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Art-Histoire-Littérature

introduction à la sculpture moderne : la révélation des arts primitifs , 2ème partie

19 Avril 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Gauguin, Oviri

Gauguin, Oviri

André Derain

André Derain

Picasso, tête de Fernande

Picasso, tête de Fernande

Kirchner femme qui danse

Kirchner femme qui danse

jacob Epstein , la perforeuse. Gaudier -Brzeska , portrait Ezra Pound
jacob Epstein , la perforeuse. Gaudier -Brzeska , portrait Ezra Pound

jacob Epstein , la perforeuse. Gaudier -Brzeska , portrait Ezra Pound

Modigliani
Modigliani

Modigliani

Brancusi,
Brancusi,
Brancusi,
Brancusi,
Brancusi,

Brancusi,

un des premiers à travailler a nouveau la taille directe fut Brancusi pour qui la taille directe permet un accès à la « vraie » sculpture ».

Mais ce qu’il faut surtout remarquer en ce début de XXème siècle, est que les premiers interroger les règles de la sculpture et a révolutionner cette dernière seront des peintres : Gauguin, Picasso, Matisse, Kirchner, Boccioni. On peut remarquer que les beaux arts commencent à ce décloisonnés, et l’artiste peut être à la fois peintre, sculpteur et graveur…

La révélation des arts « primitifs » :

Les objets et œuvres ramenés en Europe par les explorateurs, furent d’abord des curiosités ethnographiques, pour au milieux du XIX siècle être compris pour certaine d’entre eux comme des œuvres à part entière. Mais ce n’est qu’au début du XXème que les artistes vont s’intéressés à cette production en visitant les collections des musées ethnographiques.

Non seulement les artistes de ce début du XXème siècle mettent sur le même niveau les productions occidentales et les productions venant d’Afrique et d’Océanie, mais ils vont de plus être influencé par ces oeuvres, ce qui se verra dans le renouvellement de leurs formes.

Certains d’entre eux achèterons des oeuvres, comme Matisse, qui acquiert une statuette Vili du Bas-Congo. Cette influence est visible dès 1907 dans les sculptures française, et à partir de 1911-12 en Allemagne. Les arts premiers seront une source d’inspiration tout au long de la première moitié du XXème siècle, et se retrouve aussi bien dans le cubisme, que le surréalisme quelques années plus tard.

Ce que ces peintres d’avant garde vont comprendre en observant ces sculptures africaines ou océaniennes, est que l’art ne doit plus être descriptif mais expressif, porteur d’une force vitale brute. Ouvrant de plus en plus de nouvelles perspectives, donnant une liberté, que ne permettaient plus les formes occidentales. Les formes étaient soumises à des codes millénaires, comme le contrapposto, les arts premiers proposent une représentation du corps, dont les proportions sont régies par la force magique que l’on veut donner à telle ou telle partie du corps. Faisant ainsi ressortir le torse ou la tête et surtout les attributs sexuels. La statue ou le masque doit permettre l’incarnation d’une force divine ou magique, et certaines œuvres peuvent conjuguer des matériaux divers

Le salon d’automne de 1906 consacre une rétrospective à Paul Gauguin, où sont exposées des sculptures comme Oviri. Paul Gauguin dans cette sculpture remet en question les canons classiques, académiques de l’art occidental, pour y insuffler une nouvelle manière de concevoir la représentation du corps selon d’autres canons, porteur d’une force expressive. La sculpture sur bois est réalisée en taille directe, ce qui donne au spectateur un rapport direct et immédiat avec la matière bois, un effet brutal.

André Derain sculpte directement dans la pierre des escaliers de la maison familiale de Chatou (1906-1908) après avoir vu les sculptures en bois réalisés par Gauguin à Tahiti (exposé au salon d’automne de 1906). Lors de son séjour à Londres en 1906 Derain visite le British Museum où il admire des sculptures aztèques. En taillant directement dans la pierre Derain se confronte au bloc, qui donnera sa forme à la sculpture. Cette adéquation entre la forme sculptée et le bloc dont elle est issue est une des caractéristiques des sculptures médiévales, autre source d’inspiration de Derain.

Quant à Pablo Picasso il sera dans un premier temps lui aussi marqué par les œuvres sculptées que Gauguin avait réalisées à Tahiti. Puis influencé par la sculpture pré-ibérique, et finalement africaine. On parle d’une période nègre chez Picasso entre 1907 et 1908. Période au court de la quelle il dessine de nombreuses sculptures africaine, à partir dès quelles il saura élaboré un style propre.

Picasso : figure cariatide

Le groupe expressionniste allemand qui se rassemble dès 1905 autour de « die Brücke », voit dans les arts premiers non seulement une force expressive, mais aussi un art qui n’est pas gauchi par le carcan moral de l’époque et qui révèle une puissance sexuelle. Il prendrons aussi en compte les disproportions du corps, et le matériaux qui est laissé brut.

Femme qui danse Kirchner.

Cependant les expressionnistes semblent plus attirés par l’art océanien, et font un art qui reprend un corps de type européen, mais dans des positions plus ouvertement sexuelles, aux corps disproportionnés.

On voit cet engouement de la jeune génération pour les arts premiers aussi à Londres, où les sculpteur Jacob Epstein (La perforeuse), et Henri Gaudier-Brzeska qui ne travail qu’en taille directe (tête hiératique d’Ezra Pound, influencé par le têtes de l’île de Pâques), qui influenceront à leur tour Henri Moore.

Mais aussi Modigliani, et Brancusi qui sont voisins d’ateliers en 1909 à Paris, (La Ruche) ils vont eux aussi être inspiré par l’art africain.

Modigliani réalise des têtes et des femmes en pierre de taille (volées la nuit ans les chantiers parisiens), cette œuvre sculptée est restreinte :23 pièces, elle apparaissent comme des éléments d’architecture sculptées, comme si il avait voulu recréer un temple. Ses têtes semblent des masques qui évoquent aussi bien la sculpture africaine que les masques japonais.

Brancusi, va personnalisé cette influence primitive, en y insufflant des formes issus de ses visites au Musée Guimet où il admire la statuaire bouddhique, dans le salles égyptiennes du musée du Louvre où s’élèvent des oeuvres monumentales, de la statuaire gothiques qu’il admire au portail de la cathédrale de Chartres et du folklore roumain. Mais aussi en fragmentant les corps, en s’inspirant de Rodin. Brancusi rencontre les figures importantes de l’avant garde parisienne, comme Henri Rousseau, Matisse, Apollinaire.

Un des premiers actes pour renouer avec les forces primitives de la sculpture sera la taille directe. Et à partir de 1906-07 ses sculptures s’inscrivent dans le bloc minéral, comme premier baiser. Cette sculpture rappel l’homme accroupi de Derain. Ses formes se simplifient, se fragmentent comme pour la muse endormie (portrait de la baronne Renée Frachon). Au fur et mesure Brancusi va de plus géométriser les formes stylisées qu’il « extrait « des visages de ses modèles. Mais il gardera toujours le désir de préserver la densité et la force du bloc de minéral dans le quel est taillée la sculpture.

. A la recherche de l’expression la plus juste il s’éloigne d’une représentation réaliste du corps, épurant et simplifiant la forme. Mademoiselle Pogany. 1912.

C’est en 1912 que Brancusi réalise sa première vente importante : un grand couturier lui achète un bronze : la Maiastra pour orner le grand salon où défilent ses mannequins. Brancusi sera aussi apprécié parle maharadja d’Indore.

Ces artistes qui étaient revenus à la taille directe, recherche la « vérité du matériau », cherchant à rendre la présence élémentaire de la pierre.

Cette génération voit aussi les progrès scientifiques et industriels qui innovent sans fin, inventant de nouvelles formes qui apparaissent comme parfaite : la double hélice d’un avion, qu’admirent Fernand Léger, Duchamp et Brancusi, lors d’un salon de l’aviation.

Quand à Matisse il a une place importante dans la naissance de la sculpture moderne, car si il a une formation plutôt classique dans l’atelier de Bourdelle, et si ses premières sculptures sont directement inspiré de Rodin, il va rapidement évolué, en isolant les volumes principaux, et en les faisant ressortir, tout en parvenant à garder une unité,une cohésion à son sujet. Il va également rencontrer l’art africain qui aura une forte influence sur son approche des volumes et des proportions. Madeleine, Jeannette.

Mais en gardant la technique classique de modelage.

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