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Art-Histoire-Littérature

introduction à la sculpture moderne : la sculpture abstraite et la situation de la sculpture après la deuxième guerre mondiale

19 Mai 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin Publié dans #art, #sculpture

Max Bill

Max Bill

Georges Vantongerloo

Georges Vantongerloo

Alexander Calder
Alexander Calder
Alexander Calder

Alexander Calder

Picasso, tête de mort 1943

Picasso, tête de mort 1943

Henry Moore
Henry Moore
Henry Moore
Henry Moore

Henry Moore

Giacometti
Giacometti

Giacometti

  1. La sculpture abstraite.

C’est pendant les années trente, que la sculpture abstraite va pouvoir s’épanouir, en particulier grâce au soutient de l’association abstraction création, qui réunie des artistes abstrait de l’Europe entière, en exil à Paris, pour certains ayant fuit les régimes totalitaires qui s’installent à l’est. Ces sculpteurs appartiennent à des courants différents, néoplasticisme, art concret, constructivisme. Ces artistes ont pour la majorité un idéal humaniste utopique cherchant la possibilité d’un monde meilleur, d’une humanité révélé grâce à la refonte de nos espaces de vie, décoration intérieure, architecture, et urbanisme.

Certains artistes vont dans ce but s’inspirés de formes mathématiques.

Que ce soit dans les recherches de Georges Vantongerloo, qui développe des constructions dans l’espace à partir d’équations mathématiques, ce qui selon lui leur donne des proportions harmonieuses, et donc belles. Ou encore Max Bill appliquant en sculpture le principe du nœud de Möbius.

"En topologie, le ruban de Möbius (aussi appelé bande de Möbius ou anneau de Möbius) est une surface compacte dont le bord est homéomorphe à un cercle. Autrement dit, il ne possède qu'une seule face contrairement à un ruban classique qui en possède deux. Elle a la particularité d'être réglée et non-orientable. Cette surface a été décrite indépendamment en 1858 par les mathématiciens August Ferdinand Möbius (1790-1868) et Johann Benedict Listing (1808-1882). Le nom du premier fut retenu grâce à un mémoire présenté à l'Académie des sciences à Paris."

D’autres artistes interrogent les effets formels de la sculpture et du relief en particulier en jouant sur articulations fond-forme. Sophie Taeuber, ou encore Ben Nicholson développent ce type de recherches plastiques.

Alexander Calder réalise des mobiles, « je voulais faire des Mondrian qui bougent ». Calder a suivi aux états unis une formation d’ingénieur, et va ensuite entrer dans une école d’art à New York. Il arrive à Paris à la fin des années 20, où il encontre Fernand, léger, Piet Mondrian, et Joan Miro. Lors de sa formation Calder fait de nombreux croquis des animaux du parc Zoologique de New York, dès ce moment il s’intéresse tout particulièrement au rendu du mouvement. Ces premières sculptures en fil de fer, sont réalisées dans le but de dessiner dans l’espace l’énergie du mouvement. Puis il réalise tout un travail sur le cirque. Mais c’est suite à sa visite chez Mondrian dans son atelier parisien, que Calder décide de travailler des formes abstraites. Si ces premières sculptures abstraites étaient animée d’un mouvement mécanique, Calder va rapidement y renoncer pour privilégier le mouvement donner naturellement par le vent ou la gravité. Tinguely, réalisera lui aussi des sculptures en mouvements quelques années plus tard.

La deuxième guerre mondiale :

La fin des années trente et la début des années quarante, marquées par la montée en puissance des totalitarismes aboutissant à la deuxième guerre mondiale laisse peut de place à la sculpture d’avant garde, cette période est plus propice à exalté la sculpture « totalitaire », une sculpture reprenant les codes de la sculptures classiques, exaltant le corps nu, et le geste patriotique. Que ce soit l’Allemagne nazi, l’Italie de Mussolini où la Russie communiste, cette sculpture de propagande reprend exactement les mêmes formes.

Avec la guerre et ses restrictions, la fuite des intellectuels ou des artistes (souvent engagés, communistes, ou résistants) la sculptures peut elle encore existée, il y aurait il une sculpture de « résistance » ?

Une des figures de cette « résistance » est Picasso, ne serait ce que par le fait de faire fondre un bronze à un moment ou tout métal est réquisitionné pour l’industrie de l’armement.

La tête de mort de 1943.

En ce qui concerne la sculpture d’avant garde, les principaux artistes ce sont exilés soit en Grande Bretagne , en Suisse, ou aux Etats Unis, et au lendemain de la guerre ces artistes reprendront des formes déjà élaborées mais ne n’apporteront rien de nouveau à leur recherches pastiques. Mais cela permettra à certains d’entre eux qui ont acquis une renommé de réaliser des sculptures de grands format, comme Arp, Pevsner.

Reconnaissance de la sculpture moderne, par les commanditaires :

Les années 50, vont être le moment où la sculpture Moderne va enfin intégrer l’espace public. Car suite à un concours pour le « monument au prisonnier politique inconnu »organisé par l’institut d’art moderne de Londres, les membres du jury se rendent à l’évidence de la supériorité de la sculpture abstraite pour répondre à une commande publique de ce style. La sculpture moderne intègre enfin l’espace publique comme le désirait les constructivistes au début des années 20.

Mais cela ne se fait pas grâce aux pouvoirs publics, mais grâce à quelques mécènes, ou collectivités redonnant une place à la sculpture dans la ville. Mais ce ne sont que les artistes ayant atteint une stature internationale grâce à des prix tels que ceux de la biennale de Venise ou encore le prix Carnegie qui se verront attribuer des grands projets.

Les artistes qui au lendemain de la deuxième Guerre Mondiale s’inscrivent dans le paysage sont Calder, et Henri Moore.

Henry Moore reçoit de nombreuses consécrations du monde de l’art dès les années 1948, ces dernières lui permettent de recevoir des commandes qui seront de plus en plus importantes. Dès ses début Henri Moore est au croisement de deux influences : Arp, et les arts premiers. Comme de nombreux sculpteurs de sa génération, il remet la taille directe à l’honneur, et essaye d’exalter le matériau. Comme Arp, Moore a pour première source d’inspiration la nature. Ses oeuvres exaltent la ligne continue, mais aussi l’asymétrie qui est porteuse de dynamisme. Rapidement il explore les moyens d’intégrer sa sculpture à son environnement, c’est en perçant la masse, en jouant sur les vides et les pleins , qu’il parvient à placer ses oeuvres en harmonie avec le paysage, de plus en développant la monumentalité, ses sculptures deviennent paysages. Moore privilégiera toujours la forme biomorphique, lui permettant de garder un contact avec la nature.

L’œuvre de Henri Moore, est un moment charnière aussi bien chronologiquement que stylistiquement. En effet sa sculpture en s’intégrant au paysage préfigure les recherches des artistes du land art. Son attention aux matériaux et à la forme « naturelle » préfigure les artistes de l’Arte Povera.

L’autre artiste qui se place aussi à la charnière de deux époques est Giacometti. Après ces premières oeuvres surréalistes, il décide de revenir à la nature, dans une quête de la vérité, ses bustes, et figures sont des morceaux de sculptures qui sont le résultat de ses recherches désespérées à vouloir rendre sa vision. L’œuvre de Giacometti peut ainsi se placer dans un courant philosophique et littéraire qui marque la tournant du siècle : l’existentialisme. (Sartre, Beauvoir, de sensibilité Camus).

De plus sont travail est aussi une nouvelle manière de penser la sculpture dans l’espace, ses hautes silhouettes sans piédestal s’intègre à notre espace (places, jardins), nous pouvons ainsi circuler autour et notre regard butant sur ces hautes silhouettes nous fait prendre conscience de la condition humaine.

Ces œuvres sont un point de jonction de l’art de la vie et du mythe. Ces figures intégrés à l’espace du spectateur annonçant les installations. En effet à partir du moment ou la sculpture « descend de son socle », elle entre dans l’espace du spectateur, entre en résonnance avec le corps et l’espace du spectateur.

Nous avons pu voir les transformations radicales que connaît la sculpture au cours de la première moitié du XXème siècle, qui d’une sculpture encore régit par les codes classiques et académique, va s’émancipée, à la recherche du mouvement, de l’expressivité et de l’espace. Que ce soit en restant toujours profondément inspiré de la nature comme Arp, Giacometti ou Moore, ou pour développer un langage abstrait comme les constructivistes, la sculptures se transforme en profondeur. Malheureusement dépendante des commandes publiques à cause du coût des matériaux mis en œuvre, et de l’espace nécessaire pour l’accueillir, la sculpture est dans une tension qui est de correspondre à un attente institutionnelle souvent conservatrice, alors que les artistes développent des formes et des dispositifs toujours plus innovant. C’est d’ailleurs ce qui se passe dans la deuxième partie du XXème siècle, avec les artistes cinétiques, les nouveaux réalistes, les artistes du Land art, l’Arte Povera, les performances, le post minimalisme…

Bibliographie :

  • Histoire d’un art la sculpture XIXème XXème. articles de Reinhold Hold et Jean Luc Duval, édition d’art Albert Skira 1986.
  • L’abécédaire de la sculpture du XXème siècle. Caroline Cros édition Flammarion 2003.
  • Brancusi inventeur de la sculpture moderne Marielle Tabart, découverte Gallimard/centre pompidou1995.
  • Sculpture de Derain à Séchas, collection du centre Pompidou Musée national d’art Moderne, Carré d’art, 2003.

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