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Art-Histoire-Littérature

La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"

12 Mars 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"
La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"
La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"
La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"
La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"
La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"
La tapisserie moderne: Le Corbusier invente le "Muralnomad"

Le Corbusier et la tapisserie :

« La tapisserie ne doit jamais servir de dessus de commode ou de buffet de service, ni en dimension ni en situation, elle n’est pas un tableau grand ou petit. La tapisserie doit s’offrir à l’œil a hauteur d’homme. Elle peut (et doit peut être) toucher le sol. Sa hauteur est donc déterminante : 220cm ou 290, ou 360 (dimensions du modulor diminuées de 5 à 6 cm), ainsi entreront elles comme un élément utile de la composition de l’architecture moderne et non comme un décor. La destinée de la tapisserie aujourd’hui apparaît : elle devient le « murale » des temps modernes. Nous sommes devenus des nomades habitant des appartements selon l’évolution de nos familles ; accroissement successif ou diminution ; nous changeons de condition parfois, de quartier aussi. (…) Nous ne pouvons pas faire peindre un mural sur les murs de notre appartement. Par contre ce mur de laine qu’est la tapisserie peut se décrocher, se rouler, se prendre sous le bras à volonté et s ‘accrocher ailleurs. C’est ainsi que j’ai baptisé mes tapisseries «Muralnomad ».

Dès le début de sa formation Le Corbusier montre une attention a l’environnement. L’architecture est un lieu de vie, et Le Corbusier prend en compte tous les aspects de la vie quotidienne. Cette démarche « fonctionnelle » est caractéristique de cette période « moderniste » des années 20, mais pour Le Corbusier fonctionnalité n’exclue pas esthétique.

Dès ce moment, il collabore avec Charlotte Perriand pour le mobilier de ses architectures.

Puis dans les années trente c’est grâce à sa rencontre avec Marie Cuttoli, qu’il découvre la tapisserie. Ce fut une révélation pour le Corbusier, « j’ai trouvé dans la tapisserie une ouverture capable de recevoir une part de mes recherches murales où ma vocation trouve sa nourriture architectonique ».

Mais ce n’est qu’après la deuxième guerre mondiale, en 1948 qu’il pourra développer, le « Muralnomad ». Pour Le Corbusier, le « Muralnomad », est la réponse aux aléas de la vie modernes, un décors mural nomade, qui de plus a des propriété d’isolation acoustique et thermique.

De plus, pour Le Corbusier, la tapisserie répond au « légitime désir poétique », introduire dans l’architecture confort et beauté. La tapisserie fait partie de son œuvre, et est une partie de « l’unité d’habitation », que créé Le Corbusier.

Cette partie de son œuvre se fera avec la collaboration de Pierre Baudouin (ancien professeur de dessin à l’atelier-école nationale d’Aubusson), qui fera le lien entre peinture et tapisserie). Pierre Baudouin propose son aide à le Corbusier, c’est à dire ses connaissances techniques de la tapisserie. Pierre Baudouin a développé une méthode pour obtenir toute une palette de gris, sans passer par la teinture (instable) mais en mélangeant les fils noirs et blancs. La collaboration entre Pierre Baudouin et Le Corbusier est importante, car c’est Baudouin qui va guider Le Corbusier, afin de trouver la meilleure adéquation entre le carton et sa transcription en tapisserie. En effet, Le Corbusier ne cherche pas une simple transposition d’un tableau, mais trouver les lignes formes et couleurs, qui sont le plus en accord avec les matériaux et les techniques de la tapisserie.

La difficulté pour le Corbusier est de parvenir à se détacher de sa peinture, afin de trouver les éléments formels qui correspondent au travail du fil. Pour la tapisserie Le Corbusier va donc développer une technique particulière, il fait des maquettes en papiers découpés qu’il va ensuite agrandir. Ce n’est pas une copie de tableau que recherche le Corbusier, mais il veut fonder un art indépendant.

La tapisserie sera pour Le Corbusier, la réponse a son impossibilité de faire de la peinture murale. Il revendique une recherche qui ferait de ces « Muralnomad» un art majeur.

Pierre Baudouin sera celui qui viendra toujours remettre en question les compositions de Le Corbusier le poussant dans ses retranchements pour obtenir des lignes et des couleurs propre à la tapisserie. Ce qui conduisit les deux hommes des affrontements verbaux.

Baudouin jouera aussi un rôle de secrétaire, car si est conseiller technique, il va aussi s’occuper des dossiers de financement et des commandes de tapisserie. Pierre Baudouin est une sorte de directeur artistique, de maitre d’œuvre qui fait le lien entre l’artiste et les liciers d’Aubusson, qui rapporte les difficultés techniques et les conseils de liciers afin d’améliorer le carton.

Le Corbusier et Pierre Baudouin, auront aussi une part active dans l’enseignement, en effet à cette époque (milieu des années 50) Baudouin enseigne au lycée polytechnique de Sèvres, et des élèves vont l’assister dans la réalisation de cartons de tapisserie à partir de maquette de Le Corbusier. Le Corbusier lui même se rendra à plusieurs reprises au lycée de sèvres où il donnera des cours de manières informelle et impromptue.

Le Corbusier souhaite réaliser des tapisseries aux dimensions de plus en plus grandes, la difficulté était de trouver un lieu suffisamment grand pour réaliser les cartons d e tapisserie. Pierre Baudouin du déménager a plusieurs reprise. Une autre difficulté était les couleurs, en effet la palette de couleur disponible à Aubusson ne correspondait pas aux couleurs plus franches voulues par Le Corbusier, ils firent appel a une firme de teinture chimique allemande (Badische Aniline), qui su leur fournir des colorants, et grâce a cette collaboration Aubusson eu a sa disposition des couleurs de fils plus franches, correspondant aux souhaits de Le Corbusier.

Une exposition de 13 tapisseries et du livre « les poèmes de l’angle droit « édité par Tériade, eu lieu à La Chaux de Fond en 1957.

Certaines de ces tapisseries furent exposées par la galerie Denise René, puis Denise Majorel.

Ce sont plus de trente tapisseries qui ont ainsi été réalisées. La tapisserie lui permettra aussi d’intégrer à son œuvre architecturale des éléments issus de son œuvre de peintre, car nous retrouvons dans les tapisseries de Le Corbusier, des thèmes, et des éléments formels caractéristiques de sa peinture. C’est un univers poétique qu’il va déployer sur ses tapisseries.

Toutes les tapisseries dessinées par Le Corbusier furent réalisées à Aubusson, les difficultés auxquelles furent confrontés les liciers, et de trouver les moyens pour restituer les aplats de couleurs dans leur pleine richesse, ainsi que la ligne, qui est la traduction directe de la pensée du peintre.

  • Tapisseries du Palais de la Haute Cour de Chandigarh 1955-1956 :

(9 tapisseries) « Ces tapisseries ont été crées pour des raison acoustiques, mais aussi de stimulant psycho-physiologique par leur polychromie et par la présence intellectuelle et poétique de quelques symboles ».

Une tapisserie de 12x12 m, et 8 tapisseries de 8x8m. Réalisées par des ateliers du Cachemire,

Composition géométrique, aux fortes lignes orthogonales,

  • La tapisserie de Tokyo 1956 : tapisserie de 230 m2, rideau de scène pour un théâtre,

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Commenter cet article

Mélanie 04/11/2015 10:16

C'est vraiment magnifique, j'aime beaucoup toutes les collections du Corbusier. Il y a vraiment de très belles tapisseries modernes !
Regardez ce que j'ai trouvé : http://www.boccara.com/product/aubusson-1950-nature-morte-de-le-corbusier-350x250/ C'est dans la lignée de sa création picturale qui, bien que peu connue, est vraiment intéressante !