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Art-Histoire-Littérature

La nouvelle tapisserie: Pierre Daquin

16 Mars 2015 , Rédigé par Anne-Maya Guérin

La nouvelle tapisserie: Pierre Daquin
La nouvelle tapisserie: Pierre Daquin
La nouvelle tapisserie: Pierre Daquin
La nouvelle tapisserie: Pierre Daquin
La nouvelle tapisserie: Pierre Daquin

La Nouvelle Tapisserie

On constate avec un certain étonnement que la tapisserie va évoluer de manière concomitante à la même époque en Europe de l’est et au États Unis. Ces différentes évolutions de la tapisserie vont se rencontrées grâce à la biennale de la tapisserie créée à Lausanne Par Lurçat et Jean Pauli.

Les différentes expositions qui vont se déroulées à Lausanne au cours des années 60, 70, 80, jusqu’en 95, va permettre de faire connaître la révolution que va connaître la tapisserie contemporaine. La tapisserie alors tenture Murale depuis le moyen âge, va être interrogées dans son rapport à l’architecture, elle va s’affranchir du mur, est devenir une œuvre indépendante. Ces nouvelles tapisserie doivent alors être nommées, et le terme tapisserie sera complétement abandonné. On part alors de Art fabric, Fiber Art, ou art textile.

L’œuvre textile n’est plus nécessairement créer avec l’aide d’un métier à tissé, et l’artiste va explorer tous les matériaux possibles, laines, poils, crins, fibres végétales, tout ce qui peut faire fils, voir matériaux transformés recyclés.

Ces artistes vont faire évoluer l’art textile jusqu'à créer des environnements. Le point de départ de l’évolution de l’art textile fut l’abandon du carton, le lissier n’est plus l’interprète de l’artiste, mais devient artiste lui même. Le créateur, ne s’exprime plus avec des pinceaux, sont pinceaux est le fils , dans toutes ses matérialités possibles, ses couleurs sont celles qu’il obtient par teinture, ou choix de fibres naturelles, et le dessin est le nœud, l’entrecroisement des fils, et le déploiement de se dernier dans l’espace. Les sources d’inspirations de ses artistes sont les techniques artisanales ancestrales développées à travers le monde, chaque artiste réinvestit les savoirs faires de sa propre culture, où part la rencontre d’autres cultures. L’Amérique du sud (indiens), l’Europe de l’est, sont des lieux avec de forte tradition textiles qui seront des sources d’inspiration importantes pour nos artistes.

Mais c’est aussi un champ d’invention et d’expérimentation immense qui s’ouvre a eux. Leurs rechercher est l’expressivité, trouver toujours plus d’émotion dans les jeux de textures, fibres, matières, et leur possibilités a se marier, s’entrecroiser… sisal, corde cuir, caoutchouc papier,

C’est donc l’artiste Jean Lurçat, avec Pierre Pauli, qui va initier les « biennales de Lausanne », 1962- 1995, consacrées à la tapisserie. Lausanne deviendra ainsi la capitale de l’art textile contemporain.

Cette manifestation fut créée par Pierre Pauli (1916-1970) alors directeur du musée des arts décoratifs de Lausanne, et de L’artiste Jean Lurçat, actif depuis 1937 à renouveler la tapisserie pour en faire un champ de l’art moderne et contemporain. C’est en 1959, que Pierre Pauli, eut l’idée de donner à la tapisserie moderne une plus grade visibilité, ce qui permit la création du centre international de la tapisserie ancienne et moderne (CITAM). Cet Organisme fut présidé par jean Lurçat jusqu'à sa mort, en 1966, l’organisation organisa 16 expositions, qui entre 1960 et 1980, furent un lieu incontournable pour l’art textile international.

La biennale de Lausanne, fut donc, la première, et pendant de nombreuse année la seule exposition qui permettait à l’art textile de se montrer. Et aussi de montrer les différentes voies prises par les artistes, leurs recherches de matériaux nouveaux, ainsi que l’émergence des liciers-créateurs, qui abandonnent le carton de tapisserie, afin de promouvoir un tissage plus autonome, et transformant ainsi la tapisserie, en un art qui va envahir l’espace, et permettre des installations spectaculaires. Ces artistes vont rechercher, expérimenter et inventer de nouvelles techniques, mais aussi utiliser des matières et des fibres inusitées, afin d’élargir l’éventail des possibilités expressives de la tapisserie. Parallèlement aux techniques classiques de haute lice et basse lice, tout un nouveau monde d’œuvres textiles tridimensionnelles va petit à petit apparaitre lors des biennales. C’est grâce à ces biennales de la tapisserie moderne et contemporaine et que l’art textile a enfin la chance d’entrée sur la scène artistique contemporaine, devenir une expression à part entière et aussi gagner la reconnaissance du publique et se constituer un cercle de collectionneurs.

Le Corbusier, y exposa certaines de ses tapisseries, ainsi qu’autre artistes français ayant travaillé à réaliser des cartons de tapisserie.

C’est là que s’épanouira donc la « Nouvelle Tapisserie », qui deviendra un mouvement international se développant au cours des années 60.

La « Nouvelle tapisserie » rassemble des artistes, suisse, français, japonais, américains, ou des pays d’Europe de l’est. Ces artistes vont s’inspirés des traditions locales, ce ne sont pas des peintres qui fournissent des cartons mais de artistes qui s’expriment directement avec cette technique, réinventant des association de fils, de matière et de couleurs, interrogeant le medium de la tapisserie elle même comme l’ont fait les artistes du groupe support surface.

Ce qu’il est important de souligner est que cette biennale initiée par Lurçat, mirent plus à l’honneur les travaux d’artistes étrangers que ceux d’artistes français. Et fut le lieu de promotion des œuvres des liciers-créateurs.

Du licier interprète au licier créateur:

Par exemple un artiste comme Pierre Daquin, peintre et licier formé aux Gobelin, va montrer une approche sensiblement différente de celle initier par Lurçat et ses contemporains, il fut à la fois interprète de carton de peintres, mais aussi créateur de tapisseries, ces œuvres où il veut bien souligner que la tapisserie n’est pas un « erzats » de la peinture, mais un moyen d’expression à par entière, jouant sur les matière et variations des points de tissage.

Pierre Daquin est né à Paris en 1936.

Après une formation aux manufactures nationales des Gobelins, Pierre Daquin commence son activité de licier interprète et parallèlement commence un travail de peintre. C’est en 1964, qu’il décide de créer son propre atelier, afin de réaliser des projets plus personnels où seront expérimentés des nouvelles possibilités pour la tapisserie. Il fonde une association : « le groupe tapisserie », et une revue « Driadi » en 1976. Il organise des stages, et enseigne ainsi à de nombreux élèves qui seront durablement influencés par son travail.

Il participe aux biennales de Lausanne dès 69, et décide rapidement d’explorer de nouveaux matériaux, comme le PVC à le recherche de plus d’expressivité dans le rendu des matières, et de donner plus de souplesse à la tapisserie, ce travail le place dans la ligne des recherches que mène le groupe support surface. Ces œuvres réalisées avec ces nouveaux matériaux sont exposées en 1974 au Musée d’art moderne de la ville de Paris. Parmi les matières qu’il intègre a ses tapisserie on trouve : cuir, plastiques toilés, caoutchouc toilé, ainsi que le papier bitumé, puis dans les années 80 les papiers armés déchirés.

Il participe régulièrement aux biennales de la tapisserie de Lausanne. Puis en

1977, Le groupe tapisserie fait une première exposition des membres de l’association, au FIAP à Paris. Le but de l’association est de « favoriser le développement et le progrès de la tapisserie en France«, l’idée que l’art textile se doit d’être considéré à l’échelle mondiale, est revendiquée.

Pierre Daquin est un bon exemple d’artiste licier-créateur qui va s’approprier les moyens de la tapisserie pour réaliser une œuvre contemporaine originale.

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