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Art-Histoire-Littérature

Qu'est ce que le suprématisme?

31 Janvier 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Qu'est ce que le suprématisme?
Qu'est ce que le suprématisme?
Qu'est ce que le suprématisme?
Qu'est ce que le suprématisme?
Qu'est ce que le suprématisme?
Qu'est ce que le suprématisme?
Qu'est ce que le suprématisme?
Qu'est ce que le suprématisme?

Nous sommes en 1915 et c’est dans le secret de son atelier que Malevitch travail à trouver le mode pictural qui rendra ce monde nouveau. Si il travail en secret c’est qu’il veut créer un effet de surprise.

« Seuls quelques rares peintres ont considéré la peinture comme action poursuivant un but en soi. Ces peintures ne voient pas les maisons, ni les montagnes, ni le ciel (…) toutes ces choses sont des surfaces picturales (…)Ces peintres ne voient que la peinture qui pousse sur la surface »Malevitch 1919.

« Le plus précieux dans la création picturale c’est la couleur et la texture ; elles constituent l’essence picturale que le sujet a toujours tuer.(…) S’ils veulent être des peintres purs, les artistes doivent abandonner le sujet et les objets. (…)Dans l’art suprématiste, les formes vivront comme toutes les forces vives de la nature » Du cubisme et du futurisme au suprématisme 1916

Il prépare une exposition, les frères Puni, l’aide dans cette organisation, cette exposition aura pour titre : « 0.10 », au n°7 du champ de Mars,à Petrograd. Annoncée comme dernière exposition futuriste.

Il fait un choix de 39 tableaux « non objectifs ».

Parallèlement il met en place un corpus théorique, sous la forme d’un manifeste. Il demande pour cela de l’aide à Matiouchine. Ce sera : « du cubisme au suprématisme. Le nouveau réalisme de la peinture en tant que création absolue ». La brochure est vendue sur demande dans l’exposition.

Suprématisme : suprématie de la couleur, libérée de toute référence a un objet ou un sujet. Sans espace illusionniste,affirmation de l’espace du tableau.

Le suprématisme marque un point 0, c’est à dire un renouveau. C’est une libération de la couleur et de la forme pour eux même, choisi et composé pour répondre à la sensation de l’artiste.

  • Autoportrait en deux dimensions 1915, traduction dans le langage suprématiste de la sensation ressentie par l’artiste face à lui même.

Une réflexion sur les « masses en mouvement dans le temps, le statisme et le dynamisme ».

  • Avion en vol, cherche à exprimer la sensation du mouvement, et de l’espace.

Le suprématisme est une intuition philosophique, et n’est pas une soutenue par les mathématiques.

  • Quadrangle 1915. Avec cette œuvre, Malevitch libère la couleur et la forme, ainsi que le plan du tableau, est fait d’une « surface plane recouverte de couleur » (Maurice Denis) une œuvre d’art. « un nouveau né vivant et majestueux ». Il faut souligner que ce n’est pas un carré, mais un quadrilatère légèrement étiré vars en haut à droite, ce qui induit un effet dynamique. De plus L’observation de la toile montre de nombreuses superpositions de couche de peinture, et une matière qui est loin d’être lisse, certains endroit du fond blanc a été peint directement avec les doigts.
  • Composition magnétique

Si pour Malevitch cette exposition est un grand moment, la critique se déchaine contre ses œuvres suprématistes. Qui n’y voient que « l’affirmation totale du culte du vide, des ténèbres, du rien, du carré noir dans un cadre blanc…ils en sont venus à je ne sais quel auto finalité, autrement dit au nirvana total, au froid total, au zéro total » Alexandre Benois 1916.

Malevitch a mis au point un art Non-objectif. (Sans objets) : « l’auteur ignore le contenu de ses peintures » Malevitch.

Le carré noir prend la place de la figure dans les tableaux de Malevitch. On peut ici réfléchir aux périodes iconoclastes de l’histoire russe. Et sa résolution dans l’image (icône) qui met en relation le visible et l’invisible. Sorte de Véronique moderne, le visage devient un carré noir. Malevitch parle de son quadrangle comme « icône de notre temps ». Les photos de l’exposition nous montre le tableau accroché dans un angle supérieur de la pièce, comme est accroché une icône dans la maison de chrétiens orthodoxes. « Le beau coin », où une trinité est formée par les lignes de l’angle de la pièce avec le plafond.

Le carré noir est contemporain de la fin des tsars et de la première guerre mondiale. Il recherche un point zéro, une table rase sur la quelle édifié une création nouvelle. Qui permet de prendre en compte l’espace réel du tableau.

  • Réalisme pictural d’une paysanne à deux dimensions 1915 (quadrangle rouge).

« Le carré comme unité minimum du tableau « (Yves Alain Bois) Mais cette unité minimum est mise en tension.

  • Croix noire sur fond blanc 1915.attention portée aux blanc dans la facture, très différents du noir par la touche.

Ce qui différentie le suprématisme des autres courants abstrait géométrique , comme le néoplasticisme, ou le constructivisme, c’est cette liberté inconditionnelle des formes, ainsi qu’une charge énergétique, une recherche de dynamisme .

  • Compositions magnétiques ou cosmiques.

Malevitch recherche des compositions qui serait « comme l’expression universelle du monde », l’espace du tableau accueil des corps cosmiques dynamiques.

De plus Malevitch accorde une grande importance à l’accrochage, d’autant que ses tableaux n’ayant pas de sujet ils n’on pas de sens de lecture, il peuvent donc être accroché dans n’importe quel sens.

« C’est pourquoi Malevitch offre au spectateur de la « dernière exposition futuriste : 0.10 »un accrochage qui au premier abord peut paraître totalement fantaisiste : des toiles suspendues sous le plafond, dans un coin, etc. Fantaisie uniquement apparente : il s’agit d’affirmer par tous les moyens l’indépendance spatiale de surfaces plans librement projetées dans l’espace. »Andreï Nakov.

La même année il publie «Du cubisme et du futurisme au suprématisme. Le nouveau réalisme pictural »accompagné de deux illustrations. Des conférences accompagneront cette publication. Ses conférence ont encore la tonalité du manifeste, mais le discours est plus théorique, cependant il y a déjà des dissensions même avec Matiouchine qui aurait préféré « nouveau réalisme pictural » au terme de « suprématisme ». Quand à Kroutchonykh il aurait préféré « Zaoum pictural ».

Un autre texte :« lettre à Alexandre Benois » est diffusé de manière informel, puis « le vice secret des académiciens », textes dans le quels il expose sa vision de l’art, qui doit s’échapper de la sclérose académique pour atteindre la pureté de la forme et de la couleur.

1916 Mise au point de la revue « Supremus ». Le n°1 est prévu pour janvier 1917. Y participe : Olga Rozanova, Lioubov Popova, Yvan Klioun, Oudaltsova, Alexandre Exter, Véra Pestel, Natalia Davydova, Mikhaïl Menkov. Malevitch est le rédacteur en chef. Cependant le manque d’argent et de papier, ainsi que la révolution de février 1917, fera que la revue ne sortira jamais. Cependant c’est un groupe d’étude, qui cherche a étendre le suprématisme aux autres formes d’arts.

  • Composition non objective de Olga Rozanova, meurt à 32 ans, une de ses élèves préférés

Une exposition suprématiste est organisée à Moscou avec le valet de carreau (qui a changé d’esprit), de nombreux artistes d’avant garde s’y intéressent mais la critiques reste hostile.

Jusqu’alors réserviste de première catégorie, Malevitch va être mobilisé, il part en juillet pour effectuer son entrainement militaire dans les unités d’infanterie, en décembre il est sur le front. Son expérience de la guerre, sera réinvestit dans sa réflexion et sa peinture, où plans et couleur se confondent petit a petit avec le fond blanc.

1918 : La grande guerre est termine mais la Russie est en pleine guerre civile, les bolcheviks vont prendre le dessus sur les socialistes et Mencheviks, certain pressentent que la dictature s’installe, et certains artistes pressentant le pire émigre, David Bourliouk, part au Japon et aux US.

D’autre euphorisés par l’ambiance révolutionnaire reste, c’est le cas de Malevitch, s’impliquant de plus en plus dans les soviets et autres commissions. Cependant il n’est ni communiste, ni bolchevik, mais plutôt anarchiste. Les mouvements anarchistes seront réprimés violement dès 1918.

Malevitch publiera de nombreux article dans la revue Anarchie, il rêve d’un état libre d’artistes, il se rend rapidement compte que cet état de rêve n’adviendra pas car la bureaucratie tuera l’esprit révolutionnaire.

Il a vu une ouverture avec la révolution qui aurait selon lui permis une libération artistique, et celle ci se refermer aussitôt

Malevitch poursuit ses recherches suprématistes, qui le conduisent au suprématisme blanc :

  • Carré blanc sur fond blanc1917. dématérialisation maximum du tableau.

Ces recherches sur l’énergie des couleurs, le conduisent à l’incolore, cet incolore sera le blanc, qui est la somme des énergies des couleurs (la convergences des couleurs lumières donne une lumière blanche).c’est a nouveau un parcours solitaire, qui le conduit a son carré blanc sur fond blanc. Cette recherche se poursuit dans un texte théorique, « Le monde des choses une fois disparu apparaitra une nouvelle texture plus légère ».

  • Construction en dissolution

Les blancs se distinguent les uns des autres, en couleurs et textures.

« Malevitch peint sans formes et sans couleur : c’est de la peinture définitivement abstraite, Cela oblige tout le monde a réfléchir profondément. Il sera difficile de surpasser Malevitch. » Rodchenko.

La plus part des anciens amis de Malevitch rejettent le suprématisme blanc,

Cette période est période de grande angoisse pour Malevitch (d’après les témoignages de ses amis). Il a poussé l’idée suprématiste jusque dans ses derniers retranchements, il ne peut aller plus loin. « Ce système ferme, froid et sans complaisance est propulsé par la pensée philosophique ».

Son travail sera alors essentiellement théorique. Il annonce qu’il abandonne la peinture pour se consacrer uniquement à la théorie et à la philosophie.

« La peinture est périmé depuis longtemps et le peintre lui même est un préjugé du passé » Certain critiques et avance que les expérience plastiques suprématistes ne sont que des illustration de la théorie.

Mais Malevitch va rapidement revenir à la peinture, pour faire une « œuvre à programme » : suprématisme de l’esprit, ou il introduit systématiquement l’élément cruciforme (avec sa valeur symbolique).

Malevitch voit le suprématisme largement déborder le cadre de la toile, il a une autre idée de l’art et de l’artiste. Il souhaite développer son esthétique sur la place publique, le mettre dans la vie quotidienne, objets, et architecture.

« Toute chose doit revêtir des formes suprématistes,- tissus, papiers peint, poterie, assiette, meubles, enseignes, - en un mot tout doit porter la marque du suprématisme en tant que nouvelle forme d’harmonie ». Désormais il souhaite développer ses formes dans l’architecture, en colorant les espaces intérieurs selon une dynamique suprématiste.

Sa rencontre avec Lissitzky, est importante, ce dernier ayant une formation d’architecte. Des maquettes sont élaborées, des projets d’association peinture-architecture sont alors élaborés. Ce travail sur l’architecture permet de multiplier les recherches spatiales du suprématisme. Les expériences en volumes des années 22-23, découlent des recherches sur l’architecture menée avec Lissitzky.

  • PROONRAUM (proonroom)

Œuvre dans une pièce, murs plan colorés

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