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Art-Histoire-Littérature

les avant gardes russe: suprématisme et constructivisme

6 Avril 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Malevitch suprématisme
Malevitch suprématisme
Malevitch suprématisme
Malevitch suprématisme
Malevitch suprématisme

Malevitch suprématisme

Rodchenko
Rodchenko

Rodchenko

Tatline relief
Tatline relief
Tatline relief

Tatline relief

Malevich, le suprématisme :

Depuis son adhésion à l’association pétersbourgeoise Union de la jeunesse, Malevitch participe a de nombreux débats publics, où son talent d’orateur peut s’exprimer. Lors de ces réunions un projet d’opéra futuriste voit le jour, sorte de parodie des drames musicaux Wagnériens.

  • Un opéra aveniriste : « la victoire sur le soleil » 1913. Composition musicale de Matiouchine, livret de Kroutchonykh, prologue de Khlebnikov, et décor scénographie et mise en scène de Malevitch. Opéra financé par l’union de la jeunesse St Petersburg.

Cet opéra sera présenté en alternance avec une tragédie de Maïakovski.

L’union de la jeunesse avait déjà financé des productions de spectacle. Il faut rappeler la grande inventivité du théâtre russe en ce début de XXème siècle, mélangeant, théâtre cabaret, et cirque, spectacle plus prolétaire, mais d’une grande richesse et grande modernité.

L’opéra « la victoire du soleil » s’inscrit dans cette tradition.

Malevitch au cours de ces années décompose le tableau, fait l’inventaire de ses éléments formels, il isolera les deux principaux : le plan et la couleur.

Son carré noir sur fond blanc à pour origine « la victoire sur le soleil ». Où il utilise un vocabulaire abstrait, en particulier pour les décors du 4ème et 5ème tableau. Ainsi que le costume du fossoyeur dans le troisième tableau » les fossoyeurs du soleil » : un carré noir.

L’intuition de 1913, se réalisera en 1915. Mais y sont déjà définie ses couleurs de base : le noir et le rouge.

-Rupture avec le passé : avec les académismes. 0.10,

-remise en question de la conception de l’espace et du cosmos, nouvelle appréhension du monde qu’ils cherchent à traduire dans leur peinture.

C’est grâce aux expositions du « valet de carreau » et « O.10 » que le suprématisme est révélé au public.

Développement du suprématisme :

Suprématisme : suprématie de la couleur, libérée de toute référence à un objet ou un sujet. Sans espace illusionniste, mais affirmation de l’espace du tableau. Malevitch dit « libérer le Rien », en libérant le rien, il est liberté pure .

Le suprématisme marque un point 0, c’est à dire un renouveau. C’est une libération de la couleur et de la forme pour eux même, choisi et composé pour répondre à la sensation de l’artiste.

Malevitch a mis au point un art Non-objectif. (Sans objets) : « l’auteur ignore le contenu de ses peintures » Malevitch.

Carré noir, présenté fin 1915 à l’exposition « 0.10 » , c’est la non figuration, le monde sans objet.

Le carré noir prend la place de la figure dans les tableaux de Malevitch. On peut ici réfléchir aux périodes iconoclastes de l’histoire russe. Et sa résolution dans l’image (icône) qui met en relation le visible et l’invisible. Sorte de Véronique moderne, le visage devient un carré noir. Malevitch parle de son quadrangle comme « icône de notre temps ». Les photos de l’exposition nous montre le tableau accroché dans un angle supérieur de la pièce, comme est accroché une icône dans la maison de chrétiens orthodoxes. « Le beau coin », où une trinité est formée par les lignes de l’angle de la pièce avec le plafond.

Le carré noir est contemporain de la fin des tsars et de la première guerre mondiale. Il recherche un point zéro, une table rase sur la quelle édifié une création nouvelle. Qui permet de prendre en compte l’espace réel du tableau. De plus Malevitch accorde une grande importance à l’accrochage, d’autant que ses tableaux n’ayant pas de sujet ils n’on pas de sens de lecture, il peuvent donc être accroché dans n’importe quel sens.

« C’est pourquoi Malevitch offre au spectateur de la « dernière exposition futuriste : 0.10 »un accrochage qui au premier abord peut paraître totalement fantaisiste : des toiles suspendues sous le plafond, dans un coin, etc. Fantaisie uniquement apparente : il s’agit d’affirmer par tous les moyens l’indépendance spatiale de surfaces plans librement projetées dans l’espace. »Andreï Nakov.

La même année il publie «Du cubisme et du futurisme au suprématisme. Le nouveau réalisme pictural »accompagné de deux illustrations.

Les compositions suivantes voient la multiplication des formes et couleurs, mais

Malevitch contrairement a Kandinsky n’utilise (revendique) pas la dimension psychologique de la couleur, mais un moyen d’anime la surface du tableau.

La première élève de Malevitch est Olga Rozanova, c’est composition pourraient être évoquées comme des icones abstraites, restitution des rythmes universels. Composition sans objet bande verte .

Sentiment de la dimension prophétique de l’œuvre de Olga Rozanova, (meurt en 1918)

Ivan Klioun, Ivan Pougny , Lioubov Popova, (architectonique picturale ) plusieurs artistes suivent Malevitch est fondent la revue Supremus, si trois numéros ont été préparées et pensés la revue de voit jamais le jour, a cause de la révolution d’octobre.

Design : œuvres décoratives de Gontcharova : stylisme, tapisserie, broderie, ateliers dirigé par Natalia Davydova, à Verbivka, Ukraine. Projets d’inspiration suprématiste dessinés par Popova, Rozanova,

b)Vladimir Tatline, le constructivisme. :

Fondateur du constructivisme :

Né en 1885, Ukrainien, issus d’une famille bourgeoise (père ingénieur), cependant entretient de très mauvaises relation avec père et belle mère (mère morte jeune), a 18 ans fuit et s’engage dans la marine, il travail comme marin jusqu’en 1915.

1904 : école d’art de Penza, professeur Afanassiev

1910 collège de Moscou, grâce a Larionov introduit dans le cercle des peintres d’avant garde.

Expose à « l’union de la jeunesse », œuvre influencé par Cézanne, jusqu’en 1912, il produit des tableaux dans la ligne du « Cézannisme –Fauve »

Jusqu’en 1913 travail en étroite collaboration avec Larionov et Gontcharova.

Gontcharova introduit Tatline à la peinture d’Icône. Réalise en 1912 des costumes et décors de théâtres (L’empereur Maximilien et son fils Adolphe) exposés à « la queue de l’âne ». Contrairement aux autres, il et peu prolifique et travail lentement.

1913, expose au « valet de carreau ». Composition d’après un nu. Le peintre de référence est pour lui Cézanne, découvert à Moscou chez Chtchoukine. Ainsi que Picasso, et Fernand Léger.

Tatline afin de subvenir a ses besoin fit différents métiers, lutteur dans un cirque, musicien dans un groupe folklorique, 1913, il parvient atteindre Paris où il désir rencontrer Picasso, qu’il rencontre en effet, il sera très influencer par les constructions de Picasso. Entre 1914 et 1915, on voit plusieurs artistes développer des « sculpto- peintures »abolissant les frontières entre peinture et sculpture. Encore une fois, on peu voir dans le développement des reliefs la conjonction des avants gardes occidentales et les icones russes où peut voir des ajouts de matériaux en relief.

1913-1914 : Tatline réalise des peintures en reliefs, des constructions dynamiques et ouvertes qui sculptes l’espace. La bouteille, Reliefs, il utilise une multiplicité de matériaux, cependant ces derniers plan, courbes, rectangulaires, sont agencés de manière à sculpter l’espace. C’est ici l’unique relief de Tatline faisant référence à la figuration.

Ses reliefs sont fait d’abord sur un fond, qui isole encore ses compositions, puis sans fond, « construction d’angle »-1915-1916 de manière a pénétrer entièrement l’espace du spectateur. Contre relief angulaire 1914-1915 :mise en place de tensions et d’équilibres. L’espace est sculpté, tout en gardant le statut de l’œuvre accroché au mur. Est revendiqué la filiation avec la peinture.

Tatline travail les matériaux et les étudie. On observe une très grande diversité de matériaux, plusieurs essences d’arbres, cuir, métal, bois peint puis pulvérisé à la craie, Cette attention aux matériaux sera une des bases de son enseignement, et un des fondements du constructivisme. Observateur des formes et structures de la nature, pour lui l’art c’est de donner forme aux matériaux, d’utiliser les matériaux conformément a leur nature. Cependant Tatline n’est pas un théoricien, si il laisse quelques écrits, ce sont des notes, ni traités ni essais. Il se positionne contre les -isme. Tatline transmet ses réflexions grâce a l’enseignement, c’est un « maitre », qui anime une communauté d’artiste.

Tatline présente ses reliefs aux expositions « tramway V » et « 0.10 », c’est lors cette exposition qu’a lieu la dispute entre Malevitch et Tatline, ce dernier expose finalement dans une salle a part. contre relief bleu.

Dès ces années une forte rivalité oppose Tatline et Malevitch. Qui au demeurant s’admirent mutuellement en secret reconnaissant chacun le géni de l’autre, mais ne supportant pas la proximité.

De ces reliefs et contre reliefs il ne reste quasiment plus rien, ils ne sont connus que par des photographies, ou compte rendu d’expositions,

Archipenko, Baranov-Rossiné, Pougny : relief au marteau,(ready made ?),relief à la tenaille, autoportrait de Maïakovski,

Lioubov Popova, présente des dessins et relief dont la non figuration et la structure montre la forte influence de Tatline. Le thé

Sofia Dymschitz-Tolstaïa, élève de Tatline , relief sur verre, effets de transparence et opacité.

Olga Rozanova réalise aussi des reliefs.

Reliefs figuratifs cubistes : Baranov-Rossiné : L’artiste invalide , le toréador. Archipenko

c)une avant garde russe activiste et mobilisée : malgré la guerre et les difficultés matérielles l’avant garde est mobilisée et active.

Expositions phares : comme

-« tramway V » / (st Petersburg 1915-moment historique : rencontres des membres des écoles de peinture abstraite).

-« O, 10 ». (Malevitch y proclame son système suprématiste – carré noir sur fond blanc)-1917 : blanc sur blanc.

-« le magasin » : exposition organisée en 1916 par Tatline qui révèle Rodchenko.

En février 1915, l’exposition tramway V, financée par le peintre Pouni, exposition qui rassemble.

Tatline y présente ses reliefs dans l’espace, quand à Malevitch il y présente ses tableaux « alogique ». Les autres artistes présentent des oeuvres cubo-futuristes : Lioubov Popova, Oudaltsova, Alexandra Exter,

Lioubov Popova : aussi bien influencée par Malevitch que par Tatline, elle développe un art abstrait personnel, elle travail pour le théâtre et l’industrie textile,

Klioun : disciple de Malevitch, représentatif de l’école suprématiste.

Décembre 1915 : l’exposition « dernière exposition futuriste -O.10 », Malevitch montre ses premiers tableaux suprématistes. Querelle Tatline/Malevitch. Deux salles distinctes ; une où Tatline expose ses peinture en relief et « contre-reliefs d’angle », et Malevitch ses tableau suprématistes. Par la suite Malevitch donnera des conférence afin d’expliquer cette nouvelle esthétique qu’il appellera « suprématisme » : Pouni, Menkov, Klioun.

1916 : « Le magasin » : Alexandre Rodchenko, né à st Petersburg 1891, fils d’un fabricant d’accessoires de théâtre, il commence a dessiner très tôt, suis des cours à l’école d’art de Kazan, puis rentre a Moscou en 1914, intègre l’école d’art industriel : École Stroganov. Le Danseur, encore emprunt de cubo futurisme. 1916, développe une peinture abstraite géométrique fondée sur le cercle. Il sera d’abord inspiré par Malevitch, puis ensuite se tourne vers Tatline. De ce dernier il prend l’intérêt pour les matériaux, les textures se tournant définitivement vers le constructivisme. Comme Tatline il travail la matière dans l’espace, et souhaite devenir un artiste ingénieur.

Entre 1915, et 1917, alors que la guerre mondiale fait rage, les jeunes artistes d’avant garde russe s’engage dans une des voies dessinée par Malevitch et Tatline. C’est une période de grande liberté et d’enthousiasme pourtant une incompréhension mutuelle empêche un vrai dialogue avec la société russe qui les tient à l’écart.

Kandinsky est a Moscou où il travail, mais ne participe pas ces expositions.

  • Décoration intérieure du café-théâtre « Pittoresque », industriel Filippov commande le décor à Tatline, qui s’adjoint Rodchenko et Iakoulov. Ce café deviendra un lieu de rencontre de artistes. Décoration intérieure où des constructions sont intégrées à l’espace, recherches d’effets dynamiques accentués par des jeux de lumière. Ont lieu des soirées mémorables au café Pittoresque qui peuvent se rapprochées des soirées Dada de Zurich à la même époque. Les poèmes sont Khlebnikov et Kroutchonykh. Quand éclate la révolution d’octobre les artistes y voient un moyen de réaliser leurs projets, et de construire un monde nouveau.

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