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Art-Histoire-Littérature

Introduction à la sculpture moderne : La sculpture cubiste , 3ème partie

26 Avril 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Picasso, guitare 1912

Picasso, guitare 1912

Henri Laurens
Henri Laurens

Henri Laurens

Otto Guntfreud
Otto Guntfreud

Otto Guntfreud

Csaky
Csaky

Csaky

Lipchitz
Lipchitz

Lipchitz

Archipenko
Archipenko
Archipenko

Archipenko

Julio Gonzalez
Julio Gonzalez

Julio Gonzalez

La sculpture Cubiste

Le travail/ la recherche que réalise Picasso au même moment da sa peinture cubiste est similaire, mais cette recherche accompagne son travail de peintre car c’est exactement à ce moment qu’il réalise une analyse similaire de son sujet, mais en peinture. Et comme en peinture il parle pour sa sculpture de l’interpénétration des plans et des angles, ce qui sous-entend qu’il commence à penser la sculpture non en terme de pleins, et de volume mais de vides, annonçant les recherches que développeront les constructivistes, come Pevsner, Gabo, Kobro…

Cette recherche cubiste en sculpture conduira Picasso à trouver le chemin vers un visage qui ne sera plus convexe, mais concave, en liens avec les formes trouvées dans l’art africain. Tête de femme Fernande 1909. Son travail sur les vides et les pleins, permet de faire alterner ombres et lumières sur la matière.

Mais l’année 1912, sera aussi marquée par une production inédite de Picasso, La guitare, ici Picasso bouscule encore plus les codes de la sculpture, en utilisant des techniques et matériaux nouveaux à la sculpture traditionnelle, il réalise ici une construction, un objet, qui s’accroche au mur tel un masque ou un bas relief, brouillant ainsi les repères habituels, et se plaçant délibérément à la croisée des chemins entre peinture et sculpture. Picasso détourne des objets réels pour en faire des constructions, qui évoquent d’autres objets; la nature morte est ainsi transformée en signes plastiques,

Quelques années plus tard le sculpteur Henri Laurens reprendra ce thème de la construction cubiste dans son travail, compotier de raisin, et son travail sera aussi influencer par sa rencontre avec Braque.

L’année 1911 voit fleurir le cubisme dans les salons d’avant garde, comme le salon des indépendants. Son influence sera rapide sur les différents courants d’avant garde européens, le futurisme italien, l’expressionisme de Berlin (der Sturm), où le fauvisme Munichois, appeler aussi synthétisme. Pour des raison formelle, où spirituelle le cubisme semble correspondre au sentiment de « fin de règne » qui est celui de l’Europe qui se prépare à une guerre qui sera mondiale.

Ce sont pour l’ensemble de jeunes artistes venus se former à l’atelier Bourdelle (élève de Rodin), et qui découvrent le cubisme, certains comme Otto Gutfreund développeront cette recherche vers des formes plus expressionnistes, (portrait du père). Dans son buste cubiste, il reprend le principe cubiste d’interpénétration de plans, mais en développant les effets de volumes, grâces aux effets de pleins et de vides. D’autres artistes suivant cette voie cubo-expressionniste, sont :

-le hongrois Joseph Csaky 1888-1971, la caractéristique de son travail est de créer un effet dynamique intense, avec un vocabulaire de forme inspiré du cubisme. Tête 1914 musée d’art et industrie de st Etienne, composition cubiste 1919. « Je ne suis qu’un tailleur d’image, comme ceux de Chartres et de Cluny ».

- le lituanien Jacques Lipchitz, 1891-1973 « au début de l’années 1918, j’ajoutai un nouveau terme a mon vocabulaire plastique lorsque je pris conscience de l’espace négatif, et que je commençait a en utiliser les effets. Il s’agissait simplement d’entourer un vide de formes solides, de façon à l’encadrer, et d’utiliser ce vide de préférence au volume de la pierre, afin de suggère la tête ou une partie du torse. » Lipchitz souligne l’importance de l’art africain et de la peinture cubiste comme source d’élaboration de son œuvre, mais souligne aussi la révélation de la lumière, et de la manière dont la lumière accroche les volumes, les dessinent, et surtout peut aplanir certains d’entre eux. Des angles vifs accrochent mieux la lumière que les reliefs doux et arrondis.

-Archipenko.1887-1960 Lui aussi s’inscrit dans cette révolution cubiste de la sculpture. Travaillant les effets de lumières, articulant un jeu complexe de formes convexes et concaves, il est attentif à réaliser une forme dans l’espace dont chaque élément est nécessaire à l’expression de l ‘ensemble, bannissant effets décoratifs, et effets de manches.

Une dernière figure de la sculpture cubiste est Julio Gonzales. Un des pères de la sculpture en fer moderne, initie Picasso aux technique de soudure qu’il maitrise depuis l’enfance ayant été formé dans l’entreprise familiale de ferronnerie d’art à Barcelone pour se spécialiser dans l’orfèvrerie d’art. Julio Gonzales s’installe à Paris dans les années 1900. C’est après la première guerre mondiale alors qu’il travail dans les ateliers de soudure des usines Renault qui développe des techniques de soudure qu’il utilisera dans sa sculpture. Renouant avec Picasso après une longue période de brouille, il accompagne techniquement celui ci dans son travail sur fer. Gonzales va cependant petit à petit développer un langage propre et sera une source d’inspiration pour tout les sculpteurs des générations suite qui travail le métal. Cette nouvelle technique utilisant le fer soudé, matériau symbole de la modernité, permet une approche différente, permettant de tracer une figure humaine abstraite dans l’espace.

La sculpture cubiste va permettre à la sculpture futuriste de se développer, car la fragmentation des formes sera reprise par les futuristes qui vont essayer de synthétiser l’ensemble grâce à la rechercher du mouvement.

La sculpture des futuristes, est en ce qui la concerne volontairement en rupture avec les formes du passé. Où la volonté au départ théorique de dynamisme et de mouvement, volonté qui veut rendre compte de son époque, va être appliqué à la sculpture. Afin de traduire cela de manière plastiques les sculpteurs futuristes vont de donner à la matière des formes qui rende compte de ce dynamisme et de ce mouvement.

Il faut cependant, mettre un bémol en disant que ce serait les premiers à vouloir rendre le mouvement dans la sculpture, car Rodin dans les années 1905, fait tout un travail sur la danse, où il recherche justement cela : traduire un effet de mouvement dans la sculpture qui est par essence figés. En effet la sculpture de Boccioni est une forme qui se place dans la continuité de l’homme qui marche de Rodin. A la différence que la matière semble être déformée par le mouvement. Mais la sculpture est ici dans la tradition, ne remettant pas en cause ses fondements classiques.

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