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Art-Histoire-Littérature

La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &

20 Mars 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &
La nouvelle tapisserie: Maria Łaszkiewicz &

En ce qui concerne les différents points géographiques d’émergence de la nouvelle tapisserie, on remarque que la Pologne sera un lieu de création très actif en art textile. Cela peut s’expliquer, par une tradition textile populaire très riche qui sera une source d’inspiration pour nos créateurs. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale des liciers créateurs se revendiquent de cette tradition en y insuffluant une modernité. Cette revendication est présente chez de nombreux artistes polonais. Les liciers créateurs polonais seront donc largement représentés dans les premières biennales de Lausanne, ainsi que des créateurs de l’Europe de l’est.

La tapisserie classique, est alors remise en question par l’arrivée de ces œuvres qui utilisent de nouvelles matières qui bousculent les codes de la tapisserie.

Maria Łaszkiewicz (1892-1981), cette artiste polonaise, est la doyenne des nouvelles lissières. Elle travaille la tapisserie, afin de faire une œuvre figurative "sculpture" tout en gardant la qualité expressive du matériau. Sa recherche consiste à tisser sur de petits métiers de haute lisse, des bandes, et de les associer afin de former des personnages, ces silhouettes deviennent lisible grâce aux mains de bois ajoutées. Cette œuvre a pour titre « la solitude », elle peut être alors considérée comme une sculpture.

Il est intéressant de souligner que Maria Łaszkiewicz, fut la formatrice de Magdalena Abakanowicz, mais aussi d’une grande partie de cette génération d’artiste polonais. Les œuvres de Maria Łaszkiewicz, sont inaugurales dans cette libération de la tapisserie, libération du matériau, de la technique, du sujet, du support….

-Magdalena Abakanowicz 1930 : artiste Polonaise, elle est formée à l’académie des beaux arts de Varsovie, (1950-54) au moment où le réalisme socialiste est l’art officiel. Ces années sont pour elle des années de frustration dans un milieu rigide et conservateur. Elle entreprend également une formation en design textile et apprend les techniques de tissage. Cependant dès ces premières années elle travail sur des supports monumentaux, inspirée par les forces naturelles et le végétal elle cherche à donner le sentiment de pouvoir pénétrer ses peintures.

La fin des années 50 marque un changement dans la vie culturelle et artistique polonaise, une remise en question du réalisme socialiste après la mort de Staline.

Magdalena Abakanowicz va profiter de ce moment, qui lui permettra de voyager, en Europe et aux US. Cette époque est le moment où elle sera influencée par le constructivisme, tout en recherchant son mode d’expression propre qui se révélera à elle dans le tissage. Ce qui lui permettra d’exposer à la biennale de Lausanne.

C’est donc dans les années 60 qu’elle détourne les techniques de tissage apprise afin de réaliser des formes qui se développent dans les trois dimensions de l’espace : Abakans. Ces œuvres monumentales sont réalisées avec des matériaux de récupération, comme les fibres de cordes trouvées dans les ports. Fibres qu’elle retravaille et teint.

Pour cette artiste qui connu la guerre et l’holocauste dans son enfance, ces sculptures tissées sont des « enveloppes charnelles informes ». Un « langage sans mot » selon sa définition. Langage qui s’exprime par le biais des matières, cette recherche autour des nouveaux matériaux sera une des caractéristique de l’ensemble des artistes de la nouvelle tapisserie »

« En 1973, Magdalena Abakanowicz tend une corde entre les salles de la Biennale. Elle a ouvert la voie. Avec La Corde, ses Pénétrations, sa Situation dans l’Espace, le matériau en soi devient le seul porteur du message. Ce travail dont la corde est le véritable sujet représente l’aboutissement de recherches qui passent par des œuvres telles qu’Environnement et Improvisation des cordes, entreprises dès 1970. Désormais, on ne pourra plus l’exclure de l’art textile. » Erika Billeter.

Son travail lui permet donc de développer de grandes œuvres textiles dans l’espace. La tapisserie se déploie dans les trois dimensions, devient indépendante du mur. Ses œuvres montrées dans les grandes biennales internationales seront primées dès le milieu des années 60. Et lui valurent une reconnaissance internationale

Les années 70 voient la création de nouvelles formes : les Altérations, série de sculptures en toile de jute (les morceaux cousus ensemble sont ensuite remplis de résine synthétique), l’artiste les décrit aussi comme des « hommes-arbres ». Ces sculptures, deviennent figuratives, ces grandes figures sans têtes, sont soit debout, en marche ou assises, dans un deuxième temps une nouvelle série « Heads », seront des têtes sans visages. Ces figures envahissent l’espace, créant une foule muette, et oppressante. . « Les Heads sont faites avec des sacs remplis de sisal et de cordes. Les coutures leur donnent une véritable physionomie, de telle sorte que chaque tête parait avoir son individualité́, même si l’ensemble donne une impression de masse » Erika Billeter.

Magdalena Abakanowicz va donc réalisé quatre cycles, réunis sous le titre général d’Altérations: Heads (1973-75), Seated Figures (1974-79), Backs (1976-82), Embryology (1978-81).

Ici l’oeuvre textile s ‘affranchie du métier à tisser, elles sculpte avec des matériaux type textile, sacs de jute, cordes et autres fibres.

. « Avec les Seated Figures et les séries ultérieures, Abakanowicz travaille pour la première fois sur des personnages grandeur nature. Elle fait des moulages en plâtre sur des corps. Toutefois, elle ne les utilise que de manière fragmentaire afin d’atteindre à la fois l’abstraction et l’impression d’inachevé́, de ‹non finito›, qui incarne en fait son véritable message. Elle a mis au point une technique de combinaison en ceci qu’elle colle des pièces de toile de jute sur la carcasse en plâtre que l’on peut ensuite détacher. C’est la naissance d’une sculpture textile! Aujourd’hui, Magdalena Abakanowicz travaille le bronze » Erika Billeter.

Les années 80, seront marquées par les Plecy/Backs. Ce sont des dos en résine qui sont recouvert de vieux sacs de jute. Cette installation est sa réponse au rideau de fer qui coupe l’Europe de l’est en deux.

« A la Biennale de Venise, à ROSC à Dublin, à Paris et ailleurs, ceux qui ont vu Backs m’ont demandé » Est-ce Auschwitz ? «, » Est-ce un rite religieux au Pérou ? «, » Est-ce la danse du Ramayana ? « . Toutes ces questions peuvent avoir une réponse affirmative, parce que les séries parlent de la condition humaine en général. » M. Abakanowicz.

Son travail dans les années suivantes lui permettra d’explorer de nouveaux matériaux tel que le bronze et le bois.

Elle poursuit parallèlement une carrière d’enseignante à l’école des beaux arts de Postdam.

Elle exposera régulièrement aux biennales de Lausanne, où elle sera une des figures phare. Ce qui faut souligner est la remise en question constante de Magdalena Abakanowicz, qui présente régulièrement de nouvelles propositions, de la tenture elle passe au bas relief, puis rapidement à la sculpture, avec le soucis permanent du matériau, qui n’est jamais anecdotique mais un élément de participation active de l’élaboration de l’œuvre. Elle tisse le sisal, en inventant de nouvelles techniques, mais qui ont leurs racines dans les techniques ancestrales.

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