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Art-Histoire-Littérature

la nouvelle tapisserie: la naissance de l'art textile ou fiber art.

18 Mars 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

la nouvelle tapisserie: la naissance de l'art textile ou fiber art.
la nouvelle tapisserie: la naissance de l'art textile ou fiber art.
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la nouvelle tapisserie: la naissance de l'art textile ou fiber art.
la nouvelle tapisserie: la naissance de l'art textile ou fiber art.

Black Mountain College

Parallèlement aux recherches de Lurçat, et des artistes qui prendront sa suite, de l’autre coté de l’atlantique, d’autres expériences sont menées. Suite à la fermeture en 1933 de l’école du Bauhaus par les Nazis, Joseph et Ani Albers émigrent aux états unis, ils vont être invités à enseigner dans une toute nouvelle école d’art qui vient de s’ouvrir en Caroline du Nord, Le Black Mountain College. Ils y enseigneront jusqu’en 1949.http:/http://art-histoire-litterature.over-blog.com/2014/10/le-black-mountain-college-une-ecole-d-art-experimentale-americaine-1933-1957-par-anne-maya-guerin-historienne-de-l-art.html

Ani et Joseph Albers vont pouvoir en toute liberté continuer leurs recherches plastiques et pédagogiques. Ani Albers depuis sa formation au Bauhaus, travail les matériaux et le tissage en particulier.

Ani Albers a alors en charge l’atelier tissage du Black Mountain College , elle développe aussi un travail autour du design.

Sa première exposition personnelle à lieu en 1949, au MOMA, pour ensuite être présentée dans les grandes villes américaine, Anni Albers devient alors le « designer » la plus connue de son époque.

Les années 40 sont marquées par de nombreux voyages au Mexique, Anni Albers va ainsi commencer une collection d’art précolombien, elle y découvre également des techniques de tissage ancestrales.

En effet les techniques de tissages et de tressage sont parmi les premiers gestes techniques développés par l’homme, ce qui permet d’interroger le tissage sous un angle anthropologique. Cette collection aura une certaine influence sur son travail textile.

Ses expériences autour du design textile, et du tissage en particulier se continuèrent dans les années 50 et 60, elle est alors installée dans le Connecticut, avec son mari Joseph Albers qui donne des cours à Harvard.

Initiée tardivement à la lithographie, elle consacrera les dernières années de son travail à la lithographie, et à la sérigraphie. Elle écrira de nombreux livres et articles sur son expérience textile.

Elle aura parmi ses élèves Ruth Asawa, qui si elle ne développe pas une œuvre tissée, va employer des techniques issues du textile pour développer des sculptures monumentales.

http://art-histoire-litterature.over-blog.com/2014/12/ruth-asawa-1926-2013.html

Si la tapisserie, ou surtout le tissage est une technique, qui de manière traditionnelle est plutôt réservée aux femmes, cependant cela varie cependant les traditions et les cultures, où le tissage peut être réservé aux hommes.

Dans les années 60, les arts du textile sont souvent associé au genre féminin, les artistes s’appropriant volontaire des techniques et des gestes proprement féminin dans leur pratique artistique : coudre, broder, tisser, …vont développer le mouvement « Pattern and décoration », qui rassemble des artistes qui revendique cet art au féminin.

Certains anthropologues se sont interrogés sur la raison pour la quelle les techniques « textiles » étaient, souvent dévolues aux femmes, si l’on remonte aux sociétés préhistoriques des chasseurs cueilleurs, les tâches féminines sont en adéquation avec la garde des jeunes enfants, le travail textile est une activité qui peut être aisément interrompue, cette caractéristique du travail textile se perpétue à travers les siècles, et se retrouve dans certaines techniques tel que le patchwork. Si certain artistes ont revendiqués ces techniques comme typiquement féminines, et ce médium incontournable d’un art au féminin, d’autre au contraire on essayer de se dégager de ces stéréotypes, comme Eileen Gray, qui eu une production textile importante (tapis) mais qui la considère comme annexe mettant en avant son travail de designer et architecte.

Nous voyons ici comment les femmes artistes sont dans un paradoxe: le textile est le medium typiquement féminin, avec tout l’aspect péjoratif que cela peut avoir, mais aussi le textile comme lieu d’expression privilégié des liens, des histoires, au féminin. C’est à dire que le textile est un moyen d’expression qui peut être considéré comme typiquement féminin et incarnant une histoire au féminin, mais aussi le moyen de réduire le travail artistique des femmes à un « sous-art » qui serait celui du textile.

C’est toujours dans cette tension qu’il faut lire le travail textile des femmes artistes.ce qui peut explique que de nombreuses artistes de l'art textile aient un engagement féministe.

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