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Art-Histoire-Littérature

Black Mountain College: une pédagogie expérimentale 1ère partie

24 Mai 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Josef & Anni Albers,John Rice
Josef & Anni Albers,John Rice
Josef & Anni Albers,John Rice
Josef & Anni Albers,John Rice

Josef & Anni Albers,John Rice

Black Mountain College.

(College= établissement d’enseignement supérieur)

Ce projet utopique est né de la grande dépression et de la montée du fascisme. Il fut fondé en 1933, suite à une brouille de professeur au sein d’un autre College, et bien que l’expérience fût courte, elle fut intense. Le Black Mountain Collet fut un lieu d’expérimentation artistique et pédagogique qui marqua le XX siècle.

Bien que ce ne soit pas qu’une école d’art, toutes les matières y étant enseignées l’art est cependant au centre du projet de l’école.

Car la philosophie de l’école est « apprendre en faisant ».

John Rice le fondateur de l’école, souligne qu’il souhaite enseigner une méthode et non un contenu, créer une synergie et non arriver à un résultat,… ». "L’école et son enseignement ne peut être décrit, mais on doit en faire l’expérience". En effet l’expérimentation est au cœur du projet pédagogique du BMC.

Le Black Mountain College fut aussi le résultat de la vague d’émigration importante au début des années trente, conséquence de la montée du fascisme en Europe. Et fut marqué par l’expérience de l’école du Bauhaus, reprenant l’idée d’un pratique artistique multidisciplinaire, et d’une communauté d’élèves.

Le campus qui se situait au pied des Blue Ridge Mountains. Ce lieu majestueux contribua l’atmosphère qui pouvait régner au BMC.

« la localisation du College avait aussi de l’importance pour nous : relativement haut dans les montagnes, sur les berges d’un petit lac niché au coeur d’une grandes vallée, encerclé de hautes montagnes, couvertes de grandes forêts. Les matin étaient tout particulièrement magiques, la brume s’élevait du lac, enveloppant les alentours, et quad elle se levait lentement elle laissait apparaître le contour des arbres et des montagnes, la lumière apparaissait comme quelque chose de mystérieux et nouveau » Lyonel Feininger

Il reste aujourd’hui différentes traces, des photos des manifestations ou happenings, des lettres et autres documents qui permettent de reconstituer ce que fut cette expérience unique.

1.Création d’une nouvelle école : 1933-1940

1933, n’était pas l’année la plus propice pour créer une école supérieure expérimentale ! L’Amérique est en pleine dépression économique et l’Europe, qui subit également cette dépression voit la monté du nazisme et la guerre devenir inévitable.

A ce moment le College de Winter Park en Floride connaît un conflit interne, qui se joue autour du professeur de lettre John Rice et de sa pédagogie, qui conduisit à une enquête interne , ce qui amena le départ de nombreux étudiants et la démissions de plusieurs professeurs.

Rice qui avait déjà discuté du College idéal dans ses cours avec ses étudiants. Les évènements font émerger l’idée de réaliser cet idéal.

Rice et ces sympathisants, décident alors contre toute attente, et sans aucun réalisme, de fonder un College qui serait l’expression de leurs idéaux.

Au cours d’un été, des fonds sont rassemblés (les 14 500 dollars nécessaires furent rapidement trouvés, suite a un don anonyme –famille Dreier), un programme édité, l’état de la Caroline du nord est partant pour accompagner le projet et des étudiants sont recrutés (avec quelques difficultés).

Il y eu un moment de flottement ou certains soutiens se détournèrent à la dernière minute, mais il était trop tard pour arrêter le projet.

Des bâtiments qui servaient de lieux de conférence l’été à l’association YMCA, (Robert E. Lee Hall), étaient vide l’hiver et furent investit. L’ouverture ce fit en septembre !

C’est donc avec énergie et enthousiasme qu’est fondé en un été le Black Mountain Collège.

Rassemblant, John Rice lettres classiques , Théodore Dreier prof de Math et physique , Frederick Georgia prof de chimie, Joseph W Martin prof d’anglais , Margaret Loram Bailey anglais et théâtre, Emmy Zastrow prof d’allemand, William Wheeler Hinckley prof de psychologie, Ralph Reed Lounsbury un avocat, (meurt peut de temps après l’ouverture). Le College reçoit sont accréditation en aout 1933.

Et avant la fin de l’année le collège rassemble 11 professeurs et 22 élèves,

Ce qui se met alors en place reprend la structure habituelle des universités américaines, la seule différence est que les décisions se prennent après discussion, quand un consensus est atteint, et non au vote. Un vrai esprit démocratique est mis en place,

L’éducation vise la personne entière : tête, cœur et mains.

Et cela grâce à un système de coopération, de tutorat et beaucoup de débrouillardise.

Les professeurs apportent des connaissances aux élèves mais surtout des outils pour apprendre à trier et évaluer et exploiter celles ci.

Les systèmes d’évaluation classique ne sont plus utilisés (bien qu’un équivalent existe pour permettre aux élèves qui le souhaitent de rejoindre d’autres collèges.)

Tous les élèves participent à la vie communautaire de l’école quelque soit leur moyens respectifs. Cet engagement dans la vie communautaire de l’école est obligatoire celle ci faisant parti de son programme pédagogique. Les professeurs et les étudiants prenaient en charge la maintenance quotidienne, servir les repas…

Bien qu’aucun cours n’est obligatoire, tous les élèves doivent suivre des cours artistique, les arts permettant d’apprendre la discipline, l’initiative, la responsabilité ainsi que de développer l’imagination, qualités nécessaires quelques soit le métier choisi par la suite. Chaque élèves combinait sont choix de cours avec l’aide son tuteur

L’enseignement était diviser en deux étapes, les junior : études générales sur deux ans, et les seniors, études spécialisées.

Un examen était passé concernant les arts, Mais la plus grande part des études pour les seniors se faisait sous le mode du tutorat. Les études étaient finalisées par un examen oral et écrit, corrigé par un jury constitué de professeurs du College mais aussi de professionnels extérieurs selon la branche de spécialisation choisie.

Le projet pédagogique expérimenté au BMC, est basé sur le vie en communauté, ce qui rend l ‘expérience a fois intense mais aussi fragile, car reposant sur un équilibre instable, celui de l’association de caractères forts. « the process of living together, educates. It enlarges and enlighthen exprerience, it stimulates and enriches imagination, it creates responsibility for accuracy, and vividness of statement and thought »

En proclamant leur projet pédagogique, les fondateurs du BMC, vont aussi entrer dans un débat sur la pédagogie qui a alors lieu dans les grandes écoles américaines.

Rice et Dreier recherchaient un professeur pour la partie art plastique du programme et l’architecte P. Johnson leur recommanda Josef Albers, alors professeurs à l’école du Bauhaus en Allemagne et qui venait de fermer ses portes, suite aux ordres de Hitler. Johnson avait assister a un des cours préliminaire mener par Albers au Bauhaus, Albers avait de nombreuses raisons pour vouloir quitter l’Allemagne, il était accusé de bolchévisme et sa femme Anni était juive. Rice et Dreier lui firent parvenir une longue lettre où étaient détaillés les principes qu’ils souhaitaient mettre en place au BMC. Albers a prévenu qu’il ne parlait pas anglais, et on lui répondit qu’on ne savait même pas si le collège parviendrait au bout de sa première année d’existence. Albers et sa femme Anni arrivent deux mois après l’ouverture du College.

L’arrivée du couple Albers fut un évènement important, car si le College avait déjà une conception progressiste de l’éducation, Josef et Anni Albers apportent la modernité. Josef Albers adaptera le cours préliminaire qu’il faisait au Bauhaus aux élèves du BMC. Le but était une éducation de l’œil avant tout apprentissage de techniques spécifiques.

Anni Albers pris en charge une classe de design textile, donna aux élèves une compréhension des matériaux et ainsi permettant d’ouvrir des portes directes avec l’industrie.

Les ateliers principaux qui existèrent au BMC furent l’atelier textile (tissage) et l’atelier céramique (poterie, à partir de 1949), ainsi que l’atelier bois et imprimerie (utiliser pour l’édition de textes), ces deux derniers ayant une existence plus sporadique. Ces ateliers ont une place fondamentale dans l’histoire du BMC, et partie grâce aux personnalités de Anni Albers, et Marguerite Wildenhain.

Des cette expérience, reste des livres qui firent dates : On weaving de Anni Albers, Form & expression de Marguerite Wildenhain, Centering in pottery, poetry and the person de MC Richard. Un des plus important potier américain du Peter Voukos, était élève au BMC.

Ces livres, avaient comme point commun de voir dans la pratique du tissage ou de la poterie, plus que l’apprentissage d’un savoir faire, mais l’accès a un moyen de revivifier les sens et par cela l’esprit.

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