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Art-Histoire-Littérature

Le Black Mountain College, 2ème partie

31 Mai 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie
Le Black  Mountain College, 2ème partie

Si la communauté a évoluée à travers les années, les premières années furent cependant marquées par les personnalités fortes de ses professeurs :

Les années 30 furent marquées par :

John Rice, sa conversation brillante et ses dons de conteurs, faisait de lui la figure de sage qui, pipe aux lèvres, au coin du feu de la grande salle commune, était toujours prêt à discuter et refaire le monde avec les élèves. Il ne ressemblait en rien à un leader charismatique, une figure bonhomme, il était cependant celui qui donnait un sens à la communauté, en cherchant à garder un esprit critique toujours en éveil.

Issue d’un famille de pasteurs méthodistes, un des ses oncles fut nommé évêque. Il passa une bonne partie de sa vie à essayer de se libérer des l’influences pesante de sa famille, dont il remettait en question l’hypocrisie de la religion institutionnelle. C’est au cours de ses études grâce à la rencontre avec John Webb professeur de philosophe idéaliste, qu’il réalisa l’importance de ces années de formation pour le développement de la personne. Ses différentes expériences en tant qu’enseignant lui ont permis de réaliser petit à petit ce qu’une éducation ne devrait pas être. Mais également de faire l’expérience d’une communauté d’esprit et de la capacité de développement personnel qu’elle permettait.

De plus, les différents postes qu’il avait occupé le confrontèrent au sentiment d’être toujours en porte à faux avec l’administration, certains de ses collègues, voir même les élèves. Le BMC était l’unique moment où il pouvait enfin mettre en place l’éducation dont il rêvait depuis de nombreuses années, et par la même occasion le moyen de tester la validité de ses idées. On peut dire que c’était pour lui une sorte de quitte ou double.

Rice, au souvenir de ses élèves, était à la fois aimable et provocateur, exhortant ses élèves à toujours remettre en questions leurs idées, et leurs croyances. Certains comparaient le passage dans la classe de Rice au mythe du phénix, où il fallait bruler pour renaitre de ses cendres. Ce qui ne ce fait pas sans douleur et grincement de dent. Il essayer de guider ses élèves à trouver le sens de leur vie, bien que certains aient le sentiment que la seule vérité vers la quelle il les menaient était la sienne.

Ted Dreier, énergique et idéaliste, était à la fois l’organisateur et le chargé de communication. Il faisait connaître le College, recherchant les fonds nécessaire pour son existence. Son indépendance de pensée, son esprit aventurier et idéaliste, faisait de lui une figure importante du BMC. Issu d’une famille Newyorkaise, depuis longtemps engagée dans les arts et l’action sociale. Son grand père était un émigré allemand, un "self made man" qui fit fortune dans le commerce de l’acier. Il veilla à garder au sein de sa famille le souvenir de leur origine modeste, et la volonté d’agir en s’investissant dans la mise en place de programmes sociaux. Le père de Ted Dreier, lui aussi un homme d’affaire, était engagé dans la lutte pour le vote des femmes, ainsi que pour les reformes sociales et éducatives. Ses soeurs était peintres et défendaient l’art contemporain qui arrivait d’Europe, le dadaïsme et le surréalisme en particulier. Ted Dreier, bien qu’il eu une enfance aisé, fut élevé dans cet atmosphère et continua le combat ! Il fit des études d’ingénieur, et travailla un temps pour General Electric, avant de devenir professeur. Son épouse Bobbie, venait d’une famille tout aussi anticonformiste et fut une présence apaisante au sein du BMC, toujours entrain de mesurer la température au sein de la communauté et faisant le lien entre les groupes, une personnalité qui permettait de préserver un équilibre au milieu de ses nombreuses fortes personnalités aux égo parfois étouffants pour les autres.

Ted Dreier, était un médiateur, il ramenait la paix au sein de la communauté, mais aussi l’argent, ses relations avec un milieu social fortuné et intéressé pour apporter leur soutient financier au projet atypique qu’était le BMC.

John Evarts, musicien doué pour l’improvisation, il anime les soirées dansantes du collège.

Joseph Albers, veille à l’ordre et à la discipline au sein de la communauté, au cours des premières années tous les élèves passent par sa classe, pour s’initier à la couleur et au dessin.

Grâce à Rice, Dreier, et Albers, le BMC atteint la synthèse parfaite, entre l’éducation progressiste américaine et le modernisme européen. Dont il émergea une atmosphère particulièrement dynamique et créative.

Rice et Albers partageaient un esprit antiacadémique, leur idéal n’est pas de « bourrer » la tête des élèves d’informations, mais de les amener à une maturité intellectuelle et émotionnelle.

Lorsque Dreier et Rice fonde le BMC ils n’avaient aucune idée de l’importance qu’occuperait l’art dans leur pédagogie. Mais dès l’hiver 1933, on voit que l’art : théâtre, musique et arts plastiques, sont au cœur du projet. Non pas pour eux même, mais pour la créativité, l’indépendance et l’autodiscipline que cela donne aux élèves. Mais aussi aux professeurs que l’on encourageait à pratiquer aussi.

Les années 30 sont marquées par le sentiment de construire quelque chose de nouveau, ce sont les années idéalistes. De plus Dreier et Albers étaient alors influencer par les travaux de Wassily Kandinsky, et leur dimension spirituel, largement inspiré de la théosophie.

Le BMC ne ressemble pas à une université.

1.Vie quotidienne au BMC :

Le BMC, fut installé sur un propriété louée, le lieu appelé Blue Ridge,1619 hectares, dont l’essentiel était des bois, quelques bâtiments, le "Robert Lee hall" en était le principal. Une architecture de type colonial, un vaste porche soutenu par de hautes colonnes, où l’on pouvait faire cours, danser, où tout simplement se rassembler. Un immense hall servait de lieu de vie, au premier étage les bureaux et les dortoirs, au second des salles, qui pouvait être des lieux pour étudier, des appartement pour les professeurs, et d’autres chambres. Si les dortoirs étaient communs, il y avait assez de place pour que chacun bénéficie d’un espace propre pour étudier.

Une bibliothèque étaient installée au sous sol, afin de ne pas avoir à être déménagée, lorsque les locaux devait être mit a disposition pour les réunions d’été du YMCA.

Derrière un grand réfectoire que l’on pouvait rejoindre grâce à une allée couverte, il y avait également un gymnase, des bâtiments utilisés pour les cours de musique. Les professeurs avec enfants, avaient des chalets indépendants.

Si la journée on pouvait s’habiller de manière simple et informelle, jeans, shorts et espadrilles, le soir la tenue de soirée était de rigueur. Les cours avait le lieu le matin et en début de soirée, les après midi était consacrée à la randonnée, au travaille à la ferme, ou tout autre travail pour la communauté. Les professeurs qui n’avaient pas de femmes et enfants vivaient avec les élèves au R.Lee Hall, et tous se retrouvaient dans salle commune pour les repas. Un cuisinier était présent pour préparer les repas.

L’organisation du collège se faisait par le biais de comités qui avaient chacun leurs obligations. Le seul règlement était : « soyez intelligent ». Deux autre furent adjoint par la suite: les armes à feu devait être déposées à l’administrations, et les filles n’avaient pas le droit de faire de l’autostop seule. L’affiche « ne pas déranger » était respectée.

Professeurs et élèves vivaient ensembles, les élèves n’étaient pas livrés à eux même une fois les cours terminés, ils étaient toujours entourés par leurs ainés.

Contrairement aux autres universités américaines, il n’y avait pas de sonnerie pour annoncer le début ou la fin des cours, pas d’associations (fraternités), ou de sport organisé en club.

Le collège étant très isolé de tout centre culturel, la vie culturelle au sein de collège était intense. Promenades, danse, bals costumés, concerts, soirée littéraire ou théâtrales. Agrémenté de nombreux visiteurs qui contribuaient aux divertissements.

Dès la deuxième année un potager, des poules et des cochons furent installés, il y avait un verger, la ferme étaient louée. Le charbon était ramené de la gare par les élèves et chargé à la pelle dans une benne pour être ramené au College.

Et beaucoup, beaucoup de discussions.

En, 1936 un article parut dans le magazine Harper’s sur le BMC, ce qui contribua le faire connaître, et au début de années 40 on pouvait compter 70 élèves.

Le collège avait alors comme ressource, les frais de scolarités, et les dons qui pouvait être fait au College. Ted Dreier se démenait pour essayer de trouver des financements.

Ces problèmes financiers, étaient souvent les causes des tensions et dispute au sein de l’équipe pédagogique, qui faisait de gros sacrifices pour permettre au College de continuer. De plus l’emplacement du collège particulièrement isolé, les salaires très bas, et le peu de moyens disponible pour la recherche rendaient le recrutement de professeurs difficile. D’autant plus qu’être enseignant au BMC, était un sacerdoce, en plus des cours tout le temps libre était passé avec les élèves, repas, loisirs...

2.Joseph et Anni Albers :

En décembre 1933, ils arrivent à la gare de Black Mountain, où ils sont accueillis par Dreier. Ce dernier les conduit sur le site de l’école qui est alors le Robert E. Lee Hall. Grande résidence à la manières de plantations du sud, un immense colonnade, un large porche, qui servait de lieu de vie pour les professeurs et élèves du BMC. Une des premières chose qui marquera Anni Albers : ces grandes colonnes sont de bois !

Depuis quelques années ils passent leur temps à déménager de lieu en lieu. Départ de Dessau, pour Berlin, fuite pour les US. Pour Anni Albers, le tissage était un art nomade qui convenait à leur mode de vie du moment.

Lors du discours qu’il prononça à son arrivée, il eu une phrase qui marque les esprit : « I want to open eyes » : je veux ouvrir les yeux ». Cette approche souligne sa volonté de mettre en place un enseignement qui renouvelle la perception. Mettre en place une éducation de l’œil et de la main.

Albers fut rapidement sollicité par d’autres institutions, et lui même aurait souhaité être plus proche des grand centres urbains, ne serait-ce que pour continuer sont travail autour du verre entrepris depuis de nombreuses années au Bauhaus. D’autant plus que Walter Gropius qui avait lui aussi émigré était à Harvard, et aurait souhaité voir venir Albers travailler à nouveau à ses cotés. Gropius ne put jamais lui offrir un poste fixe, ce qui encouragea Albers à rester au BMC, mais il donnait régulièrement des séminaires à Harvard. La fréquentation qu’il eu alors d’autre collèges, lui fit particulièrement apprécié le BMC, son indépendance et son projet pédagogique.

La méthode d’enseignement qu’ils développèrent au BMC constituait à imaginer « partir de zéro ». "Vous êtes dans le désert, vous n’avez rien, quel est la première chose à la quelle il faut penser ? "

D’ailleurs ils ont eux aussi le sentiment de partir de zéro ! D’autant plus que Albers reconnaît la vertu des « nouveau départ » qui permettent de remettre en question les acquis et surtout de revitaliser l’esprit !

Son premier « nouveau départ" ce fit en 1920 à l’âge de 32 ans, où il renonce à son poste d’instituteur (parallèlement il poursuivait des études artistiques à Berlin, Essen et Munich) et décide d’entrer à l’école du Bauhaus, dont il est l’élève le plus âgé !

Que ce soit pour Joseph et son travail sur le verre, ou pout Anni et son travail sur le tissage et les textiles, ils ont tout deux conscience de l’importance du matériau pour lui même, mais surtout de sa relations aux autres matériaux. L’aspect que l’on donne à une matière peut être le fait d’un rapport ou d’un contraste fait avec une autre matière.

Albers ne pouvant continuer son travail sur verre au BMC (manque de moyens et de matériaux approprié, il décide de se remettre à la peinture, on voit d’ailleurs des rapprochement possible entre ses premiers tableaux des années 30 et les premiers travaux en verre des années 20 fait de morceaux de verres trouvés dans les décharges)

La pensée d’Albers était héritière du mouvement Arts and Crafts, et de l’importance de l’union entre beaux arts et arts appliqués.

Son enseignement met en avant l’expérimentation, le dessin permettant de d’affuter notre regard, la couleurs et ses possibilités, ses interactions, les matières et les textures. Pour Albers cet apprentissage et comme un alphabet qu’il convient de maitriser pour pouvoir ensuite s’exprimer.

Selon Albers, le but principal de l’éducation est le développement de la volonté, volonté qui permet de passer d’un savoir passif à un savoir actif, c’est à dire créer.

Son anglais s’améliorant, son influence au sein de la communauté devient de plus en plus forte.

Cet apprentissage fut important pour Robert Rauschenberg.

Albers introduit auprès de ses nouveaux élèves ce qu’il avait appris auprès de Johannes Itten : que la perception que l’on a d’une couleur dépend des couleurs qui lui sont juxtaposées, et l’attention portée aux matières.

Il fait expérimenter à ses élèves la variété des matériaux de la vie quotidienne. Il permettait ainsi de redécouvrir les possibilités des matériaux, en dehors des idées reçues.

Ces cours plus théorique était poursuivit et mis en application dans des ateliers, qui permis petit à petit de répondre aux besoins des professeurs et étudiants en mobilier. Albers souhaitait le développement de ces ateliers, ébénisterie, photographie, tissage, imprimerie… et on voit dans ce souhait le souvenir du Bauhaus.

Il aime aussi construire des images « impossible » confrontant notre œil à des impossibilités logiques de l’image qui peut être alors lu de manières différentes à différents niveaux. Ces images peuvent se rapprocher de l’Op art, bien qu’Albers s’en défende.

De ces effets qui ne pourrait être considéré que comme physique, Albers tirait des conclusions politiques voir philosophiques : il y voit un symbole de la communauté d’esprit, chaque chose est perçue par rapport à ce qui la côtoie et vice versa.

Bien qu’isolé des centres culturels, Albers reste en contact avec ces centres où il fait régulièrement des expositions.

Parmi les ateliers voulu par Albers le seul qui eu une existence sur la longue durée et était relativement auto suffisant fut l’atelier tissage.

Le tissage au BMC :

L’atelier fut mené par Anni Fleischmann Albers. Anni Albers issues de la bourgeoisie juive de Berlin. Sa mère venait d’une famille d’éditeur et son père avait une importante fabrique de meubles. Elle entre au Bauhaus en 1922, et obtient son diplôme en 1930. De 1930 à 1933 elle travail en freelance pour le design textile. Tout en ayant en charge à mi temps l’enseignement du tissage au Bauhaus. Dès son arrivée au BMC elle dirige un atelier tissage.

L’enseignement d’Anni Albers, largement inspiré de sa formation au Bauhaus, se développait dans de nombreuses directions, la recherche et le travail de nouvelles fibres, cellophane, aluminium, lurex…établir des contacts avec l’industrie textile , mais aussi encourager le travail personnel, la création de collections de textiles aux inspirations sud américaines.

Son enseignement vise à développer les sens de ses élèves, le sens du toucher en particulier. Moment de pur plaisir, et de jeu dans l’association des couleurs, formes et matières. Elle encourageait ses élèves à ramasser toutes sortes de matières naturelles, et ne commençait à faire travailler ses élèves sur le tissage qu’après cet apprentissage tactile de la propriété de chaque matériau. La première chose qu’elle demande à ses élèves et de s’amuser et de prendre du plaisir avec des matières, des effets et des couleurs différentes. Afin de petit à petit apprendre le b.a.-ba du tissage. Elle encourage l’expérimentation. Les premiers tissages étaient volontairement réaliser sur des métiers à tisser archaïques.

Puis dans un deuxième temps, elle insiste sur l’importance de la fonction du tissus, qui détermine les matériaux les mieux à même de remplir cette fonction. Sans oublier les qualités esthétiques qui sont aussi déterminantes. Les tissus réalisés au BMC se reconnaissaient par leurs couleurs sobres, noir, blanc, ou naturelles, et l’utilisation de fibres naturelles en majorité. Une volonté affiché de Anni Albers de créer des textiles qui peuvent se mariés avec des intérieurs différents et se « fondre dans le décor ».

Elle accordait beaucoup d’importance à la création d’objets qui étaient conçus pour être reproduit en grand nombre et donc pénétrer de nombreuses maison, ce qui pour elle était une vraie responsabilité.

Son enseignement fut à la base de l’utilisation du textile en art pendant les années 60, en particulier dans les installation ou les performances.

La forte présence de la nature qui environnait le BMC apporta un nouveau souffle a l’enseignement de Joseph et Anni Albers : leur attention au paysage et aux matières qui les entourait, pouvait à tout moment intervenir dans leur enseignement, de servir de matière a expérimenter, comme les feuilles d’automnes, de la terre, du bois… ou bien encore dans des décharges à la recherches de matières et matériaux.

Un élève se souvient d’Abers emmenant sa classe dans les bois leur faisant couper et mâchonner des bouts de bois pour en faire des pinceaux.

Anni Albers fit aussi des expériences avec des objets trouvés pendant la deuxième guerre mondiale, et transformait des objets du quotidien en bijoux. Dont les formes étaient inspirées par les bijoux trouvés lors de fouilles archéologiques au Mexique, Monte Alban, Oaxaca.

Elle, met en avant l’inventivité dans l’association des matériaux des œuvres maya et recherche la même inventivité. En soulignant l’importance de prendre des éléments « sans valeur » et que la valeur est donné par le degré d’inventivité et donc le spirituel.

C’est en 1935 que les Albers feront leur premier voyage au Mexique, ils furent frappés par la manière dont les mexicains savaient garder leur héritage encore vivant et surtout s’affranchir de l’influence européenne. Ils y retournèrent régulièrement. A partir de ce moment Joseph Albers essayait de décourager ses élèves qui voulaient faire leur tour d’Europe et leur disait de plutôt d'aller à la découverte des arts précolombiens au Mexique. Ils voient dans les motifs précolombiens un des creusets de l’invention de l’abstraction. Ce qui renforça leurs recherches sur les compositions abstraites, malgré un retour critique plus que négatif. Il faut dire que Albers va se faire le défenseur de l’art abstrait et de l’abstraction géométrique en particulier. Qui est pour lui l’art le plus pur, « abstraire est la fonction essentielle de l’esprit humain », l’art abstrait est pour lui l’art des premiers âges, et l’art du futur.

Joseph et Anni Albers encourage leurs élèves à prendre conscience de l’importance de l’art des populations natives du continent américains. Qui sont pour eux les représentants de l’art abstrait. Cette découverte du Mexique fut pour eux un moment fondateur, un moment de retour aux sources.

Pour Joseph Albers ce fut grâce à la découverte des architectures de terre crue élémentaires, c’est d’ailleurs à partir de ce moment qu’il commence sa série d’hommage au carré, souvenir des façades des maison de mexico où la façade, la porte, les châssis sont de couleurs différentes.

Adobe : Il met alors en place un travail sur la couleur, et les possibilités spatiales de la couleur, en ajustant indéfiniment les espaces de couleurs les uns par rapports aux autres, chaque nouvelle combinaison créant des effets spatiaux différents. Il et en place un protocole rigoureux d’expériences qui permet de décliner tous les effets sans en omettre aucun.

Pour Anni ce fut l’écriture qui fut déterminant et le sentiment de faire du tissage une écriture, c’est alors qu’elle commence à utiliser un fil blanc qui luis sert de fil d’écriture.

La découverte de la culture Mexicaine et précolombienne aura une grande influence sur l’enseignement de Joseph et Anni Albers.

Anni Albers et Joseph Albers furent des enseignant qui marquèrent profondément leurs élèves, par leur personnalité, leur aura, mais également par ce qu’ils représentent : ils sont héritiers et passeurs de l’art européens, ce qui au près de ce jeunes élèves américains renforce leur légitimité.

De plus leur enseignement n’était pas un enseignement vertical, comme si ils donnaient une loi, mais un accompagnement des élèves pour les aider à mieux interroger et comprendre ce qui les entoure.

L’année 1950 fut critique pour les Albers, ils décident de donner leur démission au BMC, en effet les conflits deviennent trop importants, et ils voient que l’enseignement dont l’art était jusque là un élément fondamental est entrain de prendre un nouveau cap.

Le Moma organise une exposition des œuvres de Anni Albers, et après une année à Harvard, Albers va commencer à travailler à Yale où il passera de longues années.

Il conçoit un mur de brique pour le bâtiment dessiné par Gropius à Harvard.

De 1933 à 1949, le développement du BMC, est profondément marqué par Albers, lorsque Albers Choisi Olson il ne sait pas qu’il choisi son successeur, celui qui rependra le flambeau des idéaux du BMC.

Apriori ces deux personnalités semblent opposées, si Albers était mince et soigné, aux gestes précis et habile, Olson était un géant débraillé. Albers qui parlait avec componction attentif aux nuances et souvent dans les sous entendus, Olson ne parlait qu’en déclarations ostentatoires. Cependant Albers et Olson s’admirent l’un l’autre, ils considéraient tous les deux que les US, était l’endroit où tout était possible, et où l’on pouvait donner à l’art de nouvelles orientations. De plus ils furent tous les deux fasciné par la culture Maya, et en particulier par l’écriture. Comme pour l’écriture chinois l’écriture Maya est une image, et ils sont tout deux fasciné par cette idées que écriture et image ne font plus qu’un.

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