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Art-Histoire-Littérature

introduction à la sculpture moderne: les objets et le surréalisme.

8 Mai 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

Marcel Duchamp, ready made
Marcel Duchamp, ready made
Marcel Duchamp, ready made

Marcel Duchamp, ready made

Man ray, cadeau

Man ray, cadeau

Hans arp , relief
Hans arp , relief

Hans arp , relief

Max Ernst

Max Ernst

Picasso , composition au gant, femme au jardin
Picasso , composition au gant, femme au jardin

Picasso , composition au gant, femme au jardin

Raoul Hausmann

Raoul Hausmann

Joan Miro
Joan Miro
Joan Miro

Joan Miro

Alberto Giacometti
Alberto Giacometti
Alberto Giacometti

Alberto Giacometti

Hans Arp
Hans Arp

Hans Arp

Les objets :

Marcel Duchamp, si il n’est pas véritablement considéré comme un sculpteur, va cependant tout au long de sa vie défendre la sculpture, ne serait-ce qu’en supervisant des expositions de Brancusi à New York, ou en conseillant Peggy Guggenheim dans ses choix pour sa galerie.

Il va néanmoins bousculer les codes établis et par la même interroger la sculpture, en faisant un geste qui nous paraît encore aujourd’hui inouï, c’est à dire prendre un objet et le présenter comme une œuvre d’art : il invente le « ready made » (déjà fait, ou tout prêt), porte bouteille ou encore urinoir.

Cette proposition de Duchamp a profondément bouleversé à la fois le statut de l’œuvre d’art, ainsi que celui de l’artiste.

Certains artistes surréalistes comme Man Ray vont reprendre l’idée du ready made, cependant à différence de Duchamp, il combine des objets, créant ainsi des objets surréalistes, comme Cadeau, 1921. Ils sont appelés ready made assistés, ici le principe n’est pas celui de Duchamp qui pose un objet choisi comme œuvre, la volonté de l’artiste faisant œuvre : porte bouteille, fontaine.

Man Ray qui rencontre Duchamp à New York, et participe a "dada New York", fait avec les objets, comme dada fait avec les mots, ou les images coller ensemble deux éléments radicalement différent, leur rencontre créant un effet poétique. Il y a ici de plus chez Man Ray un humour grinçant transformant un objet de la vie quotidienne en objet de torture. Duchamp réalise un objet qui est du même ordre en faisant la roue de bicyclette, il place la roue à l’envers sur un tabouret, transformant l’objet le détournant de son utilisation cette transformation lui donnant une portée poétique, de type surréaliste. Duchamp va continuer ses recherches et rapidement évoluer vers ce que nous appelons aujourd’hui l'installation.

Une autre production inspirée des recherches Dada et surréalistes caractéristique de cette période est le relief. Catégorie hybrides associant peinture et sculpture, le reliefs permet d’exploiter au maximum les possibilités offerte par le collage tel qu’il avait commencera être pratiqué dans les tableaux cubistes, et surréaliste. Une des figures des groupes dada et surréaliste qui développa un art du relief est Hans Arp, entre 1917 et 1930. Arp construits ses reliefs en polissant des formes biomorphiques, celles ci colorées sont agencées selon une composition qui prend en comptes les ombres portées crées par les volumes. Plus tard Arp développera tout un vocabulaire de formes en ronde bosse.

D’autres comme Max Ernst, ou Raoul Hausmann, créent un relief ou une sculpture en assemblant des objets. Fruit d’une longue expérience 1919, de Max Ernst, assemble des éléments à l’intérieur d’un cadre, cadre est éléments font partis du relief, intriquant fond et forme, contenant et contenu. Ou encore Picasso, avec la composition au gant 1930, réalisées de matériaux naturels sables et varechs et de matériaux manufacturés, ce relief, construit dans une toile retournée, évoque les vacances à Juan les pins « volées « , avec sa maitresse Marie-Thérèse. Picasso traduit dans se relief sa vision de la femme désirées endormie sur le sable. Nous retrouvons tous les caractéristiques du surréalisme : utilisation d’objets du réel associés avec des matières afin de créer un effet poétique, inspiré du rêve (sommeil)et de la réalité, ainsi qu’un forte charge sexuelle.

La tête mécanique de Raoul Hausmann ou « esprit de notre temps » est réalisée à partir de l’association d’éléments divers, un collage en trois dimensions, qui interroge la place de l’homme dans un monde moderne qui se mécanise.

Nous pouvons évoquer Kurt Schwitters et son Merzbau, relief qui va contaminer l’ensemble de son espace à vivre, relief et architecture sont intimement mêlés.

Nous voyons comment les artistes vont hybrider la peinture et la sculpture, car en créant des « espaces » ce que nous appelons aujourd’hui des installations, la peinture « sort » du mur, prend du volume, et vient sculpter l’espace. Idée d’un art total qui engloberait tous les moments de la vie : architecture, mobilier, vêtement, se développe en parallèle dans le milieu cubiste parisien : maison cubiste. En hollande chez les membres du groupe De Stijl (maison Rietveld), espace Proun de Lissitzky…

La sculpture surréaliste :

La sculpture surréaliste, est l’héritière des expériences Dada, on peut cependant y distinguer deux groupes les « constructions » où l’association de formes et d’objets, tels des cadavres exquis en volumes, créent un effet de surprise et déclenchent des émotions directement issues de l’inconscient. Comme le fait Joan Miro.

Et les sculptures de Giacometti, Arp et Picasso.

Joan Miro, lors de longues promenades recueille toute sorte d’objets, éléments naturels, objets perdus (chercheur de choses), leur forme ou leur texture va faire écho à son monde intérieur (inconscient, imaginaire), tous ces éléments vont ensuite s’articuler dans l’espace, s’associer de manière à révéler leur caractéristiques de formes et de matière mais aussi leur contenu symbolique que fait émerger Miro.

Picasso, ami du poète Guillaume Apollinaire, va après la première guerre mondiale, entre 1920 et 1930 développer des constructions qui sont surréalistes, car elles s’inscrive dans la définition que donne Apollinaire lui même : « reconstruction par métaphore du monde réel ». Ce travail de sculpture a été largement inspiré à Picasso par sa collaboration avec les ballets russes. Guitare 1924, en garde des aspects, le volume apparaît comme un décor de théâtre, est encore proche de la déconstruction cubiste.

La femme jardin 1929-1930, inspirée par Marie –Thérèse, Picasso utilise tiges de métal et tôle peinte, ou les membres et les tiges se confondent en un jardin, et où la tête cheveux au vent de la femme est en rythme avec les grandes feuilles qui évoque le jardin. Picasso utilise des matériaux nouveaux, dont il ajuste les formes à l’effet rechercher. Picasso fera plusieurs maquettes pour un monument à son ami Apollinaire, (figure 1928) lignes de métal qui s’entre croisent dans l’espace, c’est a la fois une sculpture « ouverte » mais aussi délimitante.

La tête de femme 1931, plaques de tôle, passoires, clous, ressors, les objets sont détournés, tordus, soudés, et leurs association, dessinent des lignes dans l’espace, reprenant l’idées du visage concave inspirés de la sculpture africaine.

Cette technique de sculpture de fer soudé, Picasso l’apprend auprès de son ami et compatriote le sculpteur Julio Gonzalez.

Giacometti, boule suspendue 1930, ces sculptures sont surréalistes, par « l’incarnation d’un psychodrame », éléments formels mis en scène qui résument, ou cristallise une tension psychique, la signification en reste obscure, mais l’on ressent la grande tension qui les habite. La femme égorgée 1932-33, sculpture posée au sol sans piédestal, sorte de mante religieuse décapitée, le « drame » de l’accouplement des mantes religieuses semble avoir été inversé, nous retrouvons la tension entre éros et thanatos, inhérente au surréalisme. Ou encore l’objet invisible, 1934-35.

La sculpture surréaliste a aussi un artiste qui s’exprime par la pureté de la forme et du matériaux, éléments biomorphique abstrait qui s’inscrivent dans l’espace : Hans Arp. Arp réalise dans un premier temps des reliefs, mais à partir des années trente il conçoit des formes en ronde bosse. Il ne travail pas en cherchant a épuré une forme jusqu'à la rendre abstraite à la manière de Brancusi, il part de formes, qu’il poli et travail jusqu'à ce que la forme deviennent suggestive, et permettent au spectateurs une interprétation, il insuffle aux formes une énergie et une tension, qui donne cette sensation que la forme est en devenir, et peut continuer a évoluer, ainsi qu’un nuage. Arp choisi pour ces sculptures des titres comme « concrétions », qui nous rappel a l’idée de cette forme en devenir. Arp dit être à la recherche de « nouvelles apparences qui nous ramènent a nos origines ».En effet, sa source d’inspiration première est la nature.

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