositions, et détrôner l’objet industriel, neuf et rutilant. Fernand léger fera alors de très nombreux dessins, très réalistes, qui ont tous une sensualité nouvelle. Peut-on y voir l’influence de sa liaison avec Simone ? Une nouvelle sensibilité apparaît manifestement dans son œuvre, à ce moment plus calme et plus introspectif de sa vie.

  • La danse 1929 on remarque ici un certain flottement des corps qui disparaitra rapidement
  • La rose 1931
  • La baigneuse 1931

Ici Léger renoue avec le corps dans le paysage, et construit son tableau sur une opposition figure/rocher-souche. Figure humaine/ végétal et minéral. On constate qu’il reprend des thèmes issus de la peinture classique. Et de Poussin en particulier. Les lignes sont arabesques,

La figure humaine ainsi de retour dans ses compositions, est plus souple, plus dansante, souvent ornée de drapés. , les formes végétales, les teintes claires donne un sentiment d’apaisement. On sent Léger plus attentif à la nature qui l’entoure, et sont intérêt qui se porte même sur les comètes montre une plus grande écoute des rythmes de la Nature. Il commence à cette époque à voir la vitesse et la machine comme un danger pour l’homme.

« Une vitesse folle entraine le monde et prend dans un tourbillon où des milliers d’individus papillons seront noyés sans espoir » « Se rappeler que les grandes fonctions naturelles doivent être notre baromètre malgré tout. »

La machine ne lui apparaît plus comme source de progrès, mais plus comme le moyen de réduire l’homme en esclavage. Léger souhaiterais que l’humanité renoue avec la nature, créant ainsi de grandes compositions, qui sont une vision utopique d’un retour à l’harmonie entre La nature et l’homme. Harmonie qui est atteinte par le corps libéré par le sport.

Ces préoccupations ont également une portée politique, 1936, l’année du front populaire et des congés payés, voient une grande partie des ouvriers retrouver le chemin de la campagne. Léger y voit le commencement d’une possibilité de réalisation de son rêve humaniste, où l’humanité libéré de son asservissement à la machine retrouverait le paradis perdu : la nature, où L’homme serait a nouveau dans sa plénitude.

  • Les comètes
  • Marie l’acrobate 1934
  • Adam et Eve retour aux compositions de scènes de genre,
  • Le paysage à l’arbre bleu1937
  • Composition au serin jaune1937
  • Papillons polychromes 1937
  • La composition aux deux perroquets 1935-1939 ces grandes scènes de genre qui ont une tonalité classique, sont modernisées par le style de Léger, mais aussi par les accessoires.

Les corps se chevauchent et s’entrelaces ont voit arriver les prémices des plongeurs. Pour Léger cette composition est une œuvre importante qu’il considère comme un des ses chef d’œuvres, comme la ville ou le grand déjeuner.

Présenter à travers les us, la toile rentre en France en 1949, et sera offerte au mnam ?

  • Les campeurs travailleurs au repos, épanouissement du travailleur, une utopie sociale ?
  1. le désir de peinture murale.

Fernand Léger est un homme d’action il est de plein pied dans la vie, et dans son époque. Pour lui la peinture reste un art pour les privilégiés, voulant toucher le plus grand nombre, il souhaite faire une peinture qui comme l’architecture est un art pour tous. L’équation est évidente, inscrire sa peinture dans l’architecture est le moyen de faire une peinture populaire qui reste visible pour tous.

Depuis longtemps Léger a pour amis, des architectes. Le plus proche, est Edouard Jeanneret, plus connu sous le nom de Le Corbusier (qui lui aussi illustrera un livre pour les éditions Tériade : Les poèmes de L’angle droit).fondateur avec Ozenfant du Purisme, dont Léger est une figure emblématique. Mais in rencontre également Mallet-Stevens, architecte de la villa de Noailles à Hyères, et qui fit le décor du film l’inhumain, au quel Fernand Léger participe aussi dans les années 20.

Faut il rappeler que Léger lui même a commencer sur les tables a dessins d’un cabinet d’architecture ? Léger s’interroge donc sur le rapport entre peinture et architecture.

Après des siècles de décoration, où la peinture était omniprésente dans l’architecture, l’architecture moderne à partir des années 1920, est dans une recherche de l’épure décorative, aussi bien sculpté que peinte, avec le souhait de plutôt mettre en avant les pures lignes fonctionnelle des architectures plutôt que de les cachées sous des grappes de fleurs et de fruits. C’est aussi dans cet esprit que quelques architectes vont avoir le désir de collaborer à nouveau avec des peintres, mais il recherche quelque chose de différent de ce qui faisait jusqu’alors. Ils ne veulent plus de murs « tableaux » mais une peinture qui ferait vraiment corps avec l’architecture, et que serait réfléchie en fonction des volumes, des espaces, des lumière propre à chaque lieu.

Des artistes comme, Severini, Delaunay, ou encore Herbin, sont particulièrement attentif à cette demande.

« Le monde du travail, le seul intéressant, vit dans une ambiance intolérable. Pénétrons dans les usines, les banques, les hôpitaux. Si la lumière est exigée, qu’est-ce qu’elle éclaire ? Rien. Faisons entrer la couleur, nécessité vitale comme l’eau et le feu, dosons la savamment, quelle soit une valeur plus agréable, une valeur psychologique, son influence morale peut être considérable. Une ambiance belle et calme. La vie par la couleur. L’hôpital polychrome… une société sans frénésie, calme, ordonnée, sachant vivre naturellement dans le beau sans exclamation ni romantisme. »

En 1925 à l’occasion de l’exposition internationale des arts décoratifs les deux architectes proposent des réalisations :

Mallet-Stevens, réalise le hall d’une ambassade Française : ici Léger conçoit une composition pour un emplacement précis -au dessus de la porte - la peinture semble comme peinte sur le mur. L’idée est que la peinture face un avec l’environnement architectural et n’accapare pas le regard.

Le Corbusier le pavillon de L’esprit Nouveau : « la balustre ». Léger expose alors des toiles « abstraites » dans deux réalisations, on ne peut pas encore parler de vraie symbiose entre l’architecture et la peinture, mais le choix de Léger pose déjà une idée importante, celle de la décoration abstraite dans l’architecture.

« Je crois et je soutient que l’art abstrait est en difficulté quand il veut faire de la peinture de chevalet. Mais ses possibilités sont illimité pour le mural » Fonction de la peinture.

1933, Le Corbusier invite Fernand léger à l’accompagner en Grèce à l’occasion du congrès international de l’architecture moderne. Où léger propose a nouveau une toile très épuré, abstraite. » Cette peinture est sœur de l’architecture. Voilà l’apport. Le lien est tel, si impératif que Fernand Léger de tout peintre produisant aujourd’hui, est celui dont les tableaux exige une architecture nouvelle. Celui dont les tableaux exigent un cadre d’époque, conforme et de même naissance ». Cahier d’art 1933 Le Corbusier

Cependant, même si Fernand Léger affirme sont envie de faire une art qui s’intègre à l’architecture, les commandes sont rares, et possibilités minces.

En 1935, a lieu une nouvelle collaboration entre Léger et Le Corbusier, lors de l’exposition universelle de Bruxelles. Pour L’appartement du jeune homme, au Pavillon français. Il propose également à l’occasion de exposition de Bruxelles, une grande fresque pour une salle de gymnastique. Cette salle a été conçue par l’architecte René Herbst. Fernand Léger reprend ce thème récurent de son œuvre des acrobates, qui illustre particulièrement bien sa vision optimiste de la vie. Bonheur de vivre qui s’exprime par la santé et la libération du corps.

Léger collabore également avec d’autres architectes comme l’américains Paul Nelson, ancien élève de l’atelier Perret.

Paul Nelson a un projet de maison « la maison suspendue », et demande la participation de plusieurs artistes : Arp, Miro et Léger. Léger propose une fresque pour le long mur concave de la salle à manger. Nelson apprécie le projet de Léger pour ces qualités « spatiales », en effet la couleur va donner à l’espace une sensation différente par rapport à l’espace réel.

Ils collaboreront ensemble sur le projet de la station de radio WGN de chicago, mais ce projet ne sera pas choisi.

Et enfin à la réalisation de l’hôpital américain de st Lo, où Fernand léger aurait souhaiter intervenir sur les façades, en réalisant de grandes compositions géométriques très colorées. N’oublions pas les mots de Léger qui évoquait le caractère thérapeutique de la couleur, et que ses idées peuvent avoir comme source les long mois qu’il passa dans les hôpitaux militaires à la fin de la première guerre mondiale. Ce projet sera abandonné, et la couleur ne sera que à l’intérieur d e l’architecture, grâce a une grande mosaïque dans le hall d’entrée.

1937 exposition des arts et techniques : Léger, Delaunay, Herbin, Dufy, et Survage sont invité a décorer le pavillon de la solidarité nationale, une architecture de Mallet-Stevens.

Léger réalise plusieurs décors dont « transports de force » pour le palais de la découverte, mais aussi pour le pavillon de l’agriculture et le pavillon de la solidarité, sans oublier les grands décors pour le spectacle « naissance d’une citée ».

Ce spectacle qui eu lieu au Vélodrome d’hiver, était conçut comme un grand opéra populaire, (musique de Milhaud et Honegger) rassemblant sport, gymnastique, industrie, et imaginaire. L’immense décor est mobile.

Au même moment a lieu un débat que l’on nommera la « querelle du réalisme », où léger et Aragon affronte leur vision de l’art pour le peuple. Pour léger l’artiste de doit pas « s’abaisser » pour ce mettre au niveau du peuple mais c’est le peuple qui doit être éduqué, dès le plus jeune art pour comprendre l’art moderne.

« Battez vous pour vos loisirs, pour vos libertés, s’écrie a lors Léger, vous avez raison, une fois ces libertés acquise, vous pourrez vous cultiver, développer votre sensibilité et sentir la beauté et la nouveauté des arts modernes « fonctions de la peinture

« Cela devrait commencer dans les écoles primaires, les enfants devraient être entourés de beaux objets, de beaux tableaux , leur formation artistique, lorsqu’ils seraient adultes, seraient beaucoup plus facile. Les dessins d’enfants sont généralement beau est très inventés, ils ne copient pas la nature… » Fonction de la peinture

« Libérez les masses populaires, leur donner une possibilité de penser, voir se cultiver et nous sommes tranquille, elle pourront a leur tour jouir pleinement des nouveauté plastiques que leur offre l’art moderne. »

C’est à cette époque Qu’il souhaite montrer ses peintures dans les usines, il rêve d’un « «art pour tous ». Il fait de nombreuses conférences dans les cercles ouvriers, à Boulogne Billancourt, Lille, Nancy, et ne rencontre que de l’incompréhension.

1939 il est sollicité pour réaliser des fresques pour un centre d’aviation près de Nancy. Projet pour le quel Leger fera de nombreuse maquettes, dont « l’avion dans le ciel ». Ce projet ne verra jamais le jour, suite à la déclaration de la deuxième guerre mondiale.

C’est au cours de ces années trente que Léger fera ses premiers voyages aux états unis, cela a une importance dans son désir de peinture murale, car aux états unis Leger va voir des réalisations des muralistes mexicains, et les projets décoratifs financer par le projet Roosevelt, les peintres américains réalise des fresques pour les lieux publiques, au cours de cette période de grande crise financière où l’état donne du travail a ses artistes.

Ces années d’exil aux US pendant la seconde guerre Mondiale, ne font que développer chez lui cet appétit de grande composition qui prend sa place dans une architecture.

Léger participera a d’autres projets, qui ne verront jamais le jour.

IL écrit au conservateur du MOMA de New York : »J’aimerai exécuter maintenant une grande peinture murale, qui serait le couronnement de mes deux années de travail aux US. Un mur d’université, un collège, la Maison Blanche, Sing-Sing pourquoi pas ? Pensez-y. Je crois que vous êtes admirablement placé pour cela, je vous en serai reconnaissant. »

C’est aux US qu’il rencontre le père Marie Couturier (ancien élève de Maurice Denis) qui donnera a Fernand Léger enfin les moyens de réaliser ses ambitions après la guerre, dans un projet d’envergure :

  • L’église du plateau d’Assy en Haute Savoie est une architecture de Maurice Novarina.

Ce projet est emblématique du renouveau de l’art sacré en France au lendemain de la deuxième guerre mondiale, dans un contexte de reconstruction. La volonté du Père couturier est de faire un « art engagé », solliciter les artistes modernes pour recréer une dynamique dans l’art sacré.

« Si nous avons tant insisté pour qu’aucune concession de fut faite, pour qu’au contraire les oeuvres sacrées fusent des œuvres altières réservé et en un sens ,difficile, c’est que nous pensions qu’il y aurait là finalement plus de vraie et simple droiture. Se mettre « à la portée des gens » si pour cela il faut abaisser le niveau, c’est trahir de toute part » Père couturier

Fernand Léger réalise une grande fresque pour la façade, sur le thème des litanies de la vierge. Léger s’inspire des fresques du moyen âge et des mosaïques de Ravenne : une fresque décorative, où les figures n’ont pas d’expression.

« Ce n’est pas la foi qui a fait que les artistes du moyen âge on peint de belle choses. Cette opinion a choquée je le sais, mais c’est mon opinion. Pour moi l’œuvre est belle objectivement à cause rapports et des raisons plastiques et non pour des motifs sentimentaux. »

Malgré la polémique, pour la contribution à l’art religion de la part d’un athée, cette réalisation, va engendrer une série de commandes diverse. Fernand Léger est alors un artiste mondialement connu. (De nombreux autres artistes participent à la décoration de cette église, Georges Rouault, Matisse.

Père Couturier : Ancien élève de Maurice Denis, dont il avait intégré les ateliers d'art sacré, il opposera au vieux maître une nouvelle vision de l'art d'église.

Chargé en 1937, avec le père Pie Raymond Régamey, de la direction de la revue L'Art sacré, il y développe la nécessité de rompre avec l'académisme pour faire appel aux plus célèbres et talentueux des artistes quelles que soient leurs pratiques religieuses :

« La décadence des arts sacrés a aussi des causes spirituelles et sociales. Mais ses causes artistiques se ramènent toutes à l'académisme, directement ou par contre-coup2. »

En 1950, dans un article intitulé « Aux grands hommes les grandes choses », il s'indigne que :

« Cent vingt églises ont pu être bâties autour de Paris sans qu'un seul des grands architectes français, respectés du monde entier, ait été seulement consulté3. » « Il vaut mieux, estime-t-il, s'adresser à des hommes de génie sans la foi qu'à des croyants sans talent4. »

En effet, pour lui, « tout art véritable est sacré. »

C'est donc aux plus grands artistes de son temps que le père Couturier fera appel pour décorer l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy : Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurçat, Germaine Richier, Georges Rouault, Jean Bazaine, Henri Matisse, Georges Braque, Jacques Lipchitz et Marc Chagall, entre autres.

L'audace de certaines œuvres et l'indépendance des artistes déclencheront la querelle de l'art sacré.

« Il me semble que cela devrait prendre le sens du temple du repos et recueillement »

Il réalise les vitraux et un carton de tapisserie pour l’église d’Audincourt (50-51).

17 vitraux en dalle de verre enchâssés dans le béton font l tour de la nef, y sont représenter les instrument de la passion. On y retrouve sa recherche autour des objets des années 20, réflexion sur la composition dans l’espace des objets.

  • Une mosaïque pour la crypte du mémorial de guerre de Bastogne (Belgique) (1950)
  • Les vitraux de l’église de courfaivre en Suisse. (53-54)

« En possession de ses admirables églises la religion catholique à poussé très loin l’art du spectacle, elle a aussi subjugué les foules par l’ordonnance savante et voulues de ses manifestations cultuelles intérieur et extérieurs… si elle c’est imposée au monde, c’est qu’elle n’a négligé aucun des moyens visuels et auditifs de son époque » Fonction de la peinture

  • Une fresque pour la grande salle de palais des nations unis de New-York.
  • Vitraux pour l’université de Caracas (Venezuela) (1954)
  • Mosaïque et céramiques pour le bâtiment Gaz de France d’Alfortville.
  • Mosaïque pour l’opéra de Sao Paulo
  • Céramique du jardin d’enfant. C’est en 1949 que Fernand léger s’initie à la céramique auprès Roland Brice, (un ancien élève). Il réalisera des reliefs et des sculptures polychromes. Les femmes au perroquet, Fleur Polychrome, Il voulait faire des sculptures pour les places et les jardins. Le jardin d’enfant est un assemblage de plusieurs structures non figuratives très colorées, il voulait que les enfants puissent y jouer, l’escalader. C’est intérêt pour la céramique est éveillé dans les années trente, lors de son voyage à Barcelone où il découvre Gaudi, des jardins fantastiques et bien sur la cathédrale.
  • Façade du Musée Fernand Léger de Biot
  • Mosaïque pour l’hôpital mémorial de St Lo

« J’ai toujours rêver de grandes surfaces murales peut importe que ce soit le mur d’une école ou d’une église. »

» L’hypertension de la vie actuelle, sa crispation quotidienne et due a 40% à l’ambiance extérieure dans la quelle on st obligé de vivre. Le monde visuel d’une ville est mal orchestré, il ne l’est même pas du tout. L’intensité de la rue brise les nerfs et rend fou. Prenons le problème dans toute son étendue, organisons le spectacle extérieur. Ce n’est ni plus ni moins créer de toute pièce l’architecture polychrome englobant toutes les manifestations de publicité courante. Si le spectacle est intensité, une rue, une ville, une usine peut tendre à une sérénité plastique évidente. Organisons la vie intérieure dans son domaine : forme, couleur, lumière » fonction de la peinture 1924

  1. L’exil américain 1940- 1945

Fernand Léger avait depuis longtemps des contacts avec l’Amérique, que ce soit grâce a des expositions, (L’Amory show en 1013), par les marchands de tableaux et les collectionneurs qui le sollicitent, ainsi que des amitiés artistiques avec des américains dès les années 20, comme avec le sculpteur Calder, Gerald Murphy, où encore son ami Duchamp parti vivre aux U.S.

Au cours des années trente Leger réalise trois voyages aux US, en 1931, 1935, 1938, au cours des quels il voyage a travers le pays. Il publiera des récits de ses voyages dabs la revue l’Intransigeant. Ce qu’il découvre alors c’est une Amérique en pleine récession économique, où misère et chômages sont partout. (Raisins de la colère Steinbeck).

C’est à l’occasion de ces graves problèmes économiques suite au crash boursier de 1928, que le président Roosevelt, mais un place un programme fédéral pour donner du travail aux artistes, ils auront pour mission de décorer les bâtiments fédéraux, gares, postes…. Ces grandes peintures murales, s’inscrivent en lien avec les murales mexicains, car certains peintres mexicains comme Diego Rivera réalisera des murales aux us à cette époque.

Fernand léger découvre les murs de JC Orozco, et th Benton. F L est enthousiaste et voit dans ces réalisations le moyen de réaliser son idéal de grande composition, d’accord peinture architecture, et d’art pour tous.

Il cherches des projets : fait une proposition à la compagnie générale transatlantique Frenchline, mais ce sera un échec, ses positons politiques a tendances communiste sont alors un frein.

Il reçoit néanmoins une commande de Rockefeller en 1938, pour sont appartement de la 5ème avenue, un décor de cheminé (qui fera face à la cheminée décorée par Henri Matisse).

Mais en 1940, Léger ayant des sympathies communistes, et le souvenir de la première guerre mondiale où n’a pas peint pendant plusieurs années décide s’exiler aux us. Avant de partir il lui est proposé de stocker ses œuvres dans les réserves des musées nationaux. La période 40-45, voit la vie artistique mise entre parenthèses, et de grands collectionneurs juifs Comme Alphonse Kahn ou Paul Rosenberg sont saisis.

Il y vivra 5 ans, cinq années au cours des quelles il voyage (Lac Champlain), enseigne (Mills collège près de San Francisco), présentes des expositions et des projets, Philadelphie, Washington, Yale, Mais il réside et travail la plus grande partie du temps à New York. Il admire l’Amérique, mais garde cependant un œil critique. Il vit grâce au soutient moral et financier de plusieurs amis, ne trouvant pas les grandes commandes sur les quelles il fondait ses espoirs.

Il passe entre autre plusieurs été à Rouse’s Point où il est touché par le paysage américain.

« Un pays jeune, sans barbe, très jeune, qui évolue dans un monde anonyme de chiffres, de nombre ; ils se déplacent là dedans avec aisance, Le pli au pantalon, sans faire de poussière… grand, haut, large, et sans limites, il n’y a pas de cadres, des centaines de langues et de peuples s’y amassent pour y vivre. Ils ont créé l’union sur un dollar solide, qu’ils ont imposé au monde. On a le sentiment de sa valeur exacte que lorsque l’on quitte le pays que l’on voyage. Ils en sont fiers, c’est tout naturel ils le caresse comme un beau cheval… »

Fernand Léger va profiter d’organismes privés qui vont permettre l’exile de nombreux artistes français menacés par le nazisme (dont un financer par Peggy Guggenheim). Il retrouve ainsi des amis et connaissances, Breton, Darius Milhaud, ses artistes vont former une petite colonie d’artiste français, qui vont essayer de mettre sur pied a New-York, un école libre des hautes études, où enseignera Léger un temps. C’est cette époque qu’il met au point sa technique de « couleur en dehors », où la séparation du dessin et de la couleur, a pour lui un effet dynamisant pour l’ensemble de la composition. Cette effet, lui a été inspiré par ses promenades sur Broadway, le soir, où les lumières des enseignes éclairent passants et architecture, indistinctement sans s’arrêter aux contours aux formes.

C’est à ce moment qu’il rencontre le père couturier qui de son coté souhaite fonder aux US un institut d’art moderne, Léger est invité à y faire des conférences ainsi que Ozenfant.

  • La forêt 1942
  • L’arbre dans l’échelle 1943-44
  • Les trois musiciens1944
  • Série des plongeurs

Ces oeuvres aux corps enchevêtrés en compostions tournoyantes, sont des compositions qui comme les « objets dans l’espace » deviennent bidimensionnelles. Ces plongeurs lui ont été inspirés par deux expériences, celles de plongeurs dans le port de Marseille avant son départ pour les u.s. en 1940, et par des nageurs dans une piscine aux US. A chaque fois il frappé par un sentiment de démultiplication des corps dans l’élément aquatique, qui donne une sentiment d’apesanteur.

Bien que cette période et une moment où Léger peint abondamment, et participes a de nombreuses expositions, c’est un exil difficile, Fernand léger doute beaucoup et a le mal du pays. L’ambiance au sein de la colonie d’exilés français et de plus troublés par de nombreuses dissensions politiques.

  • Adieu New York

IL rentre en France en 1946.

  1. Les dernières grandes compositions 1946-1954

De retour à Paris, Fernand Léger retrouve son atelier, et ouvre son académie, qui sera fréquentée par de nombreux jeunes peintres américains. Il continue à donner des conférences.

Il épouse son assistante Nadia Khodossievich. Il a plusieurs grands projets en cours.

  • Ses grands projets décoratifs, dont nous avons déjà parler.
  • La rédaction et illustration de deux livres pour les éditions Tériade : le cirque et la ville. Qui sont des projets très ambitieux.

C’est à son retour des états unis, que Léger entre en contact avec Tériade qui souhaiterait réaliser des livres avec lui. Léger connaît la qualité des éditions de Tériade, et accepte un projet de livre sur le thème du cirque (1947). AU départ Léger souhaiterais illustrer un texte e Henri Miller qu’il avait rencontré aux US, Mais le texte de Miller ne correspond pas aux attentes de Léger. Miller raconte à quel point il se sent inhiber à l’idée d’écrire un texte de commande. Finalement Tériade demandera a Léger d’écrire lui même le texte, (comme c’est le cas pour le cirque d Rouault et de Chagall). Dans ce livre Léger montre une grande liberté. Il reprend les thèmes qui lui sont cher, et sait varié les effets d’une manière qui paraît très spontané.

Le livre est édité en 1950.

Rapidement Tériade et léger décide de continuer leur collaboration sur un nouveau sujet : la ville. Aa départ Blaise Cendrars devait être associé au projet, malheureusement Léger meurt en 1955, laissant le projet en cours de réalisation. Mais avec l’aide Nadia Léger, le livre verra le jour, réaliser à partir dessins déjà réalisés par Léger. Cependant le texte de Cendrars, qui prend son temps, ne semble pas arrivé assez vite, et ne sera pas associé aux dessins de Léger. (Il semblerait qu’un désaccord ait eu lieu entre Cendrars et Tériade).

  • Les grandes compositions peintes.
  • Hommage à David 1951

« J’aime la sécheresse qu’il y a dans l’œuvre de David et dans celle de Ingres aussi. »

Fernand Léger revendique une position de peintre classique, mais un classique de son temps. En effet sa peinture garde un référence à la tradition, et ce par la mise en place de lois plastiques qui sont atemporelles, sa théorie des contraste qui est le fil conducteur de toute son œuvre qui en fait l’homogénéité malgré l’apparente diversité. Il cherche être le reflet de l’esprit de son époque, mais en dégageant des lignes fortes qui leur donne leur atemporalité. « Toute œuvre picturale doit comporter cette valeur momentanée et éternelle qui fait sa durée en dehors de l’époque de création ».

  • Les loisirs fond rouge
  • Partie de campagne 1954, les campeurs
  • La grande parade sur fond rouge
  • Les deux cyclistes1951 : ces tableaux présentent des sujets qui s’inscrivent dans la tradition impressionniste des « parties de campagne », Mais avec cette nouvelle « machine qu’est la bicyclette, pour léger c’est la machine qui permet une réelle fusion avec la nature. »Puisque les grands spectacles naturels comme les nuages, les vagues, le soleil et la lune président a nos étonnements d’enfants, je me dis que sur mon vélo qui roule doucement, capricieusement , bercé par les courbes de la route, je suis en ordre avec la nature. »
  • Les constructeurs : Cette grande composition, se détache par son style et sa composition des autres. Exposée en 1950 à la maison de la pensée française (maison d’animation culturelle du PC), le tableau est présenté accompagnés des études et dessins préparatoire. Léger souhaite montrer les dessous de l’œuvre, le travail qui est en amont, et qui pour lui s’apparentes aux pièces détachées d’un grand moteur qui serait le tableau. Ces dessins montrent sa recherche pour une composition très dynamique et ascensionnelle. Pour lui cette toile est une métaphore d’un monde ouvrier idéalisé. Le sujet a été donner à Léger par une scène qu’il voit par hasard : la construction d’un pylône a haute tension.

« J’ai essayer de réaliser de plus violent contrastes en opposant aux nuages et aux structures métalliques des figures humaines peintes avec un minutieux réalisme. Je ne sais si j’ai réussi mais je crois que c’était une bagarre à susciter »

Cependant, cette œuvre destiné à un public ouvrier, n’est pas compris ni accepter par ce public.

Cette période, est le moment où Léger retrouve des sujets qu’il avait déjà aborder dans les années 20, paysages modernes, le cirque…Mais qu’il va réinterpréter avec les nouveaux moyens qui son les siens, suite aux plongeurs et à la découverte de la couleurs en dehors. Ses compositions montrent une meilleur synthèse des figures dans l’espace, qui s’enchaines et dans un mouvement circulaire donnant un sentiment de dynamisme et de joie. De plus il reprend sur plusieurs versions des compositions de personnages, en variant les éléments formels, sur fond unis, puis avec la couleur en dehors. Cette répétition des figures, et la variation des couleurs vives, peuvent évoquer une imagerie populaire, comme les images d’Epinal, où la figure devient un type, et où les a plats de couleurs vives ponctuent le dessin.

Léger est un optimiste, il vaut par ses grandes composition donner un sentiment de joie, pour lui la couleur fait vivre est peut même avoir des vertus thérapeutiques. Ses grandes compositions, montre son désir de peindre une Arcadie moderne, où l’homme parviendrait à une harmonie avec la nature malgré la modernité.

Si il a pu être fasciner au début du siècle par la modernité en ressent vite les aspects négatifs. Il est conscient de la présence de la vie, de la nature.

« Un chêne que l’on peut détruire en 20 secondes met un siècle à pousser. Les oiseaux sont toujours merveilleusement habillés, le progrès est un mot dénué de sens et une vache qui nourri le monde fera toujours trois kilomètres heure. »

Fernand Léger, un peintre de son temps.
Fernand Léger, un peintre de son temps.
Fernand Léger, un peintre de son temps.
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Fernand Léger, un peintre de son temps.
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